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Les masques ont changé notre façon de communiquer nos émotions

Une femme agée semble sourire derrière son masque.

La façon dont on perçoit les émotions des autres et comment notre entourage y répond est sous la loupe de chercheurs.

Photo : Associated Press / Efrem Lukatsky

Radio-Canada

Le port du masque suscite des défis pour communiquer efficacement des émotions. Pourtant, selon une chercheuse de l'Université du Manitoba, nos corps se sont adaptés pour les transmettre autrement.

Lever les sourcils, acquiescer d’un geste de la tête, plisser davantage les yeux en souriant : il existe différentes façons de compenser nos expressions faciales habituelles lorsqu’elles sont cachées sous un couvre-visage.

Je pense que l’une des choses qui ressortent de cette pandémie, c’est notre capacité d’adaptation, en tant qu’animal social, souligne la Dr Sarah Ridgy, professeure adjointe au département de psychologie clinique de la santé de l’Université du Manitoba.

Pendant ses études supérieures, cette dernière a travaillé sur la façon dont le visage humain traite une information et la traduit, et ce qui en découle lorsqu’une seule partie du visage est visible.

Une expression de bonheur peut facilement être perçue lorsqu’une personne sourit. D’autres émotions se traduisent davantage sur le haut du visage, explique la Dre Sarah Ridgy. C’est le cas de la colère, notamment par le froncement des sourcils.

Le langage du corps et le ton de la voix ont ainsi un rôle important en l’absence d’autres signaux sociaux.

Il est vraiment important de pouvoir communiquer nos émotions aux autres, et évidemment, nos visages sont très importants dans nos interactions sociales, dit-elle.

C’est comme exprimer une émotion dans un message textuel. Notre intention peut être facilement mal interprétée.

Une citation de :Dre Sarah Ridgy professeure adjointe au département de psychologie clinique de la santé de l’Université du Manitoba.

Sarah Ridgy espère que ces nouvelles habitudes, développées pour transmettre de façon exagérée des émotions de joie ou d'amitié, persisteront une fois que le port du masque ne sera plus en vigueur.

Elle reconnaît toutefois qu’être très expressif et extraverti est plus facile à dire qu’à faire.

Avi Chaudhury, dont le fils souffre du spectre de l’autisme, confirme. Cela est extrêmement difficile pour ce dernier de regarder directement dans les yeux un inconnu.

M. Chaudhury, qui est également directeur général de la Société canadienne de l’autisme, basée à Toronto, soutient qu'il ne faut pas le prendre de façon personnelle si quelqu’un croisé dans la rue ne répond pas à des salutations.

On ne peut pas savoir ce que les autres vivent, n’est-ce pas? Avant d’être déconcerté par le comportement de certains, essayez de comprendre qu’ils peuvent être différents ou qu’ils peuvent être dans une mauvaise passe ou encore avoir eu une mauvaise journée, dit-il.

Il ajoute qu'il ne faut pas, pour autant, arrêter d’exprimer ses émotions de façon exagérée, tout en exhortant les Canadiens à faire preuve de gentillesse.

Pendant ces temps difficiles, tout ce qui peut apporter de la joie est bon à prendre, renchérit la Dre Sarah Ridgy.

Avec les informations de Darren Bernhardt

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