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COVID-19 : une compagnie de taxis envisage de cesser de desservir certains quartiers

Kristine Hubbard, de Beck Taxi

Kristine Hubbard, de Beck Taxi. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Lyne-Françoise Pelletier

Radio-Canada

Une compagnie de taxis de Toronto envisage de cesser de desservir certains quartiers où la transmission communautaire de COVID-19 est très élevée afin de protéger ses chauffeurs.

Kristine Hubbard, PDG de Beck Taxi, explique que les chauffeurs ont fourni leur service essentiel au début de la pandémie en croyant que les personnes atteintes du virus restaient à la maison.

Ils conduisent pour livrer les biens essentiels ou pour emmener les gens à leurs rendez-vous essentiels, dit-elle.

Ce qu'ils ne savaient pas, dit-elle, c'est qu'ils allaient devoir déplacer des personnes présentant des symptômes vers les centres de dépistage de la COVID-19 et s'exposer au risque tous les jours. 

Ces travailleurs essentiels ont été forcés de devenir des travailleurs de première ligne sans leur consentement ou sans qu'ils le sachent, explique Mme Hubbard.

Elle affirme que, à moins d’obtenir du soutien du gouvernement, elle envisage de cesser de desservir certains quartiers où le nombre de cas de COVID-19 est élevé, en plus des sites de dépistage et des centres désignés de quarantaine.

Selon Mme Hubbard, les gouvernements municipal et provincial savent que les chauffeurs de taxi ont transporté des personnes qui ont ou peuvent avoir la COVID-19 tout au long de la pandémie, mais ils n'ont pas reçu la reconnaissance ou la protection appropriée.

Nous pouvons dire qu'ils ont été oubliés, dit Mme Hubbard, mais la réalité est que [les gouvernements] ont délibérément ignoré et utilisé ces personnes vulnérables pour faire un travail qui n'est pas du tout le leur.

Ephrem Adhanom est chauffeur de taxi depuis 15 ans. Il dit que travailler pendant la pandémie a été difficile compte tenu de tous les risques du métier.

Je ne sais pas si cette personne a la COVID ou pas. Je ne sais pas si elle est sûre, dit-il. La seule chose que je peux faire est de me protéger et de nettoyer ma voiture.

Selon Mme Hubbard, peu importe les précautions prises par les chauffeurs – que ce soit le port d'un masque, l’installation d’un plexiglas protecteur ou même ouvrir les fenêtres – ceux-ci doivent se mettre en quarantaine pendant deux semaines sans rémunération si l'un de leurs clients reçoit un diagnostic positif à la COVID-19.

Et il n’y a rien pour les aider à couvrir [les frais liés à] cette période, a déclaré Mme Hubbard.

M. Adhanom, qui dit craindre de rapporter le virus à sa famille, affirme que les chauffeurs méritent de recevoir des équipements de protection individuelle ainsi qu'une formation plus poussée sur la manière de conduire les patients vers et depuis les hôpitaux.

Nous ne recevons aucun soutien de la part du gouvernement, dit-il, ajoutant que les frais de licence ont augmenté pour les chauffeurs de taxi de Toronto dans le contexte de la pandémie.

Au début de la pandémie, Mme Hubbard avait plaidé en faveur d'un système de transport dédié financé par la Ville puisqu’elle était préoccupée par le fait que les personnes contaminées dépendent des taxis pour les ramener chez eux. Elle demande maintenant que les chauffeurs de taxi soient prioritaires pour le vaccin.

Les chauffeurs de taxi sont inclus dans la phase deux du plan de déploiement en tant que travailleurs essentiels, mais Mme Hubbard estime qu'ils devraient être traités en première ligne. 

Jen Quinlan est la directrice du Flemingdon Health Centre, situé dans l'un des plus de 100 codes postaux prioritaires pour les vaccins publiés cette semaine.

Elle dit que les chauffeurs de taxi sont un service essentiel, mais beaucoup de chauffeurs de taxi sont aussi des résidents des quartiers chauds et prioritaires.

Les adultes de 18 ans et plus qui vivent dans les quartiers prioritaires seront bientôt vaccinés.

En tant qu'employeur, il est essentiel que nous leur accordions des congés payés pour qu'ils puissent se faire vacciner, a déclaré Mme Quinlan.

Entre-temps, Mme Hubbard dit avoir reçu samedi un courriel d'un chauffeur disant qu'il avait reçu un diagnostic positif à la COVID-19 et que ses symptômes étaient graves.

C'est horrible. [...] Tout ce que nous pouvons espérer, c'est qu'il se rétablisse et, Dieu merci, tous ceux qui sont associés à notre entreprise l'ont fait. [...] Mais à l'aéroport, six chauffeurs sont morts. Je ne peux pas permettre que cela se poursuive sans protester.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario
Avec les informations de CBC News

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