•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le coroner ordonne une enquête publique pour éclaircir la mort de Riley Fairholm

Tracy Wing tient une photo de son fils.

Tracy Wing cherche encore à comprendre les circonstances entourant la mort de son fils en 2018. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Emy Lafortune

Le bureau du coroner du Québec a ordonné la tenue d’une enquête publique dans le dossier de la mort de Riley Fairholm, survenue en juillet 2018 à Lac-Brome lors d’une opération policière de la Sûreté du Québec.

Le jeune homme de 17  ans avait été abattu par les policiers. L’adolescent était en crise au moment des faits et avait en main un pistolet à air comprimé.

Sa mère, Tracy Wing, dénonce notamment le fait que les policiers aient mis environ une minute entre leur arrivée sur les lieux et le moment où ils ont fait feu sur son fils, et elle a déposé une plainte en déontologie contre les policiers impliqués en 2018.

Elle a donc reçu avec soulagement, le 31 mars, la confirmation écrite qu’une enquête publique allait avoir lieu pour éclaircir les circonstances entourant la mort de son fils. Elle dit s'être entretenue avec la coroner en chef à ce sujet en septembre dernier, après avoir prononcé un discours à l’Assemblée nationale du Québec pour demander qu'une enquête publique ait lieu chaque fois qu'une personne est tuée lors d'une intervention policière.

Suite à cette réunion, j’ai reçu l’appel du coroner en chef pour dire qu'[...]elle était pour demander une ordonnance pour mandater une enquête publique. Ça a pris six mois pour que je l’aie par écrit, explique-t-elle.

Je me suis sentie très validée, parce que depuis le début… suite à l’intervention policière et l’enquête du BEI, j’ai très peu d’information sur mon garçon. Même après que le DPCP a prononcé qu’il ne portera pas d’accusation [contre les policiers impliqués], je n’ai jamais reçu de rapport du coroner, et je n’ai pas reçu d’autopsie suite à plusieurs demandes, soutient-elle.

Je suis épuisée un peu, mais ça valide toutes les questions que j’ai. Je pense que le coroner a peut-être les mêmes, ou peut-être qu’elle en a d’autres, et ce sera la première fois que la Sûreté du Québec sera obligée de parler des événements de ce soir-là et de faire part de leurs témoignages. Ça, j’ai hâte de les entendre.

Une citation de :Tracy Wing, mère de Riley Fairholm.

En quête de réponses… et de changements

Une enquête publique permet d'écouter des témoins pour que le coroner puisse mieux comprendre les circonstances d’un décès et, si nécessaire, formuler des recommandations. Ce genre d'intervention ne permet pas de porter des accusations.

Tracy Wing espère tout de même que des recommandations puissent faire évoluer les méthodes d’intervention des policiers.

J’espère que le coroner va pouvoir faire de bonnes recommandations, de nouvelles façons peut-être d’intervenir auprès des personnes qui sont en détresse psychologique, qui ont des problèmes de santé mentale. J’aimerais bien aussi qu’elle [la coroner] demande au ministère de la Sécurité publique d’équiper ses policiers avec des caméras corporelles.

C’est ça que je souhaite, que ça va mener à de meilleures pratiques policières partout au Québec.

Une citation de :Tracy Wing, mère de Riley Fairholm

Elle souhaite également obtenir des réponses à ses nombreuses questions.

C’est pour avoir des réponses et pour voir ce qui s’est passé pendant l’intervention, car il va y avoir des experts en emploi de la force, des experts à l'École nationale de la police, souligne-t-elle.

Tracy Wing indique qu’il est impossible d’utiliser les témoignages entendus lors d’une enquête publique du coroner pour mener des poursuites. Elle n’écarte cependant pas la possibilité de mener d’autres démarches de son côté par la suite.

Selon le site Internet du Bureau du coroner du Québec, l’enquête doit avoir lieu en fin 2021, à une date qui reste encore à confirmer. La coroner Me Andrée Kronström présidera l’enquête, avec l’appui de la procureure Me Julie Roberge.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !