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Mars ne s'est pas asséchée d'un coup

La planète Mars.

Les nouvelles connaissances laissent à penser que le climat de Mars a fluctué plusieurs fois à grande échelle entre des conditions sèches et des environnements de lacs et de fleuves.

Photo : NASA

Radio-Canada

Des données recueillies par le robot Curiosity, qui se trouve à la base du mont Sharp au centre du cratère Gale, montrent que le climat de Mars à cet endroit a connu des alternances de périodes sèches et d'autres plus humides, avant de s'assécher complètement il y a environ 3 milliards d'années.

Image du mont Sharp née d'une combinaison de données provenant de trois orbiteurs autour de Mars.

Cette image du mont Sharp a été obtenue à la suite de la combinaison de données provenant de trois sondes en orbite autour de Mars. La vue est orientée vers le sud-est. Le cratère Gale a un diamètre de 154 kilomètres.

Photo : NASA/JPL-Caltech/ESA/DLR/FU Berlin/MSSS

Repères

  • Outre Curiosity (arrivé sur Mars en 2012), il y a quatre robots exploratoires sur la planète rouge : Sojourner (1997), Spirit et Opportunity (2004), ainsi que Perseverance, arrivé cette année.
  • Curiosity est un robot de 900 kg de la taille d'une petite voiture. Il a coûté 2,5 milliards de dollars américains.

Ce sont les observations recueillies à l’aide du télescope de l'instrument ChemCam (Chemistry and Camera complex) embarqué sur Curiosity qui ont permis d’analyser en détail les roches escarpées du mont Sharp, un relief de plusieurs kilomètres de hauteur.

Vue des buttes martiennes en contreforts du mont Sharp.

Vue des buttes martiennes en contreforts du mont Sharp montrant les terrains qui seront prochainement explorés par l'astromobile Curiosity, et les environnements anciens dans lesquels ils se sont formés, d’après les structures sédimentaires observées sur les images du télescope de ChemCam (mosaïques A et B).

Photo : NASA/JPL-Caltech/MSSS/CNES/CNRS/LANL/IRAP/IAS/LPGN

Le ChemCam est l'un des outils les plus importants et les plus visibles de Curiosity. Il trône en haut d'un mât fixé à l'avant du robot, lui donnant un petit air de cyclope.

Cet outil d'exploration peut effectuer des analyses des roches et des sols jusqu'à environ 9 mètres. Quand le laser de la ChemCam balaye le rocher, les chercheurs regardent si sa composition change, ce qui indique la présence d'éléments sous la surface.

Le robot Curiosity.

Le robot Curiosity

Photo : NASA

Jusqu'à aujourd’hui, les sondes en orbite autour de Mars avaient donné des indices de la composition minérale des flancs du mont Sharp, mais ChemCam a permis d'observer de près l'organisation de ses couches sédimentaires, révélant ainsi les conditions dans lesquelles elles se sont formées.

Ces couches changent radicalement sur l'épaisseur du relief exploré (quelques centaines de mètres).

Au-dessus des argiles lacustres formant la base du mont Sharp, de larges et hautes structures entrecroisées sont le signe de la migration de dunes façonnées par le vent, lors d'un long épisode climatique sec, notent les chercheurs dans un communiqué publié par l’équipe franco-américaine menée par William Rapin, chercheur à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie de France.

Plus haut, une fine architecture de couches alternativement friables et résistantes est typique de dépôts par une plaine d'inondation fluviale : c'est le retour de conditions plus humides.

Ces nouvelles connaissances laissent à penser que le climat de Mars a fluctué plusieurs fois à grande échelle entre des conditions sèches et des environnements de lacs et de fleuves, avant l'aridité générale que l'on connaît aujourd'hui.

Au cours de sa mission, Curiosity devrait gravir les contreforts du mont Sharp pour réaliser des forages dans ses différentes couches. Il pourra tester ce modèle, caractériser avec plus de détails les évolutions climatiques passées, et peut-être comprendre l'origine de ces fluctuations majeures.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Geology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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