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Justin Trudeau motive ses troupes avec un discours à saveur préélectorale

Justin Trudeau souriant devant un drapeau du Canada.

Le chef libéral a prononcé un discours à forte saveur électorale, alors que bien des experts s'attendent au déclenchement d'un scrutin d'ici la fin de l'année.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le congrès du Parti libéral du Canada s’est terminé samedi en fin d’après-midi avec le discours du premier ministre Justin Trudeau, qui a mis l’accent sur son bilan des cinq dernières années et qui a mis la table avec ses priorités pour l’avenir, dont ses valeurs progressistes, sa capacité à parler au nom des Québécois et son plan de relance verte.

Les rumeurs d'élections au printemps ou à l'automne circulent depuis quelques semaines et Justin Trudeau semble leur avoir donné raison.

Ensemble, on a accompli beaucoup de choses depuis cinq ans. Juste dans la dernière année, on en a fait énormément, a-t-il lancé, en début de discours, n'hésitant pas à vanter son bilan, notamment sa gestion de la crise sanitaire, l'approvisionnement en vaccins, les allocations canadiennes pour enfants et la renégociation de l'ALENA.

Plus de 400 000 enfants ont été sortis de la pauvreté durant les dernières années, a-t-il dit, entre autres. [...] Partout au pays, des aînés ont maintenant la retraite qu’ils méritent.

Il rappelait à l’ensemble des Canadiens ce qu'est la marque libérale, ce que les libéraux ont fait, explique Geneviève Tellier, politologue à l'Université d'Ottawa, en entrevue à ICI RDI.

« L'adversaire, c'est Erin O'Toole »

À mi-discours, le premier ministre a établi les valeurs du Parti libéral en s'assurant au passage d'attaquer la compétition.

Il a voulu plus directement se démarquer des conservateurs, qui ont refusé à 54 % d’adopter une motion visant à reconnaître l'existence des changements climatiques et à s'y attaquer lors de leur congrès en mars.

Les militants libéraux comme vous, vous avez toujours été là pour ouvrir la voie quand venait le temps de réfléchir aux grands enjeux et d’agir. [...] Vous avez tenu votre bout, même quand le Parti conservateur s’attaquait à ces mesures, a-t-il dit, affirmant au passage que le PLC est le seul parti qui a un vrai plan pour s'attaquer aux changements climatiques.

Visiblement, l’adversaire, c’est Erin O’Toole, assure Geneviève Tellier, rappelant que Justin Trudeau a à plusieurs reprises sous-entendu que le chef conservateur était déconnecté et contradictoire.

Il amène aussi des petites subtilités pour aller jouer dans les platebandes conservatrices, notamment en parlant longtemps des petits entrepreneurs. [...] Ça, c’est la base conservatrice. Justin Trudeau voulait montrer que le Parti libéral était aussi une option pour eux avec, par exemple, les subventions au loyer, explique-t-elle.

Justin Trudeau a également voulu aller chercher des appuis au Québec. Nous, on livre la marchandise pour les Québécois avec de l’aide directe pour les aînés, les entreprises, les familles et les travailleurs, a-t-il mentionné, reprochant au Bloc de faire semblant d’être le seul parti qui peut parler au nom des Québécois.

Quand vient le temps de livrer la marchandise pour les Québécois, ça prend des Québécois au gouvernement.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre et chef du Parti libéral du Canada

Il a également misé sur les valeurs progressistes et environnementales du Parti libéral, visant probablement à aller chercher des électeurs du Nouveau Parti démocratique. Il n'a toutefois à aucun moment mentionné les néo-démocrates ou leur chef, Jagmeet Singh. On est en train de passer le message que le NPD n'est tellement pas important que ça ne vaut pas la peine d’en parler, lance Geneviève Tellier. Ce sont les conservateurs qui sont perçus comme la menace.

Ensemble, on traverse une crise sans précédent. Et ensemble, on se prépare à bâtir un avenir qui va être meilleur que tout ce qu’on a connu avant. Il y a de meilleurs jours qui nous attendent. Et je sais qu’ensemble, on va y arriver, a-t-il conclu sur un ton qui se voulait rassembleur.

26 résolutions adoptées par les membres libéraux

Après deux jours de débats et de conférences, les militants ont voté samedi sur une quarantaine de résolutions visant à guider leur prochaine plateforme électorale. Au final, 26 d'entre elles ont été adoptées.

Les résolutions à saveur écologiques ont notamment été au coeur des débats et, à l'exception d'une résolution sur les subventions pour les énergies fossiles et l'énergie nucléaire, toutes les propositions appelant à une relance économique verte ont été approuvées par les membres du PLC.

Que le Canada soit carboneutre d’ici 2050, c’est un engagement, a d’ailleurs déclaré le ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, durant le congrès. Maintenant, il faut incarner ça, il faut avoir un plan de match. Avec le plan présenté en décembre, on a beaucoup de morceaux, mais il en manque encore quelques-uns.

Des résolutions visant à renforcer le filet social ont également été adoptées, notamment sur l'instauration d'un revenu universel de base, sur une augmentation de la Sécurité de la vieillesse dès 70 ans plutôt qu'à 75 ans, sur un régime universel d'assurance médicaments et sur l'imposition de normes nationales aux établissements de soins de longue durée.

Notons cependant que ces résolutions ne sont pas contraignantes et que Justin Trudeau et son équipe ont le dernier mot quant à ce qui se retrouvera dans le programme électoral du Parti libéral.

Un meilleur indice pour connaître les priorités du gouvernement libéral sera en fait le budget fédéral qui sera déposé le 19 avril.

L'opposition inquiète

Les conservateurs se disent inquiets du coût que va représenter le plan de relance des libéraux.

Ce que je retiens surtout du congrès libéral, c’est que pas un Canadien n'a une calculatrice assez grande pour être en mesure de comptabiliser toutes les promesses de dépenses, a dit Luc Berthold, porte-parole du Parti conservateur du Canada pour le Conseil du Trésor.

Quelques minutes après le discours du premier ministre, Erin O'Toole, le chef des conservateurs, a pris la parole dans le cadre de « Canada Strong and Free », la conférence de la droite canadienne. Les Canadiens voudront une option plus prudente, a-t-il assuré, faisant allusion à la reprise économique de Trudeau qui va laisser de côté des secteurs entiers, laisser des milliers et des milliers de Canadiens sur le carreau.

Le NPD met quant à lui en garde les Canadiens contre les promesses progressistes de Justin Trudeau.

Ils flashaient à gauche avant les élections, mais sont plus à droite quand ils sont au pouvoir, a quant à lui lancé Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD.

Avec les informations de Louis Blouin

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