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Le prince Philippe était à Québec lors du « samedi de la matraque »

La reine Élisabeth II et le prince Philippe photographiés en gros plan.

Le 20 juin 1959, la reine Élisabeth II et le prince Philippe visitent Schefferville, au Québec, et écoutent une explication sur le fonctionnement d'une mine de fer.

Photo : Associated Press / Anonyme

La Presse canadienne

La visite du prince Philippe et de la reine Élisabeth II au Parlement à Québec est passée à l'Histoire pour des raisons funestes : ce fut le « samedi de la matraque ».

Mais ce ne fut pas leur seul séjour au Québec : la chronologie parlementaire officielle de l'Assemblée nationale fait mention d'au moins trois visites de la souveraine et de son mari, mort vendredi à l'âge de 99 ans.

Si, en 1951, des journaux exprimaient leur admiration sincère et écrivaient que les sujets doivent obéir aux monarques parce qu'ils sont détenteurs légitimes de l'autorité, en 1964, Sa Majesté n'a pas reçu le même accueil.

En octobre 1964, la reine et le prince visitent le Canada pour souligner le 100e anniversaire des conférences de Charlottetown et de Québec, qui menèrent à la Confédération.

Leur passage dans la Vieille Capitale, le 10 octobre 1964, restera marqué dans la mémoire collective québécoise, en pleine Révolution tranquille, aux débuts du mouvement indépendantiste. Voici ce qu'on peut lire dans les annales de l'histoire du parlementarisme.

Visite à Québec de la reine Élisabeth II et du prince Philippe. Ils sont accueillis dans la salle du Conseil législatif par le premier ministre Lesage, qui leur adresse des paroles de bienvenue. Cette journée est surnommée "le samedi de la matraque" à cause de la répression, par les policiers, de toute manifestation dans la ville de Québec.

Jean Lesage avait donc accueilli solennellement le couple royal dans le Salon rouge, où siégeait encore à l'époque le Conseil législatif, en quelque sorte le Sénat du Québec.

Mais à l'extérieur, la police avait eu pour ordre de réprimer violemment toute manifestation.

Le quotidien catholique L'Action rapportait que les policiers explosent et qu'ils avaient arrêté 32 personnes.

Ironiquement, dans son discours prononcé en majorité en français, la reine a dit : Mon ardent désir est que personne parmi mes peuples ne subisse la contrainte, peut-on lire à la une du quotidien.

On peut y lire également que le prince Philippe avait déjà l'habitude de la posture qu'on lui a connue tout au long de son règne : Pendant toute la cérémonie, le duc d'Édimbourg est resté souriant et calme, dans un fauteuil placé à gauche du fauteuil qu'occupait la Reine, les mains appuyées sur la garde de son épée.

La reine Élisabeth II et le prince Philippe lors de leur arrivée à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Montréal, en 1976.

La reine Élisabeth II et le prince Philippe lors de leur arrivée à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Montréal, en 1976.

Photo : La Presse canadienne / HAYES

En 1959

Les annales rapportent aussi la visite de Sa Majesté et du duc d'Édimbourg en 1959. Ils étaient alors venus inaugurer la Voie maritime du Saint-Laurent.

La reine avait alors remis des drapeaux au Royal 22e Régiment, dont les quartiers sont dans la région de la Capitale-Nationale.

En 1951

Un jeune couple assis dans un salon.

La princesse Élisabeth et Philippe, duc d'Édimbourg, devant un feu de foyer à Sainte-Agathe-des-Monts lors d'une visite au Québec, le 3 novembre 1951.

Photo : Associated Press

Avant même de monter sur le trône, la princesse Élisabeth et son mari avaient été reçus au Parlement, le 9 octobre 1951. Ils avaient alors signé le livre d'or, dans la salle du Conseil législatif.

Toutes les cloches de la ville avaient sonné, rapportait le quotidien L'Action.

Depuis plusieurs semaines, notre ville se prépare à recevoir dignement ce couple princier, éminemment sympathique, lit-on en une. La réputation de Philippe, connu pour avoir une personnalité abrasive, ne l'avait pas encore précédée...

Le journal fait plutôt l'éloge de la future reine et de son mari, et jure de la loyauté de ses sujets du Québec.

Si l'on demande aux Canadiens de langue française ce qui les attache davantage à la princesse Élisabeth et à son époux admirable, ils vous répondront : c'est précisément le fait qu'ils sont des époux exemplaires se complaisant à mener une vie de famille émouvante de simplicité et d'affection, écrit Louis-Philippe Roy en première page.

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