•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bientôt 40 ans de carrière pour Widemir Normil

L'acteur sourit en regardant l'animateur.

Widemir Normil revient sur ses 40 ans de carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision.

Photo : Radio-Canada / Louis-André Bertrand

Radio-Canada

Chambres en ville, 2 frères, Tohu-bohu, Passe-Partout, Escouade 99... Widemir Normil roule sa bosse depuis bientôt 40 ans dans le paysage culturel québécois. Au micro de René Homier-Roy, il est revenu sur le chemin parcouru depuis ses débuts comme mannequin.

Alors qu’il était encore étudiant à l’Université McGill, Widemir Normil a participé au concours Mannequin numéro 1 du Québec, présenté à l’époque par Jean Beaulne. Autre participante cette année-là : une jeune Marina Orsini, alors âgée de 15 ans.

Widemir a remporté la première place chez les adultes, tandis que Marina Orsini a décroché la deuxième place chez les ados.

[Mes amis et moi], on travaillait dans les bars et on avait décidé d’y faire des défilés de mode, et moi, j’étais le chorégraphe. [...] J’avais inscrit certains de nos mannequins au concours et, à ma grande surprise, j’ai su par la poste qu’on m’y avait moi-même inscrit, se rappelle-t-il. Mon agente Ginette Achim faisait partie des juges et j’ai gagné.

Quitter McGill pour le jeu

Après quelques années à travailler dans le milieu de la mode, son agence est arrivée à une croisée des chemins, de plus en plus sollicitée pour des films et des émissions de télévision.

J’étais à l'université à cette époque-là. Je faisais du stand-up avec Jean-Marc Parent, je chantais avec un groupe qui s’appelait Les Artichauts, avec Claudine Mercier et Chantal Lamarre. Mettons que j’en brassais large, explique-t-il avec un sourire dans la voix.

À un moment donné, ça devenait trop compliqué. J’ai eu un gros contrat qui s’appelait Bonjour Docteur, avec Patricia Tulasne et Raymond Bouchard, et là, à mon tour, j’étais à une croisée des chemins. J’ai choisi de tout lâcher pour me dire : ''O.K., je vais faire une chose dans la vie; je veux devenir acteur''.

C’est aussi à cette époque-là qu’il a rencontré le comédien Robert Toupin, qui l’a initié à l’Atelier Warren Robertson, où le grand acteur du même nom donnait des cours d’interprétation à des comédiens et comédiennes de Montréal.

Warren, c’est un monument. J’ai fait sept ans d’atelier avec lui. Je voulais apprendre le métier, mais pas en passant par une école de théâtre, raconte-t-il, mentionnant qu’il se trouvait trop vieux, à 24 ans, pour retourner sur les bancs d’école.

C’est tout ça ensemble qui a fait qu’après moult années, 40 ans, je suis encore là.

L’audace d’un Fardoche noir

Widemir Normil ne cache pas sa surprise d’avoir été pressenti pour un rôle dans Passe-Partout, des décennies après ses débuts.

Je connaissais l'œuvre, mais je ne connaissais pas intimement chacun des personnages. Quand la production d’Attraction m’a appelé pour aller passer des auditions, [...] ma blonde capotait plus que moi. Elle m’a dit : ''Wid, assieds-toi une minute; c'est mythique, ton affaire'', raconte-t-il.

Je m’en vais là-bas et je passe l’audition. Et je vous jure, jamais de ma vie je n’ai fait ça, mais après l’audition, je me suis assis avec [les membres de l’équipe de production] et je leur ai dit : ''J’aimerais ça vous parler. [...] J’admire l’audace que vous avez eue pour me demander de venir passer l’audition. Que j’obtienne le rôle ou pas, que vous ayez pensé que peut-être un Noir pouvait faire ça, je trouve ça extraordinaire''.

Finalement, il a obtenu le rôle de Fardoche, pour lequel on lui a donné carte blanche, sans le restreindre à reproduire ce que Pierre Dufresne avait fait dans la première mouture de l’émission.

Ils m’ont dit : ''Widemir, sois toi-même''. C’est Wid qu’on voulait : son gros rire, son sourire contagieux, sa bonhomie... Donc c’est ça que j’ai amené à Fardoche, qui est totalement différent de ce que Pierre faisait à l’époque.

Parler créole dans Escouade 99

À mille lieues de son interprétation chaleureuse de Fardoche, Widemir a récemment joué le rôle de Raymond Célestin, l’austère commandant de l’Escouade 99, version québécoise de la série américaine à succès Brooklyn Nine-Nine.

Cette fois-ci, aucune audition à passer : Patrick Huard voulait lui donner le rôle. Comment dire non à Patrick Huard? Il y a des gens comme ça à qui tu ne peux pas dire non, et pour moi, Pat, c’en est un comme ça , dit-il.

Ce rôle, Widemir l’a infusé de sa propre culture haïtienne, se permettant même des conversations en créole avec son collègue Fayolle Jean fils, qui interprète le lieutenant Jeff Bourjoly.

Un ajout au personnage que Patrick Huard et le reste de la production ont accueilli à bras ouverts. C’est ça, le Québec. C’est la beauté de la proximité et la grande réussite québécoise de la diversité, conclut l’acteur.

Avec les informations de René Homier-Roy, animateur de Culture club

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !