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« Menace » d’élection-surprise de Jason Kenney : une question d’interprétation?

Pancarte indiquant le lieu de vote.

Les prochaines élections albertaines doivent avoir lieu au printemps 2023.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Jason Kenney aurait menacé son caucus de déclencher une élection-surprise si ses députés dissidents ne rentraient pas dans le rang, selon le magazine Western Standard, qui est dirigé par un adversaire politique du premier ministre albertain. Cependant, tous les députés conservateurs unis ne sont pas d’accord avec cette interprétation.

Mercredi, 17 députés se sont prononcés publiquement contre les mesures de santé publique, imposées la veille par le gouvernement de Jason Kenney pour lutter contre la troisième vague de COVID-19.

Ces députés se disaient frustrés par les répercussions des restrictions sanitaires sur l’économie de la province et les emplois, et demandaient que le gouvernement cesse de changer les paramètres de réouverture de l’économie.

Le Western Standard rapporte que trois députés, dont il a accepté de ne pas révéler l'identité, ont interprété comme une menace les paroles de Jason Kenney lors de leur caucus de jeudi matin.

Ils affirment que le premier ministre leur aurait dit que, s’il n’avait pas la confiance de son caucus, il serait obligé d'en informer la lieutenante-gouverneure de l’Alberta et de déclencher des élections anticipées.

Les prochaines élections sont prévues pour le printemps 2023, selon la loi albertaine.

Une conclusion exagérée

Or, trois députés présents lors du caucus affirment que la conclusion que les députés interrogés par le Western Standard ont tirée est exagérée. Radio-Canada a accepté de ne pas les nommer, puisqu’ils ne sont pas autorisés à discuter du contenu des réunions de caucus.

Selon l’un d’eux, Jason Kenney a parlé lors de cette réunion d’un scénario hypothétique, selon lequel il irait retrouver la lieutenante-gouverneure pour déclencher des élections si une motion de défiance était présentée en Chambre par les députés dissidents.

Il dit que le premier ministre ne menaçait pas les députés dissidents du déclenchement d’une élection pour les forcer à rentrer dans le rang.

Jason Kenney baisse la tête et ferme les yeux.

Jason Kenney fait face à une révolte de l'aile plus conservatrice de son caucus.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Ce député affirme que l’idée d’une élection imminente est farfelue. Il ne peut imaginer aucun scénario dans lequel le Parti conservateur uni ne terminera pas les deux ans qui restent à son mandat.

Plusieurs sondages plaçaient le Nouveau Parti démocratique (NPD) devant le Parti conservateur uni dans les intentions de vote des Albertains ces derniers mois.

Un autre député affirme que Jason Kenney laisse habituellement ses députés dire ce qu’ils veulent sans les contredire lors des réunions de caucus. Jeudi, il a pris la parole pour une rare fois.

Le bureau du premier ministre n’a pas répondu à nos demandes de commentaires à ce sujet.

Le mauvais moment pour déclencher des élections

Le politologue au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily juge que, si le premier ministre menaçait effectivement de déclencher des élections, il s'agirait d'une stratégie plutôt surprenante de sa part.

Il estime qu’une telle tactique est habituellement utilisée par un gouvernement pour tirer profit d'une opposition faible et divisée. Néanmoins, ce n’est pas le cas en Alberta, où l’opposition néo-démocrate est forte.

Voir Jason Kenney évoquer cette élection anticipée, alors que les conservateurs et Kenney lui-même sont en difficulté, c’est quelque chose de particulièrement étonnant d’entendre ça, juge-t-il.

Frédéric Boily ajoute que ce serait d'autant plus surprenant que Jason Kenney devrait alors tenir un scrutin deux ans plus tôt que prévu par la loi électorale.

Avec les informations de Michelle Bellefontaine, Janet French et Elise von Scheel (CBC)

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