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Décompte des ayants droit : poussée des éducateurs francophones avant le recensement

L'enseigne extérieure du bureau de Statistique Canada à Ottawa.

Le recensement de 2021 doit se dérouler le 11 mai.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Alors que le recensement de mai 2021 approche à grands pas, des représentants du monde de l’éducation francophone en milieu minoritaire incitent les parents à répondre au formulaire. Ils trouvent cela important car celui-ci doit permettre pour la première fois de comptabiliser le nombre d’ayants droit à l’éducation française.

L’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés donne le droit à une éducation dans la langue de la minorité, là où le nombre le justifie.

Or, le nombre d’ayants droit n’était pas comptabilisé dans le recensement jusqu’à cette année, explique le président de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), Louis Arseneault.

Ce dernier s’attend à ce que le nouveau recensement dénombre un nombre plus important d’ayants droit par rapport au nombre d’élèves qui sont actuellement inscrits dans les écoles françaises en situation minoritaire.

Il donne comme exemple de l’impact d’un décompte inexact celui de l’école française d’Airdrie, en Alberta. Une nouvelle école y a été ouverte en 2015, en fonction d’estimations du nombre d’ayants droit provenant des données de Statistique Canada. L’école comptait initialement environ 150 élèves.

On avait estimé, avec les données de Statistique Canada du temps, qu’on allait avoir besoin d’une école d’à peu près 350 élèves [compte tenu de la croissance], indique M. Arsenault.

Six ans après, nous avons maintenant 530 élèves, on est passé de 150 à 530. Donc, les estimations n’étaient pas bonnes du tout, affirme-t-il. L’école compte donc maintenant une dizaine de salles de classe mobiles.

Vous imaginez l’explosion lorsque l’école a ouvert. Les francophones étaient dans la région, mais on ne les a pas calculés.

Une citation de :Louis Arseneault, président de la FNCSF

Une chose qui est certaine, les statistiques le prouvent, lorsqu’on ouvre une école francophone [...] les parents envoient leurs enfants a l’école francophone, conclut Louis Arsenault.

La FNCSF lance donc une campagne de sensibilisation et de publicité sur le recensement de 2021 pour s’assurer que les parents comprennent l’importance d’y répondre.

Le défi de joindre les ayants droit

La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) s’apprête elle aussi à lancer une campagne de sensibilisation concernant le recensement de 2021. La DSFM va faire de la publicité pour inciter les parents à mieux comprendre, indique le directeur général, Alain Laberge.

La DSFM souhaite travailler avec la Société de la francophonie manitobaine à cette fin, ajoute-t-il. Il est important que la communauté soit au courant que les réponses qu’on donne à ce sondage-là, malgré le fait que ce peut paraître très anodin, pour nous ça a un impact énorme, poursuit Alain Laberge.

Alain Laberge se tient debout en costume-cravate dans une salle de conférence. Il est souriant avec les mains sur les hanches.

Alain Laberge, directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Selon lui, une portion importante de la sensibilisation doit se faire en dehors des parents de la DSFM. On a un travail à faire aussi auprès des parents qui ne sont pas nécessairement dans nos écoles, mais qui ont droit à l’éducation en français d’après l’Article 23, fait-il valoir.

Il note que, dans certains secteurs de la province, selon des calculs de la DSFM, seulement un tiers des ayants droit sont à l’école française.

Parvenir à joindre les ayants droit qui ne savent pas qu’ils ont droit à l’école française est tout un défi. On doit se fier au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux, aux médias, à nos parents déjà très branchés, à nos écoles, c’est un peu ça qu’on a l’intention de faire, dit Alain Laberge.

La campagne de la DSFM devrait commencer dans les prochaines semaines. Le recensement commence le 11 mai.

Les nouvelles questions du recensement :

  • Cette personne a-t-elle fait des études primaires ou secondaires en français au Canada (incluant dans un programme d'immersion)?
  • Dans quel type de programme ces études en français ont-elles été effectuées?
  • Pendant combien d'années cette personne a-t-elle fréquenté un programme régulier d'instruction en français dans une école de langue française?
  • Cette personne a-t-elle fait des études primaires ou secondaires dans une école de langue anglaise au Canada (notamment dans un programme d'immersion)?
  • Pendant combien d'années cette personne a-t-elle fait des études dans une école de langue anglaise au Canada (notamment dans un programme d'immersion)?

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