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« Je ne pensais jamais que ça irait aussi loin », confie une jeune malade de la COVID

Des Fransaskois ont accepté de partager leurs réflexions à l'occasion de la fête des Mères.

Radio-Canada

« On dit que la COVID touche juste les personnes super malades ou les personnes super vieilles. » Pourtant, elle cloue Roxanne Smith, 24 ans, à son lit d’hôpital depuis 11 jours.

Malgré le tube de gavage dans son nez et celui de soluté dans son bras, la jeune femme tenait à adresser une mise en garde à ceux et à celles qui badinent avec le coronavirus. Je pense que c'est les jours les plus durs de ma vie, honnêtement. Je ne pensais jamais attraper la COVID et je ne pensais jamais que, si je l'attrapais, ça irait aussi loin que ça, lance la jeune mère.

Alitée depuis le 1er avril, et munie d'un tube de gavage depuis le 3, cette étudiante sans problème médical particulier, sinon une propension aux inflammations cardiaques dans sa jeunesse, n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis que la COVID-19 l’a touchée.

La dernière journée de mars, je ne me sentais vraiment, vraiment pas bien. Petites douleurs à la poitrine, palpitations, fatigue… Je me suis présentée à l'hôpital, explique-t-elle.

Le 1er avril, on m'a hospitalisée, et là, mon état s'est dégradé. On a dû m'installer un tube de gavage parce que je ne mangeais plus, je vomissais, j'avais des selles en eau, je faisais de la température, j'avais des palpitations. On m'a fait passer un test COVID qui s'est avéré positif.

C’est par la fenêtre verticale d’une conversation Skype que Roxanne Smith partage son calvaire. Toujours clouée à son lit d’hôpital, sans force pour marcher, même sur la courte distance qui la sépare de la salle de bains, elle s’attend à devoir vivre encore deux semaines à l’Enfant-Jésus du CHU de Québec.

Il faut juste attendre que la COVID s'en aille, se résigne la jeune femme. Et ça peut vraiment être long. Ça va avoir des répercussions à long terme sur moi, parce que je dois arrêter ma session d'études [...] Pour les prochains mois, je vais être en arrêt de travail, mais les comptes vont continuer à passer pareil. Donc, ce n'est pas juste 10 jours à l'hôpital et c'est fini, déplore-t-elle.

C'est l'enfer, je ne suis pas sortie du bois.

Une citation de :Roxanne Smith, 24 ans, hospitalisée en raison de la COVID-19

Roxanne Smith a parfois cru que le gouvernement et la santé publique péchaient par excès de prudence. J'ai longtemps pensé qu'il y avait peut-être un peu d'exagération, que ce n'était pas aussi pire qu'on disait, admet-elle.

Des gens que je connais ont eu la COVID sans symptômes, donc j'avais des doutes. Malgré ça, les règles, je les respectais.

Une prise de conscience

La prise de conscience, dans son cas, a été brutale.

Moi, j'ai trois enfants et c'est dur parce que je ne peux même pas les appeler par caméra. J'ai un tube dans le nez et je ne veux pas les traumatiser. [...] Ça fait 11 jours que je n'ai pas vu mes trois enfants.

L’étudiante a aussi dû interrompre ses cours. La lutte que son organisme mène contre la COVID-19 gruge toutes ses forces.

J’ai mes affaires pour étudier, mais je ne suis pas capable de le faire, je suis trop fatiguée. Je ne peux plus rien faire, souligne celle qui a l’impression d’avoir couru un marathon dès qu’elle se lève de son lit, tellement sa respiration est devenue laborieuse.

Roxanne Smith veut médiatiser son exemple pour éveiller ceux et celles qui, comme elle auparavant, doutent de la gravité de la pandémie.

En ce moment, il y a plein de gens qui font des manifestations, qui ne respectent pas les règles, qui disent que la COVID, c'est une manigance gouvernementale. Puis, il y a moi qui suis à l'hôpital depuis 11 jours, qui ne serai pas sortie avant un bon deux semaines, qui pleure et qui se demande pourquoi c'est moi, pourquoi ce n'est pas quelqu'un qui n'a pas respecté les règles, déplore-t-elle.

Depuis le début de la pandémie, près de 19 % des cas de COVID-19 recensés au Canada concernent des jeunes de 20 à 29 ans. Ces derniers comptent pour 3,3 % des hospitalisations dues au coronavirus.

Selon les médecins, j’ai juste été malchanceuse à la loterie de la COVID, souligne Roxanne Smith.

À son avis, son exemple prouve qu’à cette loterie ceux et celles qui trichent avec les règles sanitaires n’ont rien à gagner... et beaucoup à perdre.

Une roulette russe

Le Dr François Marquis, chef de service des soins intensifs de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, est d'accord avec les conclusions de Mme Smith quant à sa « malchance » médicale.

Ce ne sont pas ses médicaments immunosuppresseurs qui font en sorte que sa maladie est plus sévère, affirme-t-il en entrevue, en parlant de la jeune femme hospitalisée.

Dans les patients de 30 ans que nous avons vus, ceux-ci ne prenaient aucun médicament, ne voyaient même pas de médecin. Ce sont des gens normaux, comme vous et moi. C'est certain qu'il y a des conditions qui prédisposent à la COVID-19, mais présentement, ce qu'on voit, ce sont des gens qui n'ont pas de prédispositions, ou dont la maladie chronique n'a aucun rapport, n'est pas associée à des cas graves.

C'est effectivement très ressemblant à une roulette russe, ajoute encore le médecin.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

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