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Une manifestation pour dénoncer les conditions de détention dans les prisons

Cory Cardinal montre un dessin qu'il a créé en prison. Il représente deux points qui se touchent avec écrit en rond autour : Mouvement anti-oppression. Il tient ce dessin avec ses deux mots sur un parking.

Cory Cardinal lutte depuis de nombreuses années pour que les droits des détenus soient respectés.

Photo : Radio-Canada / Morgan Modjeski

Radio-Canada

Une manifestation est prévue le 13 avril pour dénoncer la façon dont sont traitées les détenues à l’intérieur du centre correctionnel de Pine Grove, le seul centre correctionnel pour femmes de la province. Huit d'entre elles ont d'ailleurs entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions d'incarcération.

L’initiative émane d’un ancien détenu du centre correctionnel provincial de Saskatoon, Cory Cardinal, qui milite pour les droits des détenus à travers la province.

Le militant qui a lui aussi été détenu au centre correctionnel provincial de Saskatoon, et qui a été relâché récemment, défend les droits des détenus depuis de nombreuses années.

Il souhaite, avec cette manifestation, sensibiliser sur la façon dont les détenus sont traités sans la version édulcorée par les relations publiques du ministère provincial des Services correctionnels.

Pour le militant, ce qu'il se passe à l’intérieur des centres correctionnels affecte la communauté dans son ensemble. C’est notamment le cas pour celui de Pine Grove qui incarcère des femmes loin de chez elles, de leurs familles de leurs communautés.

Je veux leur montrer qu’elles ont du soutien, qu’on cherche à les protéger et qu’on ne les oublie pas, même si elle pense parfois le contraire.

Une citation de :Cory Cardinal, militant pour les droits des détenus

Deborah Mckenzie, qui est en détention provisoire dans le centre de Pine Grove, affirme qu’une grève de la faim a été lancée par plusieurs détenues. Elle en est, elle-même, à son septième jour sans nourriture.

Cette grève de la faim a été initiée pour mettre la lumière sur le manque d’accès aux soins de santé ou encore au mauvais traitement par le personnel et les infirmières dont peuvent être victimes les détenues.

Il y a une infirmière qui nous a dit que l’accès aux médicaments était un privilège, et non un droit. Et le personnel affirme que les infirmières auraient le droit de nous refuser nos médicaments.

Une citation de :Deborah Mckenzie, détenue provisoire au centre correctionnel de Pine Grove

Le ministère provincial des Services correctionnels a confirmé jeudi que huit détenues prennent actuellement part à cette grève de la faim.

Un communiqué du ministère indique que la situation est suivie de près pour assurer la santé et la sécurité des détenues participantes. Elles ont des consultations régulières avec un médecin et nous supervisons leur état de santé.

Le communiqué affirme également travailler avec le centre correctionnel pour s’assurer que ces femmes reçoivent les soins de santé appropriés comme ceux de santé mentale.

Des plaintes qui n’aboutissent pas

Selon Deborah Mckenzie, le processus de plaintes est déficient, et c’est une autre raison de la grève de la faim.

Même si le ministère conseille aux personnes qui le souhaitent de contacter l’Ombudsman de la Saskatchewan, Mme Mckenzie affirme qu’elle a essayé, mais qu’elle a rencontré de nombreux défis pour que son message soit transmis aux bonnes personnes.

Ses plaintes portent notamment sur les soins de santé reçus par les détenues, et qui sont inférieurs à ceux reçus par la population générale, selon elle.

Ils disent que nous sommes censées être traitées de la même manière en termes de santé qu’en dehors de ces murs, mais la réalité est bien différente.

Une citation de :Deborah Mckenzie, détenue provisoire au centre correctionnel de Pine Grove

Le traitement est différent selon elle, car les détenus et les détenues sont considérés comme des criminels alors que plusieurs, comme elle, sont en détention provisoire et attendent la décision du juge.

La détenue considère que le ministère provincial des Services correctionnels faillit à ses obligations et demande qu’une enquête interne examine ce qu’il se passe lorsqu'une plainte est déposée, notamment en ce qui a trait à la COVID-19, aux soins de santé et au traitement des détenus.

On veut juste que les gens comprennent ce qu’il se passe ici. Nos plaintes n’aboutissent nulle part.

Une citation de :Deborah Mckenzie, détenue provisoire au centre correctionnel de Pine Grove

Mais les détenus ne sont pas les seuls à s’inquiéter des conditions dans les prisons de la province.

Jeudi, le Syndicat des employés du gouvernement de la Saskatchewan (SGEU) a échoué dans sa mission de défense des droits du personnel des centres correctionnels à une meilleure protection contre la COVID-19 alors que la situation s’aggrave dans la province.

Il est inacceptable que nos demandes répétées pour des tests rapides et un accès prioritaire à la vaccination soient ignorées depuis des mois, selon le SGEU. 

Réponse du gouvernement

De son côté, le gouvernement provincial a annoncé lors de la présentation de son budget, un montant de 4,3 millions de dollars qui serviront à améliorer la mise en œuvre de mesures sanitaires dans les centres correctionnels notamment, à travers l’achat d’équipement de protection personnel ou encore de services de nettoyage.

Soixante-seize millions de dollars vont également être alloués pour la sécurité et l’amélioration des prisons de la province.

La construction de huttes culturelles, qui pourront offrir des services de sudation entre autres, est prévue à Regina, Prince Albert et Saskatoon, ainsi que la construction d’un centre de détention provisoire au centre correctionnel de Saskatoon.

Des actions qui aideront, selon la ministre des Services correctionnels, Christine Tell, à assurer la santé et la sécurité des détenus, et qui répondent aux besoins en termes de problèmes de dépendance, de services de police, ou encore de violence et d’abus dans le contexte de la pandémie.

En date du 8 avril, il y avait 25 cas actifs de la COVID-19 répertoriés chez les détenus et le personnel des centres correctionnels de la province.

Avec les informations de Morgan Modjeski

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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