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Les Premières Nations du Traité no 8 s’opposent à la Loi albertaine sur les forêts

Des billots de bois en tas.

Des Premières Nations s'inquiètent d'une surexploitation des ressources forestières.

Photo : Radio-Canada

Le grand chef des Premières Nations du Traité no 8, Arthur Noskey, somme le gouvernement albertain de suspendre les changements à la gestion de l'exploitation forestière qui doivent s’appliquer dans moins d’un mois.

Nous lui demandons de retirer [la loi] et de nous consulter, a indiqué le grand chef dans une entrevue jeudi.

Le Traité no 8 représente 39 Premières Nations sur un territoire s’étendant du nord-est de la Colombie-Britannique au nord-ouest de la Saskatchewan, en passant par le sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest. Il s’agit du plus vaste traité numéroté du pays en termes de superficie.

La Loi sur les forêts a été adoptée par le gouvernement albertain à la fin du mois de novembre. Elle vise à moderniser la gestion des ressources forestières dont les principes n’avaient pas été changés depuis 1971. Elle permet ainsi aux entreprises d'obtenir des contrats de coupe de 10 ans plutôt que de 5 ans à la fois, afin d'offrir une plus grande flexibilité à l’industrie.

Elle entrera en vigueur le 1er mai.

Arthur Noskey souligne toutefois que ces changements ont été élaborés sans consultation avec les Premières Nations et violent leurs droits de vivre selon leurs traditions.

Il s’agit de notre mode de vie. Une famille peut survivre avec seulement 18 000 $ par an de revenus parce qu’elle retire la majorité de sa nourriture et de ses médicaments de la terre, explique-t-il.

On voit le grand chef Noskey assis à une table avec d'autres représentants autochtones.

Le grand chef Arthur Noskey lors d'une rencontre de leaders autochtones avec le premier ministre Jason Kenney à Edmonton, le 10 juin 2019

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Le grand chef s’inquiète d’une surexploitation des forêts et de ses effets sur la faune et la flore.

Le ministre de l'Agriculture de l'Alberta, Devin Dreeshen, croit toutefois que l'industrie forestière a encore beaucoup de place pour grandir et il souhaite que la nouvelle flexibilité offerte aux entreprises y contribue.

Lors des débats à l’Assemblée législative, il avait souligné que les coupes forestières s’étaient accrues de 13 % en six mois. Il disait viser une augmentation supplémentaire de 20 %.

Le ministre de l'Agriculture, Devin Dreeshen.

Lors du dépôt du projet de loi, le ministre de l'Agriculture, Devin Dreeshen, a souligné sa volonté de soutenir la croissance de l'industrie forestière en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Le ministère répond

Dans un courriel, le porte-parole du ministère, Justin Laurence, a indiqué que les niveaux actuels de coupes forestières étaient inférieurs aux plafonds nécessaires pour maintenir la longévité des ressources.

Il ajoute que la nouvelle loi n’augmente pas le quota de coupes d’une entreprise, mais lui offre la flexibilité d’atteindre ces quotas en 10 ans au lieu de 5.

Le ministère a pris part à des discussions continues et importantes avec les entreprises forestières et les partenaires industriels, dont six entreprises détenues par des communautés autochtones, dit Justin Laurence.

Des consultations de meilleure qualité demandées

Les tribunaux ont reconnu l’importance de consulter de manière significative les Premières Nations, selon Arthur Noskey. Il estime que ces consultations ne peuvent pas être un simple coup de fil ni être laissées aux soins des entreprises forestières.

Il semble que nous devons forcer le gouvernement à s'asseoir à la table des négociations, a déploré le grand chef. Nous sommes en faveur de l’économie, mais d’une manière qui respecte l’environnement.

Avec des informations de La Presse canadienne

Avec les informations de La Presse canadienne

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