•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le ramadan en pleine pandémie, un retour à l'essentiel

Un croissant de lune symbolique de l'Islam légèrement rouillé devant un arbre.

Les Mosquées ne peuvent plus accueillir de fidèles, mais la communauté trouve d'autres façons de se rassembler.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Un autre ramadan sur fond de pandémie débute alors que les rassemblements – une tradition clé – ne sont pas permis. Un retour à la simplicité est de mise pour ces familles musulmanes qui célèbreront ce mois sacré différemment, pour la seconde année consécutive.

À Burlington, Lamiae Zaidan, d'origine marocaine, se désole de ne pas pouvoir se rassembler avec ses proches pour partager ces moments de joie et de ressourcement.

J’étais vraiment déçue de ne pas pouvoir inviter notre famille et nos amis. J’avais préparé ma liste d’invitation.

Une citation de :Lamiae Zaidan, cofondatrice de l’épicerie en ligne HANOUTY.ca

Les maisons ne seront pas bondées pour se retrouver autour d'un même repas, les mosquées n'ont plus.

On prépare généralement nos pâtisseries pour le ramadan à deux ou trois personnes. Maintenant chacun le fait soi-même, ce qui est une tâche colossale, explique Lamiae Zaidan.

Une femme assise.

La pandémie a engendré son lot de défis. Pour tenter de recréer l'ambiance habituelle, Lamiae Zaidan a décoré sa maison pour souligner l'occasion.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Lamiae Zaidan

L’ambiance de la préparation du ramadan a beaucoup changé, note la mère de famille. On doit créer notre propre joie des fêtes, ajoute-t-elle.

Malgré tout, la pandémie a permis à cette famille de créer de nouvelles traditions. Lamiae et ses deux enfants de 2 ans et 4 ans ont décoré la maison pour l'occasion, comme à Noël et à l'Halloween.

On veut leur montrer qu’on peut aussi décorer pour le ramadan. Même nous, les parents, ça nous met dans l'ambiance.

Une citation de :Lamiae Zaidan, mère de famille

La décoration fait partie de la culture canadienne, dit-elle. Mme Zaidan tenait à visuellement souligner cette célébration musulmane pour créer de l'enthousiasme et inculquer sa culture à ses enfants.

Une affiche et deux boîtes de desserts marocains.

Ces deux desserts marocains, chebakia et sellou, sont très populaires et surtout pendant les célébrations du ramadan.

Photo : Radio-Canada / Facebook/HANOUTY.ca

Lamiae Zaidan est aussi copropriétaire du service d’épicerie HANOUTY.ca qui livre des ingrédients et produits maghrébins. Avec les spéciaux du mois ramadan, elle a remarqué une hausse marquée du nombre de commandes.

On comprend parce que la préparation de ces plats prend beaucoup de temps et ça s’est manifesté dans le nombre d’appels et de commandes reçues au cours des dernières semaines, dit Lamiae.

Elle raconte qu'elle et son mari, cofondateur de l'entreprise, ont fait de leur mieux pour tenter de répondre aux besoins des membres de la communauté musulmane, particulièrement ceux qui sont plus éloignés comme dans le Nord de l'Ontario.

Ces repères sont d'autant plus importants pour les musulmans depuis que les rassemblements en famille, les invitations chez les voisins et les longues soirées dans les mosquées sont limités.

Spiritualité et simplicité avant tout

Said Benyoucef, d'origine algérienne, vit à Hamilton avec sa femme. Ses trois enfants sont adultes et ont tous leurs propres petites familles.

Il était évident pour le grand-père que de grandes rencontres ne seraient pas possibles.

Photo de Saïd Benyoucef.

Saïd Benyoucef dit avoir complètement changé sa façon de percevoir les choses.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Said Benyoucef

La célébration a fait l’objet d’un débat entre moi et ma femme. On ne peut pas inviter nos enfants et nos petits-enfants, raconte-t-il. Il n’y aura donc pas de table garnie, comme à l'habitude.

Ça va nous manquer d’être réunis, mais c’est pas si grave que ça. Ils auront leurs propres souvenirs et expériences.

Une citation de :Saïd Benyoucef, père de trois adultes et grand-père de cinq enfants

Le ramadan est une période de célébration, mais principalement de recueillement spirituel.

Le ramadan va bien au-delà des gâteaux et des tajines, lance Saïd. On veut aller vers la simplicité, revenir à l'essentiel, ajoute-t-il.

Au cours de cette période, les musulmans qui peuvent jeûner ne doivent pas manger, boire, fumer, ni avoir de relations sexuelles de l'aube au coucher du soleil.

Saïd Benyoucef saisira cette occasion pour se plonger dans des réflexions et faire un travail spirituel sur soi.

Nous voulons nous détacher des choses matérielles. C'est un moment de spiritualité pour s’humaniser davantage, explique-t-il.

Selon M. Benyoucef, le partage, l'écoute de l'autre et la compréhension de soi et de sa religion sont les principales leçons de ce mois sacré.

Le ramadan devrait se poursuivre jusqu'au 12 mai.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !