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Une manifestation en soutien au centre d’injection supervisée Prairie Harm Reduction

La façade du site d'injection Prairie Harm Reduction de Saskatoon.

Le site d'injection Prairie Harm Reduction de Saskatoon ne peut ouvrir que quelques heures par jour pour le moment, par manque de fonds.

Photo : Radio-Canada / Trevor A Bothorel

Radio-Canada

Une cinquantaine de personnes ont manifesté mercredi dans le quartier de Pleasant Hill à Saskatoon, en réaction à la décision du gouvernement de ne pas inclure une aide financière pour le site de consommation supervisée, Prairie Harm Reduction, dans le budget 2021-2022.

L’organisme cherchait à obtenir 1,4 million de dollars de financement provincial par an pour pouvoir fonctionner 24 h sur 24, 7 jours sur 7.

Le centre, ouvert depuis le mois d'octobre 2020, ne peut actuellement ouvrir que quelques heures par jour pour le moment, par manque de fonds.

Une décision qui est vue par la directrice de l’organisme communautaire Chokecherry, qui a organisé la manifestation, Andrea Cessna, comme un manquement aux obligations du gouvernement provincial envers les Saskatchewanais, alors qu’une crise des opioïdes fait rage dans la province.

L’organisme travaille avec de nombreux jeunes qui sont impliqués dans les stratégies de Prairie Harm Reduction, ou qui ont de la famille ou des amis qui sont aux prises avec des problèmes de dépendances, ou qui sont décédés des suites d’une surdose.

Nous voulons voir le gouvernement s’investir dans cette crise autant que les organismes communautaires qui réussissent à travailler malgré un budget plus que limité.

Une citation de :Andrea Cessna, directrice de l’organisme communautaire Chokecherry

Andrea Cessna souligne la frustration de la communauté de voir les mêmes fonds être alloués aux mêmes initiatives alors qu’elle considère que le gouvernement devrait être un leader en matière de problèmes de santé mentale et de dépendances.

Le gouvernement doit être tenu responsable du bien-être de la communauté, a indiqué Andrea Cessna. La manifestation avait donc pour but de montrer au gouvernement que la communauté de Saskatoon se sent impliquée dans la crise des opioïdes, et qu’elle ne s’arrêtera pas là.

En œuvrant pour sensibiliser à la prévention des surdoses dans la province et dans la Ville des Ponts, l’organisme Chokecherry va continuer à essayer de faire grandir la communauté autour du travail de Prairie Harm Reduction.

Que ce soit en écrivant des lettres de soutien, en invitant à faire des dons, ou en en appelant au gouvernement, en espérant qu’ils auront une réponse à donner à la jeunesse de Saskatoon, nous allons continuer ce travail.

Une citation de :Andrea Cessna, directrice de l’organisme communautaire Chokecherry

Un financement difficile

Le site, actuellement utilisé par environ 120 personnes chaque semaine, est uniquement financé grâce à la vente de vêtements créés par le centre, grâce aux dons, ou encore grâce à des partenariats communautaires.

Le site ne peut ouvrir que quelques heures par jour alors qu’il y a des besoins criants durant les fins de semaine et en soirée, selon le directeur général de l’organisme, Jason Mercredi.

Le ministre de la Santé mentale et des dépendances, Everett Hindley, affirmait lors du dépôt du budget que le gouvernement manquait d’argent pour soutenir ce type de site.

Mais M. Mercredi ne voit pourtant pas les choses de la même façon, vu que de l'argent est mis sur la table pour des centres de détention ou des campagnes de sensibilisation, donc l'argent n'est pas si limité.

Comment se fait-il qu’une pâtisserie comme Darkside Donuts en fasse plus pour financer le site d’injection que la province? C’est ahurissant comme situation.

Une citation de :Jason Mercredi, directeur général de Prairie Harm Reduction

De son côté, la Ville des Ponts a affirmé qu’elle ne versera pas d'argent, elle non plus, à l’organisme.

Son maire, Charlie Clark, souligne que, ce faisant, la Ville financerait alors des programmes qui relèvent assurément de la responsabilité du gouvernement provincial.

Cela établirait un mauvais précédent, considère M. Clark.

Pour les personnes concernées, cette décision du gouvernement provincial est encore plus alarmante au vu de la crise qui a atteint de nouveaux records de décès dans la province en 2020. Et la tendance n’est pas à la baisse cette année.

À Regina, où la crise des opioïdes est conséquente, les deux premiers mois de l’année ont vu, à eux seuls, 292 surdoses et 28 décès, selon le Service de police de la Ville.

Avec les informations de Gregory Wilson

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