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Vaccination : des entreprises de Québec dénoncent une trop grande bureaucratie

Une infirmière vaccine un homme.

Un homme est vacciné contre la COVID-19 par une infirmière le 1er mars 2021 au stade olympique, à Montréal.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Érik Chouinard

Le siège social de Desjardins, à Lévis, accueillera un premier pôle de vaccination en entreprise dans la région de Chaudière-Appalaches, mais pendant ce temps, sur la Rive-Nord, des entreprises tapent toujours du pied, trois semaines après que le gouvernement eut lancé un appel pour qu'elles contribuent à la campagne de vaccination.

Il y en a qui sont encore dans le processus d’accréditation, mais je pense que, bureaucratiquement parlant, c’est un peu lourd, se désole le président de la Corporation des parcs industriels de la région, Pierre Dolbec.

La composition des pôles de vaccination devait être annoncée lundi dernier, mais le ministre de la Santé, Christian Dubé, a plutôt divulgué jeudi le nom des 13 premières entreprises sélectionnées. Parmi celles-ci, aucune ne se trouve dans la capitale nationale. Pour le moment, le pôle le plus près de Québec est celui de Desjardins, à Lévis.

Pierre Dolbec ne cache pas sa déception, alors que la situation de la COVID-19 dans la grande région de Québec est particulièrement difficile, avec une hausse constante des nouveaux cas.

Je comprends que la santé publique, c’est complexe et qu’il faut faire attention, qu'on ne peut pas accréditer n’importe quoi ou faire n’importe quoi, mais je pense qu’il y a des situations où on se devrait d’être un peu plus proactif, déplore-t-il.

Pierre Dolbec en entrevue dans un parc industriel.

Le président de la Corporation des parcs industriels, Pierre Dolbec

Photo : Radio-Canada

Formulaire d’inscription

Les entreprises avaient jusqu’au 29 mars pour remplir le formulaire d’inscription. Plusieurs l’ont fait, dont le groupe Biscuits Leclerc, situé dans le parc industriel de Saint-Augustin-de-Desmaures. Le président de la Corporation des parcs industriels dit d’ailleurs être en communication avec l’entreprise et suit de près le dossier.

Du moment que l’autorisation va être donnée, la Corporation va soutenir Leclerc sur le plan de la logistique en s'assurant que les entreprises savent où aller, quoi faire et comment ça va fonctionner, indique Pierre Dolbec.

De son côté, Biscuits Leclerc confirme avoir reçu la visite des représentants du CIUSSS. L’évaluation du dossier serait toujours en cours.

L'usine de Biscuits Leclerc, à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Le groupe Biscuits Leclerc a manifesté son désir de participer à la campagne de vaccination le mois dernier.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

 Nous n’avons pas de confirmation que notre demande sera acceptée, mais nous sommes optimistes pour la suite des choses, précise la directrice des communications, Marie-Josée Massicotte.

Une entreprise voisine, Préverco, qui se spécialise dans la fabrication de planchers de bois franc, ne cache pas son impatience.

Pour son président, Jean-François Dufresne, le secteur manufacturier est prêt à participer à la campagne de vaccination sur la Rive-Nord.

 On veut faire partie de la solution, clame-t-il. Il faut accélérer le processus. Plus la vaccination progressera, plus on pourra espérer un retour à la normale. 

Avoir des unités mobiles en renfort

Pierre Dolbec espère aussi que le projet d’unité de soins mobiles du groupe Dorso pourra contribuer à la campagne de vaccination.

Avant l’arrivée de la pandémie, cette unité mobile se consacrait aux soins de base, comme la massothérapie et la chiropraxie, mais avec la COVID-19, la présidente, directrice et fondatrice du groupe Dorso, Pascale Drolet, y voit une occasion de contribuer à l’effort de guerre.

Pascale Drolet en manteau gris devant une roulotte rose.

La présidente, directrice et fondatrice du groupe Dorso, Pascale Drolet

Photo : Radio-Canada / Tanya Beaumont

L'unité mobile pourrait être un véhicule pour vacciner dans les parcs industriels. J’aimerais vraiment avoir la mission de desservir l’ensemble des parcs de la région en matière de vaccination pour accélérer le processus, affirme Pascale Drolet.

Dernièrement, elle a présenté son projet à la santé publique, mais elle attend toujours une réponse.

Selon la présidente du groupe Dorso, ce projet a l’avantage d’offrir plus de flexibilité dans un contexte économique difficile.

On peut se rendre à proximité des entreprises ou à l’intérieur de celles qui ont plus de pieds carrés. Elles n’auraient pas nécessairement à cesser leur production. L'objectif, c’est de garder l’économie en marche et de se rapprocher des gens pour leur rendre service, explique Pascale Drolet.

Les occasions ratées du printemps dernier

La lenteur du processus d'évaluation du CIUSSS rappelle ce qui s’est produit le printemps passé, lors de la première vague. Des entreprises avaient alors proposé de contribuer au dépistage. On attend toujours une réponse, même si on s’entend que, pour le dépistage, le dossier est clos, affirme Pascale Drolet.

Une unité mobile du groupe Dorso.

Pour l'instant, l'unité mobile du groupe Dorso est stationnée sur le terrain de l'entreprise Préverco, dans le parc industriel François-Leclerc, à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

Un an plus tard, le président de la Corporation des parcs industriels est déçu de constater que la façon de faire ne semble pas trop avoir évolué. On est dans une pandémie, on aurait dû retenir des leçons. On entre dans une troisième vague et j’ai l’impression que c’est le jour de la marmotte, plaide-t-il.

Le CIUSSS se défend

La directrice de la campagne de vaccination au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Patricia McKinnon, confirme être en discussion avec des entrepreneurs intéressés à prendre part à l'effort de vaccination.

Elle demande encore un peu de patience avant de pouvoir procéder au dévoilement de partenaires dans la région de Québec.

Pour assurer le succès de l'initiative, les entreprises doivent être bien encadrées à chaque étape du processus.

C'est un secteur d'activité qu'elles ne connaissent pas, donc il faut les accompagner. Normalement, dans les prochaines semaines, si ces entreprises désirent continuer, il y aura des partenariats annoncés, promet-elle.

Lors de son appel à la contribution, le gouvernement avait énoncé une série de critères auxquels les entreprises devaient se plier pour devenir des pôles de vaccination. Elles doivent notamment disposer d'un espace de 10 000 pieds carrés, d'un personnel de sécurité, d’un réseau wi-fi et d'un accès pour les personnes à mobilité réduite.

Québec vise à vacciner jusqu'à 25 000 personnes dans chacun des pôles en 10 à 15 semaines, à compter du mois de mai.

Avec les informations d’Olivier Lemieux

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