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Surchauffe immobilière : des acheteurs pris entre l'arbre et l'écorce

Paula Morin devant sa maison. Elle porte un masque de tissu sur le visage.

Paula Morin en entrevue devant sa maison, à Dieppe.

Photo : Radio-Canada

Pascal Raiche-Nogue

Les vendeurs sont rois dans le Grand Moncton, où le marché immobilier est en surchauffe. Paula Morin l’a appris récemment à ses dépens lors de l'achat de sa première maison.

En janvier 2020, cette trentenaire de Dieppe a commencé à chercher sa première maison. Le processus a été long et pénible.

Elle a fait des visites à gauche et à droite et a fait plusieurs offres. Mais elle n’était jamais assez rapide et se faisait doubler par d’autres acheteurs.

Souvent, on allait faire des visites et on arrivait le soir même de la mise en vente. On était les neuvièmes personnes à faire une offre d’achat, huitièmes, septièmes, cinquièmes.

En octobre 2020, le loyer de son appartement a augmenté. Cela lui a mis encore plus de pression pour trouver la perle rare le plus rapidement possible.

La douzième offre est (enfin) la bonne

Les choses ont débloqué en janvier 2021; elle a trouvé une modeste maison unifamiliale située dans un quartier paisible de Dieppe. Elle a visité les lieux.

La seule chose qu’il y avait, c’est qu’il y avait beaucoup de meubles et beaucoup de choses. Ça a été dit avec l’agent que tout allait être clairé, que tout allait être désencombré.

Elle n’a donc pas perdu de temps et a fait une offre – la douzième en un an – conditionnelle à une inspection. L’offre a été acceptée.

Il y a quelques jours, le 1er avril, Paula Morin a pris possession de sa nouvelle maison. Lorsqu’elle s’est pointée, les lieux étaient sales et en désordre.

Comme un mauvais poisson d’avril

Une cuisine encombrée. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Voici l'état dans lequel Paula Morin a trouvé la cuisine de sa nouvelle maison.

Photo : Paula Morin

Dans des vidéos et des photos prises ce jour-là, on voit des déchets et des objets qui traînent un peu partout dans la résidence et dans la cour arrière.

Je pensais devoir nettoyer, mais pas à ce point-là. Il y a différents degrés de saleté...là on peut dire qu’on est au maximum. Moi, je n’ai jamais vu ça, je ne m’attendais jamais à ça.

Une citation de :Paula Morin, propriétaire d'une maison à Dieppe

L’un des vendeurs, qui était encore sur place, lui a passé le commentaire que si elle n’était pas contente, elle n’avait qu’à laisser tomber la transaction.

Il lui a dit que vu l’état du marché, d’autres acheteurs seraient sûrement intéressés à se procurer la maison telle qu’elle.

Une cour encombrée de déchets. On voit des traces de pneus dans la terre. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La cour arrière de la nouvelle maison de Paula Morin était encombrée et en piteux état.

Photo : Paula Morin

Paula Morin raconte qu’elle s’est sentie prise entre deux feux.

Je me suis dit "est-ce que je cancelle tout ça et je retourne dans mon appartement?” C’est comme ça que je me sentais. Je me suis dit “si j’annule, je me retrouve dans un logement avec un prix quand même assez élevé."

De plus, elle ne voulait pas recommencer à zéro sa recherche de maison. Après 16 mois, elle était excédée.

Au final, elle a décidé de ne pas faire marche arrière. Les avocats des deux parties se sont entendus sur une compensation afin de couvrir le nettoyage des lieux.

Déménagement retardé, travaux imprévus et conseils à donner 

Un employé masqué désinfecte un plancher de bois à l'aide d'un pulvérisateur.

Un employé d'une entreprise spécialisée désinfecte une pièce de la nouvelle maison de Paula Morin.

Photo : Radio-Canada

Au cours des jours qui ont suivi la prise de possession, des employés d’une entreprise spécialisée ont nettoyé et désinfecté la résidence. Ils ont aussi arraché les tapis et retiré d'autres matériaux sales ou moisis.

Paula Morin a dû reporter son déménagement. Elle a pris des congés imprévus pour gérer tout cela.

En attendant, elle reste dans son appartement. Celui-là dont le loyer a augmenté en octobre dernier.

Si c’était à refaire, elle ferait certaines choses différemment. Elle trouve entre autres que les agents impliqués dans la transaction – le sien comme celui des vendeurs – auraient pu mieux l’accompagner et être plus disponibles.

Ils sont vraiment occupés et je comprends ça. Mais j’aurais une discussion avec mon agent pour dire "regarde, la journée de fermeture, j’ai besoin que tu sois disponible s'il y a quelque chose" et que ce soit clair que mon agent est disponible.

En riant, elle se promet de ne pas replonger dans le marché immobilier de sitôt.

J'ai vraiment pas l’intention de chercher à être à nouveau dans un processus comme ça dans le marché présentement!

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