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Deux nouvelles pièces de théâtre en mode virtuel à Winnipeg

Une femme chantant sur scène.

La comédienne Krystle Penderson incarne le personnage de Marie-Louise Painchaud dans The (Post) Mistress.

Photo : Radio-Canada / Royal MTC / Crédit : Hugh Conacher

Le 8 avril dernier, le Prairie Theatre Exchange et le Royal MTC ont coup sur coup proposé de nouvelles productions, toujours de façon virtuelle.

Il y a longtemps que les spectateurs ne se sont pas précipités à l’entrée des théâtres winnipégois. Même si la pandémie a été un coup dur pour les arts vivants, cette dernière n’a pas empêché les théâtres de se tourner vers le numérique pour faire voyager leurs nouvelles productions jusque dans les foyers des spectateurs.

Ainsi, la nouvelle pièce de la dramaturge canadienne Hannah Moscovitch, Post-Democracy est à l’affiche du Prairie Theatre Exchange jusqu’au 25 avril, alors que The (Post) Mistress, signé Tomson Highway, occupe la scène du Royal MTC.

Quand le rythme s’empare de la postière

Créée en 2010, l’idée de la pièce The (Post) Mistress est venue à Tomson Highway alors qu’il était à son chalet, au sud de Sudbury en Ontario. Lorsqu’il se rendait au village le plus proche, il a fait la rencontre d’une postière ricaneuse et est tombé sous son charme. 

En jetant un œil au village, il a vu le bureau de poste, l’église et le cimetière, côte à côte, et une idée s’est mise à germer. 

L’idée m’est rentrée dans la tête : comment ce serait, si les morts pouvaient écrire des lettres d’amour aux vivants ? J’ai commencé à imaginer les rêves comme un bureau de poste spirituel, où les lettres passent d’un monde à l’autre , se rappelle-t-il.

La pièce se présente comme un solo porté par l’actrice Krystle Penderson dans le rôle de Marie-Louise Painchaud, postière du village fictif de Lovely, en Ontario. La production à des allures de comédies musicales, alors qu’une dizaine de chansons y sont présentes.

Tomson Highway

Tomson Highway

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Au fil des lettres qu’elle classe, Marie-Louise Painchaud part dans ses rêveries et ses fantasmes, au rythme de la musique. Elle est accompagnée sur scène par deux musiciens, le saxophoniste Neil Watson et la pianiste Naomi Woo. 

Je suis aussi compositeur, donc j’ai écrit la musique et les douze chansons du spectacle. Je veux que les gens quittent la représentation après la pièce en se souvenant de la belle musique. La raison pour laquelle elle est tellement belle, c’est parce que je l’ai écrite [rires] ! , explique Tomson Highway. 

C’est Simon Miron, franco-manitobain d’origine métis, qui signe la mise en scène du spectacle. Il ne connaissait pas la pièce avant que le Royal MTC ne l’approche avec cette proposition. Ça a été un coup de foudre. 

Aussitôt que je l’ai lu, j’étais complètement en amour ! J’ai pu avoir quelques conversations avec Tomson Highway et aussitôt que tu l’entends parler, tu le ressens dans le texte ! C’est tellement sa voix, son humour, sa sensualité ! , souligne-t-il. 

Ce fut aussi l’occasion pour lui de reprendre du travail dans les arts vivants et pour Simon Miron, c’était un privilège que de pouvoir travailler avec des artistes aussi talentueux pour pouvoir mettre sur pied cette production. 

J’ai tellement aimé travailler avec autant d’artistes incroyables. Le décor était extraordinaire, fait par Andrew Moro, les costumes étaient faits par une artiste locale et métisse, Andréanne Dandeneau. Son travail était tout simplement incroyable ! , dit-il.

La pièce est disponible en ligne jusqu'au 25 avril prochain. 

Derrière les portes closes

La dramaturge Hannah Moscovitch est une enfant chérie du théâtre canadien et chaque nouvelle pièce qu’elle nous donne se présente comme une célébration. Sa toute nouvelle création, Post-Democracy voit le jour en virtuel pour la première fois et ce, du côté du Prairie Theatre Exchange de Winnipeg. 

La pièce s’intéresse aux gens riches et puissants, soit le PDG d’une grande entreprise en voyage d'affaires avec sa garde rapprochée. À l’hôtel, ils apprennent qu’un scandale sexuel est sur le point d’éclabousser l’entreprise et la pièce s’immisce derrière les portes closes, où la tempête gronde.

Quatre acteurs sur une scène.

La pièce « Post-Democracy » est en ligne jusqu'au 25 avril sur le site du Prairie Theatre Exchange.

Photo : Radio-Canada / Prairie Theatre Exchange / Crédit : Leif Norman

Pour Alicia Johnston, qui est de la distribution, c’est une pièce collée à l’actualité comme seule Hannah Moscovitch en a le secret. 

On voit ça tous les jours dans les nouvelles, ça n’arrête pas ! C’est vraiment la thématique de la pièce : comment le pouvoir extrême affecte-t-il notre moralité? Ce n’est pas facile comme sujet, ce n’est pas une pièce légère, c’est assez intense. On prend les sujets de face et on ne ralentit jamais , explique-t-elle.

La pièce a été captée par trois caméras, pendant deux jours de tournages avec les comédiens, pour proposer une production dynamique et léchée, sans toutefois perdre la théâtralité du texte de Hannah Moscovitch. 

On voulait vraiment trouver l'énergie théâtrale pour qu’elle soit filmée. On n’a pas trop changé notre manière de jouer, juste à cause des caméras. On tente vraiment de ramener le public dans la salle du théâtre avec nous , assure Alicia Johnston.

Post-Democracy est disponible en ligne, sur le site Internet du Prairie Theatre Exchange, jusqu’au 25 avril prochain.

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