•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Iran dénonce un acte de « terrorisme » survenu dans une de ses installations nucléaires

Des centrifugeuses dans une usine.

Cette photo publiée par l'AIEA en novembre dernier montre des centrifugeuses à l'usine de Natanz, en Iran.

Photo : La Presse canadienne / AP/AIEA

Agence France-Presse

Le complexe nucléaire de Natanz, dans le centre de l'Iran, a subi dimanche une panne de courant, qualifiée d'acte de terrorisme par Téhéran, qui promet de poursuivre sur la voie d'un « développement éclatant » de l'énergie atomique.

L'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) a d'abord annoncé dans la matinée une panne de courant – vite qualifiée de suspecte par un député conservateur – dans son usine d'enrichissement d'uranium du complexe Chahid Ahmadi-Rochan de Natanz, l'un des centres névralgiques du programme nucléaire de la République islamique.

C'est dans cette même usine qu'avaient été mises en service la veille de nouvelles cascades de centrifugeuses, interdites par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Un communiqué du chef de l'OIEA, Ali-Akbar Saléhi, diffusé par la télévision d'État a annoncé en début de soirée que l'accident était en fait un acte de terrorisme antinucléaire, mais sans fournir le moindre détail sur la nature exacte de cette attaque ni sur ses conséquences. Le communiqué de M. Saléhi, qui qualifie l'attaque de futile, n'incrimine aucun groupe ni État directement.

Faisant référence aux discussions en cours à Vienne pour tenter de faire revenir les États-Unis dans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, et de faire lever les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis que les États-Unis sont sortis de ce pacte en 2018, M. Saléhi estime que l'action contre Natanz reflète [...] l'échec des opposants [à ces] négociations.

Selon lui, elle relève aussi de la défaite des opposants [à un] développement éclatant de l'industrie nucléaire en Iran qui, promet-il, continuera de poursuivre sérieusement [son] expansion dans ce domaine.

Accident

Plus tôt, le porte-parole de l'OIEA avait déclaré à la télévision d'État qu'un accident d'origine inconnue dans une partie du circuit électrique de l'usine d'enrichissement à Chahid-Ahmadi-Rochan avait provoqué une panne de courant.

Heureusement, nous n'avons eu ni mort, ni blessé, ni pollution. Il n'y a pas de problèmes particuliers, avait-il ajouté.

Rapidement, le député Malek Chariati, porte-parole de la Commission parlementaire de l'énergie, avait évoqué sur Twitter un incident très suspect de sabotage ou d'infiltration.

On estime que le défaut dans le circuit électrique de Natanz [est] le résultat d'une cyberopération israélienne, a tweeté Amichai Stein, un journaliste de la radiotélévision publique israélienne.

Début juillet 2020, une usine d'assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. Les autorités ont conclu à un sabotage d'origine terroriste, mais n'ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête.

L'agence officielle Irna avait alors mis en garde Israël et les États-Unis contre toute action hostile.

Samedi, le président Hassan Rohani a inauguré à distance la nouvelle usine d'assemblage de centrifugeuses de Natanz, en même temps qu'il donnait l'ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses.

Ces nouvelles centrifugeuses offrent à l'Iran la possibilité d'enrichir plus vite et en plus grande quantité de l'uranium, dans des volumes et à un degré de raffinement interdits par l'accord conclu en 2015 à Vienne entre la République islamique et la communauté internationale.

Les États-Unis ont dénoncé cet accord unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump, rétablissant dans la foulée les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte.

En riposte, l'Iran s'est affranchi, depuis 2019, de la plupart des engagements clés qu'il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique et M. Rohani a répété samedi que toutes les activités nucléaires de son pays étaient purement pacifiques.

En pleines négociations

Des discussions sont en cours à Vienne entre la République islamique et les autres États parties à l'accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) sur la façon de réintégrer les États-Unis au sein de ce pacte et de ramener l'Iran au respect total de ses engagements.

Mais le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui voit dans la République islamique une menace existentielle contre son pays, accuse Téhéran de chercher à se doter en secret de l'arme atomique.

Un accord avec l'Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires [...] ne serait d'aucune façon contraignant pour nous, a affirmé mercredi M. Nétanyahou à propos des discussions de Vienne.

Lors d'un événement organisé dimanche soir pour célébrer le 73e anniversaire de la création de l'État hébreu, il a affirmé, sans élaborer : La lutte contre l'Iran et ses supplétifs et les efforts d'armement iraniens sont une mission énorme. La situation d'aujourd'hui ne sera pas nécessairement la situation de demain.

Le premier ministre israélien est un ennemi de la première heure de l'accord de Vienne, dont il a toujours affirmé qu'il n'offrait pas de garanties de sécurité suffisantes pour Israël.

Pour sa part, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, est arrivé dimanche à Vienne pour discuter du dossier nucléaire iranien.

Un éminent physicien nucléaire iranien et vice-ministre de la Défense, Mohsen Fakhrizadeh, a été assassiné mi-novembre près de Téhéran. L'Iran a attribué cette attaque à Israël.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !