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Le marathon de Parasports Québec pour transformer ses athlètes en cyberathlètes

Un homme en fauteuil roulant joue au jeu vidéo «Rocket League» sur un ordinateur.

Le joueur Yunus Ersaygili

Photo : Courtoisie Parasports Québec

Stéphanie Dupuis

Lancer une équipe de sport électronique est déjà un défi logistique en soi. Le faire avec des athlètes de soccer en fauteuil électrique (powerchair soccer) qui ont des handicaps lourds et divers est une tout autre affaire. Mais Francis Ménard, directeur général de Parasports Québec, tenait à relever le défi.

Pour briser l’isolement des athlètes de la Ligue provinciale de powerchair soccer, en pause depuis le début de la crise liée à la COVID-19, Francis Ménard s’est lancé à pieds joints dans l’organisation d’un tournoi autour du jeu vidéo Rocket League.

S’il n’y avait pas eu de pandémie, il n’y aurait pas eu de projet, affirme-t-il d’entrée de jeu.

Qu’est-ce que le soccer en fauteuil électrique?

Sport d’équipe basé sur le soccer dans lequel des athlètes utilisent un pare-chocs installé sur leur fauteuil roulant électrique pour frapper un ballon qui a le double de la taille d’un ballon de soccer réglementaire.

À peine de retour d’un congé de paternité, il a trouvé que les athlètes avaient la mine bien basse lors d’une rencontre en ligne. À la recherche d’idées pour faire rejaillir leur esprit d’équipe, quelques membres de la Ligue, des fans de jeux vidéo, ont commencé à évoquer l’idée de jouer ensemble virtuellement.

Je suis à la tête d’une fédération sportive, donc je devais structurer le projet en phase avec la mission de notre organisation. On s’est dit qu’il fallait un entraîneur, des objectifs et une volonté de performer. C’est comme ça qu’on a pensé à un tournoi de sport électronique.

Une citation de :Francis Ménard

Résultat : en seulement deux mois, Parasports Québec a embauché un entraîneur de sport électronique, tissé des partenariats, mis la main sur de l’équipement de jeu vidéo adapté et organisé un premier tournoi de parasport électronique.

Les athlètes ont choisi le jeu vidéo Rocket League, ce qui n’est pas anodin : tout comme le soccer en fauteuil roulant, les joueurs et joueuses conduisent un véhicule qui frappe un ballon surdimensionné. La différence repose surtout sur la façon de contrôler l’engin qui peut, dans les jeux vidéo, se faire de plus d’une façon.

Adapter une discipline

On partait de zéro.

Une citation de :Francis Ménard

Après des semaines de recherches infructueuses pour trouver des organismes prêts à fournir de l’équipement adapté aux différentes contraintes des joueurs et joueuses de la Ligue, les astres se sont finalement alignés : une fondation qui fermait ses portes à Toronto a fait don à Parasports Québec de l’entièreté de son matériel de jeu vidéo accessible aux personnes handicapées.

Un homme en fauteuil roulant joue au jeu vidéo «Rocket League» sur un ordinateur.

Le joueur Yunus Ersaygili

Photo : Courtoisie Parasports Québec

Mon père a fait l’aller-retour à Toronto. On a obtenu pour plusieurs milliers de dollars d’équipement, en plus de consoles Xbox, raconte Francis Ménard.

Par équipement adapté, il parle notamment de boutons surdimensionnés, de manettes de jeu et de manches à balai (joysticks) spéciaux.

On a beaucoup utilisé la manette adaptative de Microsoft, qui contient des ports dans lesquels on peut connecter différents boutons, que développe la compagnie Logitech pour les personnes handicapées, explique-t-il.

Et les défis étaient d’autant plus grands en raison de la pandémie : les membres de l’équipe devaient tester l’équipement de leur côté à la maison.

Un des athlètes n’a pas de doigts, donc il a une prothèse sur la main. On lui a commandé un joystick en forme de U dans lequel il peut insérer sa prothèse pour jouer. [...] Des joueurs ont par exemple acheté un casque qu’ils mettent par-dessus leurs écouteurs, avec une caméra qui remplace le joystick, mentionne Francis Ménard.

Mission accomplie

En tout, une quinzaine de joueuses et joueurs se sont affrontés à Rocket League fin mars pendant ce projet pilote. La séance était animée par l’organisme Rocket League Québec en direct sur Twitch, attirant une quarantaine de personnes pour contempler leurs exploits tout au long de la diffusion.

Les deux animateurs ont été surpris par plusieurs joueurs, dont notre champion de Rocket League du tournoi, Dany Audet (alias Aliéné), qui était meilleur qu’eux, et c’est un gars en fauteuil électrique.

Une citation de :Francis Ménard

Il est encore trop tôt pour savoir sous quelle forme se transformera le projet pilote, qui est aussi au cœur d’une étude réalisée par un candidat à la maîtrise en jeu vidéo et ludification de l’Université du Québec à Montréal. Mais Francis Ménard se réjouit d’avoir permis aux membres de la Ligue de powerchair soccer de retrouver une partie de leur esprit d’équipe – et peut-être plus – en l’espace de quelques mois.

Un homme en fauteuil roulant joue à un jeu vidéo sur un ordinateur.

Le joueur Dany Audet a remporté le tournoi de «Rocket League».

Photo : Courtoisie Parasports Québec

Tout le monde a aimé ça. À preuve, le soir même, des joueurs étaient encore connectés sur Discord à jouer ensemble, indique Francis Ménard.

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