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Kiev accuse Moscou de désinformation au sujet du Donbass

Un soldat à l'affût, sa mitrailleuse prête à servir.

La guerre dans le Donbass a commencé en avril 2014 et a fait plus de 13 000 morts ainsi que près de 1,5 million de déplacés.

Photo : Reuters / Oleksandr Klymenko

Agence France-Presse

L'Ukraine a rejeté vendredi les accusations du Kremlin sur la préparation d'une offensive militaire contre les séparatistes prorusses, accusant Moscou de désinformation et de chercher un prétexte pour l'attaquer.

La libération par la force des territoires occupés conduira inévitablement à de nombreuses pertes civiles et militaires, ce qui est inacceptable pour l'Ukraine, a déclaré le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Rouslan Khomtchak.

Kiev soutient une solution politique et diplomatique pour récupérer les territoires qui lui échappent depuis le début de ce conflit en 2014, a-t-il souligné sur Facebook. Il dénonce une campagne de désinformation pilotée par la Russie et affirme que l'armée ukrainienne préparait une offensive.

L'Ukraine craint que Moscou, largement considéré comme le parrain militaire des séparatistes malgré ses dénégations, ne cherche un prétexte pour déclencher une invasion.

Si le Kremlin cherche un casus belli en publiant cyniquement de fausses informations, le monde doit le prendre au sérieux, a déclaré mardi le ministère de la Défense.

Washington, Berlin et Paris ont de nouveau assuré l'Ukraine de leur soutien contre les provocations russes à l'issue de discussions téléphoniques vendredi entre le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et ses homologues français et allemand, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas.

Selon un porte-parole du département d'État, MM. Blinken et Le Drian ont souligné que Moscou devait cesser sa rhétorique dangereuse et irresponsable et ses renforcements militaires en Crimée ainsi que le long de la frontière russo-ukrainienne.

Troupes russes à la frontière

Kiev et les Occidentaux reprochent à Moscou d'avoir massé des troupes à la frontière ukrainienne et en Crimée, péninsule annexée en 2014, alors que les agressions armées dans l'est de l'Ukraine sont devenues quasi quotidiennes.

Depuis le début de l'année, 26 militaires ukrainiens y ont été tués par rapport à 50 l'an dernier, selon la présidence ukrainienne. Les séparatistes ont, eux, fait état de la perte d'au moins une vingtaine de leurs combattants depuis janvier.

Face aux inquiétudes, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'est rendu jeudi et vendredi sur le front.

La Russie accuse de son côté Kiev de préparer une offensive contre les rebelles et menace de venir à la rescousse de la population des zones séparatistes, où ont été distribués des centaines de milliers de passeports russes.

Le comportement de la partie ukrainienne suscite le risque de combats de grande échelle, a affirmé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

En cas de début des combats et d'une répétition potentielle d'une catastrophe humanitaire similaire à Srebrenica, pas un seul pays au monde ne restera à l'écart [...] y compris la Russie, a-t-il ajouté, en référence au génocide de 1995 en Bosnie.

Kiev a multiplié ses contacts avec les Occidentaux, recevant le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel qui a demandé de réduire la présence militaire russe dans l'est de l'Ukraine, lors d'un entretien téléphonique jeudi avec le président russe Vladimir Poutine.

Washington renforce sa présence en mer Noire

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a soutenu que le nombre de militaires russes à la frontière de l'Ukraine n'avait jamais été aussi élevé depuis le début du conflit en 2014.

Washington va envoyer deux navires de guerre en mer Noire via le détroit du Bosphore, selon le ministère turc des Affaires étrangères.

Moscou rétorque que ses mouvements de troupes n'ont rien de menaçant. La Russie est libre de prendre des mesures pour assurer sa sécurité face à la situation explosive en Ukraine, a affirmé vendredi M. Peskov.

La guerre dans le Donbass a commencé en avril 2014, dans la foulée d'une révolution prooccidentale en Ukraine qui avait aussi été suivie de l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Ce conflit a fait plus de 13 000 morts et près de 1,5 million de déplacés.

L'intensité des combats avait largement baissé après des accords de paix de Minsk en 2015, mais le règlement politique du conflit n'avance pas.

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