•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Front commun des syndicats pour bonifier le projet de loi 59

Des travailleurs sur un chantier.

Des travailleurs de la construction s'activent sur un chantier.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Les quatre centrales syndicales du Québec dénoncent d'une même voix ce qu'elles considèrent comme des manquements à la réforme en santé et sécurité du travail.

À quelques jours d'une reprise des travaux parlementaires sur l'étude du projet de loi 59, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) ont invité samedi le ministre du Travail, Jean Boulet, et les députés à donner un coup de barre à certaines dispositions concernant la liste des maladies professionnelles, la prévention, la santé psychologique et le secteur de la construction.

Malgré les amendements apportés dans les dernières semaines, des améliorations sont encore nécessaires au projet de loi, qui constitue même un recul à certains égards, selon les syndicats.

Une véritable modernisation réclamée

On tend la main, du moins virtuellement, au ministre et à l'ensemble des parlementaires parce que ce qu'on souhaite en bout de piste, c'est une véritable modernisation qui va protéger adéquatement les travailleuses et les travailleurs, qui va indemniser et réadapter les travailleurs et les travailleuses accidentés et les victimes de maladies professionnelles, a soutenu en conférence de presse le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Les syndicats souhaitent entre autres davantage de leviers pour réduire les risques psychosociaux et atténuer en conséquence le nombre de réclamations.

La santé psychologique au travail prend une place de plus en plus importante parmi les causes d'invalidité. Le nombre d'absences de longue durée s'est accru considérablement; même la CNESST le reconnaît, a exposé la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, précisant que cette préoccupation touche principalement les métiers à prédominance féminine.

Les syndicats saluent la mise en place de mécanismes de prévention pour tous les milieux de travail, mais déplorent l'absence de seuil minimal pour établir ces mécanismes.

Prévention de la santé et de la sécurité sacrifiée

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, craint ainsi une judiciarisation de la prévention de la santé et de la sécurité puisque toutes les discussions sur l'implantation d'un comité et le nombre d'heures accordées aux employés pour le travail de prévention dans l'entreprise seront dans la cour de la négociation des conventions collectives avec l'employeur.

Il y a parfois des syndicats qui choisissaient un autre chemin que la mise en place des mécanismes de prévention parce que, souvent, les employeurs mettaient dans la balance des augmentations de salaire ou des améliorations générales des conditions de travail. Et malheureusement, souvent, la prévention prenait le bord, a souligné M. Létourneau.

Le ministre devrait aussi porter une plus grande attention à la prévention sur les chantiers de construction, qui sont surreprésentés avec 20 % des décès, alors que l'industrie n'emploie que 5 % de la main-d'oeuvre du Québec.

La FTQ demande notamment que les représentants en santé et sécurité soient indépendants des employeurs pour intervenir librement. Elle souhaite ainsi que la nomination revienne aux associations de travailleurs qui seraient les mieux placées pour former ces responsables.

Reconnaître les maladies liées au travail

Les centrales syndicales souhaitent également que le ministre revienne sur le consensus établi en 2017 entre les parties patronales et syndicales sur la façon d'actualiser la liste des maladies professionnelles admissibles à une indemnisation. Il était recommandé de créer deux comités, dont un scientifique, pour déterminer les lésions devant être reconnues et assurer une mise à jour constante de cette liste.

La voie choisie par le ministre pose problème aux syndicats puisque des critères d'admissibilité sont ajoutés pour certaines maladies, venant exclure bon nombre de réclamations, notamment pour la surdité.

Les gens qui sont déjà malades, ce n'est pas le temps de leur ajouter des embûches. Il faut les aider et mieux les accompagner vers la reconnaissance des maladies qui sont évolutives dans le monde du travail, a évoqué le président de la CSD, Luc Vachon.

Les travaux parlementaires sur le projet de loi 59 doivent reprendre mardi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !