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Quel avenir Vancouver réserve-t-elle à ses terrasses temporaires?

Une terrasse construite en bois sur des espaces de stationnement.

Les terrasses en bois poussent comme des champignons sur la rue Yew dans le quartier Kitislano de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Sur les trottoirs ou à même la rue, les terrasses d’appoint se multiplient à Vancouver à mesure que les autorités de la santé durcissent les restrictions afin de ralentir la progression de la COVID-19. Cette solution temporaire pour donner un coup de pouce aux restaurateurs va-t-elle perdurer après la pandémie?

Décriées ou adoptées, les terrasses commencent déjà à changer le paysage de la métropole, au grand bonheur de certains et au grand dam d’autres.

Depuis mars 2020, la mairie de Vancouver a renforcé le programme de permis pour les terrasses temporaires pour l’été. C’est à ce moment-là que les restaurants ont rouvert leurs portes aux clients, mais avec plusieurs contraintes, dont la distanciation physique.

Une terrasse sur le trottoir.

Les terrasses temporaires doivent aussi obéir à la règle de distanciation physique.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson (CBC)

Il en faut pour tous les goûts

Avec le printemps et les jours plus secs, les terrasses reprennent vie et se multiplient avec les restrictions sanitaires décrétées à la veille de Pâques. Certains restaurateurs et clients les accueillent avec engouement.

Jean-Francis Quaglia, propriétaire et chef du restaurant Provence Marinaside dans le quartier Yaletown, rêve même d’étendre sa terrasse sur une bonne partie de la rue, mais il lui faudrait la coopération de la Ville qui devrait alors fermer le tronçon pour le réserver aux restaurants.

Notre rue n’a pas besoin d’être ouverte vraiment. Les gens peuvent accéder aux immeubles d’autres côtés. Je pensais qu’on pourrait avoir la rue fermée entièrement et avoir des tables dehors.

Une citation de :Jean-Francis Quaglia, propriétaire et chef du restaurant Provence Marinaside
Les terrasses d'un restaurant du quartier Gastown.

La Ville de Vancouver a octroyé plus de 400 permis pour des terrasses temporaires en 2020, dont au restaurant Old Spaghetti dans le quartier Gastown.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson (CBC)

Mais il n’est pas question pour Hervé Martin, du restaurant French Table sur la populaire rue Main, d’adopter cette tendance. Il se contentera de sa terrasse attenante à son restaurant, même si celle-ci ne peut contenir que quatre tables.

On sert les gens d’une manière tellement professionnelle — avec beaucoup de classe — que beaucoup de gens préféreraient être à l’intérieur de toute façon qu’à l’extérieur, même en plein été, dit-il avec un soupçon de fierté.

Quand je me suis mis dans le métier il y a 54 ans de ça, je ne pensais pas qu’un jour on me demanderait de servir des clients d’une manière aléatoire, sur une terrasse construite à la va-vite sur la rue, au milieu du bruit, au milieu de bus, de camions.

Une citation de :Hervé Martin, gérant de French Table
Un homme porte une structure en bois.

Avec l'interdiction de servir la nourriture à l'intérieur pendant trois semaines, les restaurateurs construisent des terrasses en bois pour continuer à recevoir des clients.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Une bouée de sauvetage dans la tempête pandémique

Pour Charles Gauthier, le président-directeur général de l'Association pour l'amélioration des affaires du centre-ville de Vancouver (DVBIA), ces terrasses constituent néanmoins une bouée de sauvetage nécessaire en ces temps de crise sanitaire.

Nous savons que nos restaurants sont très intéressés par la possibilité de faire des terrasses en bordure de rue.

Une citation de :Charles Gauthier, président-directeur général de la DVBIA

La conseillère municipale Lisa Dominato reconnaît aussi l’engouement qui est en train de se développer pour ces structures éphémères. Selon elle, les restaurants qui ont demandé des permis espèrent que ces terrasses s'implantent pour de bon.

Nous avons entendu que c’était vraiment grâce aux terrasses que [les restaurateurs] ont pu continuer leurs affaires et que c’était vraiment vital pour continuer pendant la pandémie.

Une citation de :Lisa Dominato, conseillère municipale de Vancouver

Du saisonnier au permanent

Mme Dominato croit que la plupart de ses collègues municipaux souhaitent aussi que ces terrasses saisonnières deviennent permanentes. D’après elle, des évaluations sont en cours pour déterminer le sort qui leur sera réservé, mais aucun projet concret n'a encore été présenté au conseil municipal.

Elle dit que la Ville de Vancouver étudie tous les aspects de la question, incluant les succès, les défis, la cohabitation avec les véhicules et si les permis devraient durer toute l'année ou seulement quelques mois.

La conseillère municipale croit qu'un premier rapport est prévu à l’automne. Mais Charles Gauthier n’y voit pas nécessairement une volonté de la Ville de rendre ces structures permanentes étant donné la manière dont elles sont construites et la facilité à les démanteler.

Une terrasse temporaire construite en face de celle qui est permanente.

Certains restaurants, en plus de leurs terrasses permanentes, ajoutent des structures temporaires pour accueillir le plus de clients possible avec les mesures qui réduisent leurs activités.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Il estime que si le désir de pérenniser ces terrasses est bien là, alors il faudrait que les restaurants délient les cordons de leur bourse pour des terrasses plus solides, sur le trottoir. De plus, il est important de prendre en compte la météo vancouvéroise qui nécessite que ces lieux soient couverts.

Le président-directeur général de la DVBIA évoque aussi le côté esthétique de ces terrasses qui ne cadre pas toujours avec la beauté de la ville.

Je pense que cela nécessitera un design différent. Je voudrais également que ce soit un peu plus esthétique parce que du point de vue du design, ce que nous avons n’est pas trop attrayant.

Une citation de :Charles Gauthier, président-directeur général de la DVBIA

Et si elles devaient survivre à la COVID-19, ces terrasses pourraient prendre la forme d’un conteneur d’expédition, imagine M. Gauthier.

Une terrasse de plusieurs tables sur la route.

La question de la sécurité taraude beaucoup de restaurateurs, car les terrasses temporaires côtoient allègrement la circulation.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

La sécurité dans tout ça?

Plusieurs restaurants ont soulevé quelques inquiétudes concernant la sécurité avec ces terrasses qui doivent partager leur espace avec les voitures notamment. Le copropriétaire de Salade de fruits Café, Antoine Bonard, se pose la question de la protection des clients et de la responsabilité en cas d'accident.

Comme sur la rue Main où c’est très dangereux, je vois des voitures qui passent à côté des terrasses et il n’y a pas de protection. S’il y a une personne un peu éméchée qui arrive dans une terrasse où il y a 40 personnes, ça peut faire des dégâts.

Une citation de :Antoine Bonard, copropriétaire de Salade de fruits Café

La Ville de Vancouver comprend cette inquiétude. Lisa Dominato assure que des discussions sont en cours pour veiller à ce que tout le monde soit sain et sauf.

Une terrasse en bois sur la rue.

Certains restaurateurs s'inquiètent pour la sécurité des clients sur des rues peuplées comme Main.

Photo : Radio-Canada / Annick Forest

De son côté, Charles Gauthier tente de tempérer ces préoccupations et renvoie aussi la responsabilité aux automobilistes qui, selon lui, doivent ajuster la vitesse à laquelle ils se déplacent dans les zones qui ont des terrasses en bordure de rue.

Je pense que la Ville a pris toutes les précautions possibles. [Ces terrasses] sont essentiellement dans ce qui serait des espaces pour les véhicules garés.

Une citation de :Charles Gauthier, président-directeur général de la DVBIA

Le PDG de l'Association pour l'amélioration des affaires du centre-ville de Vancouver remarque néanmoins que d’autres commerçants pourraient aussi interpeller la ville, car elle leur enlève des places de stationnement pourtant impératives pour attirer les clients dans leurs commerces.

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