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Troisième vague : un syndrome inflammatoire post-COVID chez les enfants inquiète

Une chambre d'hôpital avec deux lits.

Le reportage de Camille Carpentier

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Des médecins spécialistes craignent une hausse de cas d'un syndrome inflammatoire observé chez les enfants quelques semaines après qu'ils aient eu la COVID-19. Un syndrome très rare et parfois sévère qui s'apparente à la maladie de Kawasaki, mais qui pourrait être plus présent en raison d'une troisième vague qui touche particulièrement les jeunes.

Le constat n'a pas changé : très peu d'enfants sont hospitalisés en raison de la COVID-19, même avec l'arrivée des variants.

Toutefois, dans certains cas, les enfants infectés sont susceptibles d'avoir une inflammation multisystémique qui s'apparente à la maladie de Kawasaki et qui peut entraîner de graves complications, comme une inflammation cardiaque.

Depuis le début de la pandémie, ils sont environ 150 enfants à avoir été hospitalisés au CHUL de Québec, au CHU Sainte-Justine, et à l'Hôpital de Montréal pour enfants pour des syndromes associés à la maladie de Kawasaki. Parmi eux, on retrouvait des cas associés à ce nouveau syndrome inflammatoire causé par une réaction anormale du système immunitaire.

Quand on voit les patients avec le syndrome inflammatoire post-COVID, on voit des enfants très, très, très malades pendant l'hospitalisation, prévient le Dr Jean-Philippe Proulx-Gauthier, rhumatologue pédiatre au CHU de Québec.

Augmentation à prévoir

Il pourrait donc y avoir une augmentation de ces hospitalisations si plus d'enfants contractent la maladie lors de la troisième vague. C'est d'ailleurs ce que les médecins ont constaté durant les deux premières vagues.

Ce qu'on a vu ici, c'est l'augmentation des cas du syndrome inflammatoire multisystémique de l'enfant 4 à 6 semaines après le pic de COVID dans la population, précise la Dre Marie-Paule Morin, rhumatologue pédiatre au CHU Sainte-Justine.

Avec la deuxième vague, on a vu beaucoup de cas, 6 à 7 cas par mois, ce qui est très surprenant. Avec la troisième vague, nous sommes préparés à voir la même chose, constate aussi la Dre Rosie Scuccimarri, rhumatologue pédiatre à l'Hôpital de Montréal pour enfants.

Si on a 400 cas par jour à Québec, je m'attends à ce qu'on ait plus de cas

Une citation de :Le Dr Jean-Philippe Proulx-Gauthier, rhumatologue pédiatre au CHU de Québec.

Bien réel

Même si ce nouveau syndrome est rare chez les enfants, il est bien réel chez ceux qui ont attrapé la COVID-19.

En janvier, à deux ans et demi, la petite Alicia a contracté la COVID-19. Quelques semaines plus tard, des symptômes inquiétants apparaissent.

Elle avait des taches sur le corps, elle se plaignait aussi de douleurs à la bouche. La fièvre a commencé par la suite. Mais ce qui m'a le plus frappée, c'est une [atroce] léthargie, témoigne sa maman, Annabelle Morin.

La petite fille est amenée à l'hôpital. Durant son hospitalisation de sept jours, son coeur est touché et on doit lui injecter de la cortisone.

On nous a dit que si notre fille avait été à l'urgence peut-être deux jours plus tard, elle aurait pu décéder, ajoute le papa, Mathieu Lachance.

Une enfant à l'extérieur.

La petite Alicia joue dehors.

Photo : Radio-Canada

Vigilance

Bien que le pire ait été évité dans le cas d'Alicia, son père et sa mère lancent un appel aux parents : les enfants atteints de la COVID-19 pourraient connaître des complications plus tard.

C'est une roulette russe, dans le fond. Notre fille a eu la malchance de l'avoir, pis on ne veut pas revivre ça, et on ne veut pas que d'autres parents vivent ça non plus, souligne Mathieu Lachance.

Mes conseils, c'est les mêmes conseils que la santé publique, soit de rester entre amis, masque et lavage de mains. Si votre enfant développe de la fièvre, des éruptions cutanées, ou des symptômes gastro-intestinaux importants, c'est important de consulter un médecin, conclut la Dre Scuccimarri.

Avec les informations de Camille Carpentier

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