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Doug Ford en conférence de presse.

Le premier ministre de l'Ontario Doug Ford annonce le 7 avril de nouvelles restrictions.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

On dit que trop de cuisiniers gâtent la sauce. En Ontario, on a eu cette impression cette semaine. D’un côté, la province refuse de fermer les écoles. De l’autre, c’est exactement ce qu’ont fait des bureaux de santé publique locaux, dont celui de Toronto. De quoi étourdir les Ontariens, épuisés par des semaines de décisions en yoyo.

Depuis le début de la troisième vague, c’est Doug Ford qui mène le bal du va-et-vient : les terrasses des restaurants ont été ouvertes, puis refermées. La province a dit aux coiffeurs : tenez-vous prêts, avant de se raviser. Les gyms ont ouvert à l’extérieur pendant cinq jours seulement.

Évidemment, l’Ontario n’est pas seul. Au Québec, François Legault se fait reprocher d’être lui aussi adepte du yoyo. La situation sanitaire change rapidement; l’Ontario et le Québec s’adaptent et réagissent, disent leurs dirigeants.

Mais force est de constater que la courbe des cas en Ontario suit de très près les projections qu’on nous présente depuis quelques semaines. Les experts avaient prédit qu'il y aurait 500 malades de la COVID aux soins intensifs d’ici début avril, et c’est exactement ce qui s’est produit.

Avant Pâques, de nouvelles projections ont prédit que la province se dirigeait vers la catastrophe. Pourquoi, dans ce cas, attendre une semaine de plus avant d’imposer l’ordre de rester chez soi? La réponse la plus franche du gouvernement Ford est venue de la ministre Sylvia Jones jeudi matin, à la matinale radio de CBC Ottawa.

Nous voulions voir si les projections allaient réellement se concrétiser dans nos hôpitaux avant d’imposer d’autres mesures, a déclaré la ministre responsable de la distribution des vaccins.

Cela équivaut à être au bord du gouffre avant d'agir, ont protesté des experts. Je ne veux pas me fâcher avec la ministre Jones, mais les soins intensifs, c’est le dernier indicateur avant la mort, a commenté la médecin hygiéniste en chef adjointe de la province Barbara Yaffe.

Au-delà de l’attentisme, c’est la pression politique et de la communauté médicale qui était devenue intenable. Des urgentologues et de hauts dirigeants d’hôpitaux hurlaient presque à l’aide sur toutes les tribunes possibles. Le coup de grâce est venu en début de semaine avec la dissidence de bureaux de santé locaux.

En effet, au même moment où Doug Ford répétait lundi en point de presse que les écoles étaient sécuritaires, les médecins hygiénistes de Peel et de Guelph ordonnaient leur fermeture sur leurs territoires. Toronto allait suivre 24 heures plus tard. Sudbury l'avait déjà fait. L’impression était donnée : la province traînait-elle les pieds?

Devant cet embarras, Doug Ford décrétait dès le lendemain l’ordre de rester chez soi. Avec la fermeture des commerces non essentiels et la nouvelle stratégie de vaccination plus ciblée, la province reprenait le gouvernail.

Jusqu'à récemment selon Léger (Nouvelle fenêtre), 63 % des Ontariens étaient satisfaits de la gestion de la pandémie par le gouvernement Ford. L’opposition peine toujours à se tailler une place. Reste que les mesures sanitaires contradictoires risquent d’effriter la confiance du public et surtout, d’exacerber la lassitude, la frustration et l’anxiété vécues par la population.

Les Ontariens savent que l’effet yoyo n’est pas unique à leur province. Le sommet de nouveaux cas les préoccupe assurément davantage. L’issue de la crise sans précédent qui se dessine dans les hôpitaux ontariens est le prochain vrai test du gouvernement Ford.

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