•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un nouveau fonds pour « favoriser l'accès » à la rivière Bonaventure soulève des questions

Une famille s'apprête à descendre la rivière Bonaventure en radeau pneumatique.

La présidente, le vice-président et le secrétaire du Fonds pour la protection et l'accessibilité de la rivière Bonaventure sont les têtes dirigeantes de Cime Aventures (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Des citoyens déplorent le manque de transparence de l'Association de protection et d'accessibilité de la rivière Bonaventure, car ce sont les dirigeants de Cime Aventures qui l’administrent et sollicitent des dons sur un site web désormais suspendu.

En début de semaine, l’Association de protection et d'accessibilité de la rivière Bonaventure invitait la population à devenir membre de son organisme avec un paiement en ligne de 10 $ sur son site web.

Sur la page, l’Association indiquait vouloir favoriser l’accès à la rivière Bonaventure pour tous les types d’usagers , s’assurer une cohabitation harmonieuse et contribuer au développement d’un programme de suivi environnemental de la rivière.

Une capture d'écran d'un site web où on peut lire "Devenez membre pour 10$".

Avant la suspension du site web, les internautes étaient invités à adhérer à l'Association pour la protection et l'accessibilité de la rivière Bonaventure.

Photo : Capture d'écran du site de l'Association pour la protection et l'accessibilité de la rivière Bonaventure

Le site web ne précisait à aucun endroit qui étaient les membres de cette nouvelle association et les personnes responsables de son administration. L’Association spécifiait recevoir des dons, legs et autres contributions de même nature en argent [...] dans le but de recueillir des fonds pour des fins charitables.

Selon le Registraire des entreprises du Québec, l’Association pour la protection et l'accessibilité de la rivière Bonaventure est véritablement baptisée « Fonds pour la protection et l'accessibilité de la Rivière Bonaventure ». L’organisme à but non lucratif a été immatriculé le 25 février dernier.

Les trois seuls administrateurs de l’organisme sont Élodie Brideau, Gilles Brideau et Jean-Claude Cyr, qui sont respectivement la directrice générale, le fondateur et le directeur exécutif de Cime Aventure.

Or l’entreprise, qui offre des descentes commerciales sur la rivière Bonaventure, est farouchement opposée au contingentement des descentes en embarcation proposé dans le Plan global de cohabitation pour la rivière Bonaventure.

Le document a été soumis par la ZEC de la rivière Bonaventure au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs.

Une femme porte ses cheveux en toque et est habillée d'une chemise en jeans.

Élodie Brideau est directrice générale chez Cime Aventures (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’entrée en vigueur du plan limiterait les descentes commerciales quotidiennes à 100 embarcations ou 150 personnes dans trois secteurs distincts. Cime Aventures soutient qu'un tel quota entraînerait une baisse de 75 % de ses activités.

Un site web désactivé

Au moment de publier ces lignes, seule la page d’accueil du site web de l’Association pour la protection et l'accessibilité de la rivière Bonaventure était toujours en ligne et un unique message invitant les internautes à revenir y était désormais affiché.

La directrice générale de Cime Aventures n’a pas voulu accorder d’entrevue à Radio-Canada sur la création de cette nouvelle entité. Dans un échange téléphonique, elle a toutefois précisé que le fonds n’est pas actif pour l’instant et que sa mise en ligne était une erreur.

Puisqu’il s’agit d’un projet très embryonnaire et actuellement sur pause, je ne suis pas en mesure d’accorder une entrevue à ce sujet, a indiqué par courriel Élodie Brideau. Ma priorité pour l’instant est de permettre le maintien viable de nos activités dans le respect de tous les usagers de la rivière. Je souhaite que tous les acteurs concernés et nous puissions assurer le juste accès partagé tout en préservant la pérennité de la rivière Bonaventure.

Il a été impossible de confirmer si des sommes ont déjà été versées au fonds.

Un plan révisé?

Par ailleurs, le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, estime que certains paramètres du controversé Plan global de cohabitation pour la rivière Bonaventure pourraient être révisés.

Bien qu’il soit favorable à une surveillance accrue de la rivière et à une possible limitation des activités commerciales, M. Roy s'oppose aux mesures de tarification et de contingentement pour les descentes autonome en embarcation et la baignade.

Je trouve que c’est inacceptable, affirme le député péquiste. La population locale n’a pas à payer pour faire une descente en canot de leur rivière.

Sylvain Roy regarde au loin devant des arbres.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Sylvain Roy rapporte avoir eu des discussions à ce sujet avec le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour.

Le ministre est d’accord avec moi sur un certain nombre d’enjeux, entre autres, sur le fait qu’il ne doit pas y avoir de tarification, soutient M. Roy. Je discute avec le ministre, on regarde pour des solutions pour la sensibilisation et la surveillance, mais la tarification, à mon avis, ne devrait pas faire partie du décor. Le ministère a le pouvoir d’autoriser le plan ou de le refuser.

Selon les discussions que j’ai eues avec le ministre, probablement qu’on va demander une révision de certains paramètres du plan.

Une citation de :Sylvain Roy, député de Bonaventure

La ZEC de la rivière Bonaventure organise une séance d’information citoyenne virtuelle portant sur le Plan de cohabitation pour la rivière Bonaventure le mercredi 14 avril à 19 h. Les participants doivent s'inscrire pour y participer.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !