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Des patients plus jeunes et plus malades hospitalisés en raison de la COVID-19

La vaccination de masse en cours s'est traduite par une baisse marquée du nombre de personnes âgées hospitalisées. Les lits sont de plus en plus occupés par les 20 à 60 ans, frappés par les variants.

Un lit d'hôpital derrière des portes vitrées.

Une infirmière soigne un patient aux soins intensifs à l'Hôpital général de North York, en Ontario.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La troisième vague commence à peine que déjà les autorités craignent un dépassement de la capacité hospitalière dans certaines régions du Canada. Et contrairement aux autres vagues, on observe plus d'adultes de moins de 60 ans qui se retrouvent à l’hôpital en raison de symptômes graves de la COVID-19.

La tranche d'âge des personnes hospitalisées commence à changer par rapport à la situation qui prévalait durant les deux premières vagues, dit la Dre Laurie Robichaud. Cette urgentologue de l’Hôpital général juif de Montréal dit que la moyenne d’âge des patients diminue.

Ce phénomène, qui s’observe un peu partout au pays, est similaire à ce qui s'est produit lors de la dernière vague au Royaume-Uni.

Au cours de la dernière semaine de mars, 40 % des Canadiens hospitalisés avaient moins de 60 ans, comparativement à 30 % depuis le début de la pandémie.

C’est la distinction avec les vagues précédentes, dit la Dre Robichaud. Avant, c’était ceux de 70 ans et plus [qui étaient majoritairement hospitalisés]. Le vaccin est ultra-efficace; on le voit parce que les aînés qui ont été vaccinés sont protégés.

De plus, comme les éclosions se produisent majoritairement dans les écoles et les milieux de travail, il n’est pas surprenant de voir que des travailleurs adultes et des parents sont infectés et hospitalisés.

La Dre Robichaud raconte que ces patients plus jeunes n’ont pas nécessairement de problèmes de santé ou de comorbidités. Elle cite en exemple un jeune homme décédé dans la Capitale-Nationale ou encore l'éclosion chez les joueurs des Canucks de Vancouver.

Malheureusement, on se rend compte qu’être en forme n’est pas un facteur protecteur.

Une citation de :La Dre Laurie Robichaud

De plus, ajoute-t-elle, ils arrivent désormais plus malades à l’hôpital.

Une personne âgée [qui contracte la COVID-19] ne peut pas se lever, s’hydrater, manger… Elle devient vite faible et doit être hospitalisée très rapidement. Les jeunes ont une bonne capacité de réserve et ils attendent. Ça veut dire que, lorsqu’ils viennent à l’urgence, ça ne va vraiment pas bien.

Si les patients de 20 à 60 ans meurent généralement moins de la COVID-19 que les aînés, la Dre Robichaud tient à préciser qu’un séjour à l’hôpital, particulièrement aux soins intensifs, laisse des séquelles, peu importe l’âge.

Certains ont une toux persistante, une fatigue extrême pendant des semaines après l’infection. Et après un séjour aux soins intensifs, il faut des semaines de rétablissement, souligne-t-elle. Sans compter les conséquences à long terme qu’on ne connaît pas encore.

Même si les jeunes sont résilients et si on les sauve, la COVID leur laisse des séquelles.

Une citation de :La Dre Laurie Robichaud

Les variants en cause

Le Dr John Tobin, chef du département de médecine familiale de l'hôpital d'Edmundston, rappelle que la COVID-19 n’est pas une infection bénigne et que les variants ont complètement changé la donne.

Le virus est sournois, contagieux et touche tout le monde, a-t-il affirmé en entrevue à RDI, ajoutant que les variants sont la raison pour laquelle les patients qu’on soigne en ce moment sont plus malades et plus jeunes.

Des études de patients infectés par la COVID-19 au Royaume-Uni et au Danemark montrent que les variants augmentent (Nouvelle fenêtre) de 63 % le risque d’hospitalisation, de 50 % le risque de séjour aux soins intensifs et de 56 % le risque de décès. 

Nathalie Grandvaux, directrice du Laboratoire de recherche sur la réponse de l'hôte aux infections virales au Centre de recherche du CHUM, ajoute que les variants contaminent beaucoup plus de personnes au passage.

Lors de la première vague, un enfant pouvait être infecté, mais ne pas contaminer toute la maisonnée. Maintenant, il contamine toute la famille. Et ce sont les parents qui risquent de se retrouver à l’hôpital, déplore-t-elle.

Les hôpitaux se préparent au pire

Les portes de l'unité COVID-19 de l'hôpital de Hull.

L'unité COVID-19 de l'hôpital de Hull

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Au début de la deuxième vague, vers la fin de septembre, il y avait moins de 300 Canadiens hospitalisés et moins de 100 personnes aux soins intensifs.

En ce début de troisième vague, il y a plus de 3000 Canadiens hospitalisés, et près de 1000 d'entre eux sont aux soins intensifs, dont plus de la moitié en Ontario.

Ça fait 30 ans que je pratique et je n’ai jamais vu autant de patients aux soins intensifs, autant de patients intubés, tous avec le même diagnostic, dit le Dr John Tobin. C’est un peu déboussolant.

Le nombre d’hospitalisations au Canada a augmenté de 7 % depuis la semaine précédente, et le nombre d’admissions aux soins intensifs, de 23 %, a indiqué vendredi l’administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam. La même tendance a été observée la semaine dernière, alors que le nombre d’hospitalisations a augmenté de 8 %, et les admissions aux soins intensifs, de 11 %.

Au cours des derniers jours, l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick ont battu le record de patients atteints de la COVID-19 aux soins intensifs.

Vendredi, il y avait plus de 340 Ontariens nécessitant une ventilation mécanique.

Selon les dernières modélisations présentées par la Table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l’Ontario, les admissions aux soins intensifs de cette province dépasseront probablement les 800 cas liés à la COVID-19 d’ici la fin d'avril, malgré la campagne de vaccination et le confinement strict de quatre semaines.

Puisque la pression sur les hôpitaux est à un niveau extrême, l’Ontario a demandé cette semaine aux hôpitaux de cesser à partir de lundi de faire des opérations chirurgicales non essentielles. Le Hospital for Sick Children de Toronto commencera par ailleurs à accueillir des patients adultes atteints de la COVID-19.

Au Nouveau-Brunswick, l’hôpital d’Edmundston a commencé à transférer des patients vers d'autres hôpitaux.

Le délestage a également commencé en Outaouais, au Québec, qui connaît une flambée de cas. Pour les autres régions, les dernières projections de l’INESS indiquent que la capacité hospitalière est pour l’instant suffisante, mais que tout peut changer si le variant continue de causer des éclosions.

La Dre Robichaud dit que les travailleurs de la santé au Québec observent ce qui se passe chez leurs voisins ontariens et appréhendent une nouvelle hausse des hospitalisations.

On prône l'extrême prudence parce qu’on voit ce qui se passe ailleurs. On n’est pas plus immunisés au Québec qu'ailleurs...

Une citation de :La Dre Laurie Robichaud

Il n’y a pas que le manque de lits qui inquiète les autorités. Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, a rappelé cette semaine que, si les lits d’hôpitaux ne sont pas encore tous occupés, le manque de personnel vient compliquer les choses.

En début de semaine, 5000 travailleurs de la santé étaient absents en raison de la COVID-19. Un sommet de près de 8000 absents avait été atteint le 11 janvier lors de la deuxième vague.

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