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Travailleurs « trop curieux » : la mère des petites Carpentier réclame six enquêtes

Amélie Lemieux en entrevue devant une bibliothèque.

Amélie Lemieux réclame une enquête sur ceux qui ont consulté son dossier médical et ceux de ses filles. (Archives)

Photo : Radio-Canada

La mère des petites Norah et Romy Carpentier, assassinées par leur père l'été dernier à Saint-Apollinaire, demande à six ordres professionnels d’enquêter sur ceux qui ont consulté son dossier médical et ceux de ses filles.

Selon des documents consultés par Radio-Canada, 78 employés du CISSS de Chaudière-Appalaches, des professionnels de la santé et du personnel administratif, ont consulté les dossiers médicaux d’Amélie Lemieux et/ou de ses deux filles l’été dernier.

Certains l’ont fait sans justification en abusant de leur accès informatique, tel que révélé par Radio-Canada en septembre 2020.

Amélie Lemieux et ses filles, Norah et Romy Carpentier.

Amélie Lemieux et ses filles, Norah et Romy Carpentier

Photo : Photos fournies par la famille

Devant les difficultés à obtenir les réponses à toutes ses questions auprès du CISSS de Chaudière-Appalaches, l’avocat de la mère de famille a fait parvenir une lettre, vendredi matin, aux six ordres professionnels pour leur demander de faire la lumière sur les agissements de leurs membres faisant partie de la liste de 78 employés.

  • Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
  • Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec
  • Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec
  • Ordre des psychologues du Québec
  • Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec
  • Ordre des ergothérapeutes du Québec

Nous sommes d’avis que ces accès n’étaient pas tous légitimes, en ce sens qu’ils n’étaient pas tous autorisés par la loi, déclare Me Maxime Roy.

Me Maxime Roy, avocat d'Amélie Lemieux

Me Maxime Roy, avocat d'Amélie Lemieux

Photo : Radio-Canada

Pourquoi des filles qui sont recherchées, assassinées, on ressent le besoin d'aller vérifier leurs dossiers médicaux? C’est absolument inacceptable.

Une citation de :Me Maxime Roy, avocat d'Amélie Lemieux

Me Roy estime que ces gens-là doivent subir les conséquences de leurs actes à la hauteur de la faute qu’ils ont commise, précise-t-il en entrevue.

Pour moi, c’est un scandale, ajoute Maxime Roy. Je n’ose même pas imaginer comment elle [Amélie Lemieux] s'est sentie après avoir perdu ses filles, d'apprendre que des gens ont osé faire ce qu'ils ont fait.

Son visage et ceux de Martin Carpentier ainsi que ceux de leurs filles, Norah et Romy, sont devenus tristement célèbres en juillet 2020 avec le déclenchement d’une alerte Amber qui s’est finalement transformée en chasse à l’homme qui a duré une dizaine de jours à Saint-Apollinaire.

Qu'est-ce que les gens qui ont eu accès à ces informations confidentielles en ont déduit? Qu'est-ce qu'ils en ont fait? s’inquiète Maxime Roy. Imaginez-vous, vous êtes dans un petit milieu comme Lévis, qui sait quoi sur vous?

Les ordres professionnels concernés ont refusé de commenter dans un souci de confidentialité.

Un message de sensibilisation

Me Roy veut également lancer un message de sensibilisation aux travailleurs de la santé.

On ne peut pas aller s'informer sur les gens parce que c'est quelqu’un qui est populaire, qui est en politique ou parce qu’il qui fait l'actualité, explique-t-il.

Maxime Roy souhaite que la prochaine fois qu’un travailleur de la santé sera tenté d’aller consulter un dossier médical par curiosité réfléchisse aux conséquences de ses actions avant de cliquer.

Une fois que la lumière sera faite sur le volet déontologique, l’avocat n’exclut pas la possibilité d’intenter d’autres recours parce qu'accéder à des infos illégalement c'est aussi une infraction criminelle, conclut-il.

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