•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un vaccin contre un code postal, la nouvelle stratégie de vaccination de l’Ontario

Chargement de l’image

Les Ontariens de 50 ans et plus pourront se faire vacciner dans les zones chaudes, identifiées par code postal, dans 13 régions sanitaires.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

L’Ontario change de cap au sujet de la vaccination de sa population active dans la province. Dans le cadre de la deuxième phase de sa campagne vaccinale, la santé publique mise sur l’immunisation des personnes résidant dans des quartiers jugés à haut risque de transmission du coronavirus.

Il est possible pour les Ontariens de 50 ans et plus de prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre la COVID-19 en fonction de leur code postal, s'il est associé à un point chaud au sein de 13 circonscriptions sanitaires.

Ces résidents de Durham, Halton, Hamilton, Niagara, Ottawa, Peel, Simcoe-Muskoka, Sud-Ouest, Toronto, Waterloo, Wellington-Dufferin-Guelph, Windsor-Essex et York pourront recevoir leur dose dans un centre de vaccination de masse.

De nombreux bureaux de santé publique régionaux y permettaient jusqu’à présent la vaccination des personnes âgées de 60 ans et plus, indique la province.

Cliquez ici pour vérifier si votre code postal est en zone chaude sur mobile (Nouvelle fenêtre)

Des quartiers à haut risque de transmission

C’est une décision absolument bénéfique!, affirme la Dre Lise Bjerre, épidémiologiste et titulaire de la Chaire en médecine familiale de l’Université d’Ottawa et de l'Institut du Savoir Montfort. Le taux de positivité est le facteur qui mène le bal en ce moment.

Selon elle, il est tout à fait approprié de cibler les zones chaudes dans chaque région sanitaire afin de limiter la propagation du coronavirus. C’est toujours une bonne nouvelle quand la province permet à un autre segment de la population de se faire vacciner.

Dans la région de Toronto, selon les autorités sanitaires, ce changement aux critères d’admissibilité permettra à 265 518 résidents supplémentaires de prendre rendez-vous dans les cliniques de vaccination gérées par la Ville.

Chargement de l’image

Les Ontariens de 50 ans et plus, autorisés à recevoir une dose du vaccin dans certaines zones chaudes, doivent prendre rendez-vous dans un centre de vaccination de masse.

Photo : CBC/Evan Mitsui / Evan Mitsui

Nous devons concentrer nos efforts dans les zones chaudes où les vaccins sont nécessaires et le moyen le plus facile d’y parvenir passe par le code postal, fait valoir John Tory, maire de Toronto. Ce plan nous permettra d’apporter le vaccin dans 111 quartiers jugés à haut risque.

Dans la région de Peel, le bureau de santé publique compte vacciner les personnes de 50 ans et plus à compter de lundi dans les zones chaudes, puis réduira par tranche de cinq ans l’âge admissible chaque semaine.

Nous sommes à une étape critique avec l’augmentation des variants préoccupants, affirme le Dr Lawrence Loh, médecin hygiéniste de la région de Peel. Cependant, je garde espoir puisque la vaccination est là.

« Même s’il faudra du temps avant que la vaccination soit efficace, elle nous place en bonne position pour prévenir une quatrième vague. »

— Une citation de  Dr Lawrence Loh, médecin hygiéniste de la région de Peel

Cette priorisation de la vaccination dans les zones chaudes a longtemps été réclamée par de nombreux experts de la santé. Je pense que c’est un grand pas en avant, affirme Paul Bailey, directeur général du regroupement Black Health Alliance.

Chargement de l’image

Paul Bailey, directeur général du regroupement Black Health Alliance

Photo : CBC/Martin Trainor

Selon lui, cette nouvelle mesure permet de faire tomber certaines barrières sociales en matière de santé publique. Ces disparités n’existent pas en raison de la constitution génétique des gens qui habitent dans ces communautés, mais plutôt en raison du contexte dans lequel ils vivent, constate-t-il.

M. Bailey précise que plusieurs résidents sont des travailleurs essentiels à faible revenu qui demeurent souvent dans des logements inadéquats et propices à la transmission du coronavirus.

Des doses pour les 18 ans et plus

Dans les quartiers chauds de Toronto et de Peel, l’Ontario abaisse l’âge de la vaccination aux 18 ans et plus, mais à certaines conditions. Le déploiement des vaccins cible en priorité les milieux communautaires à risque, les immeubles résidentiels, les lieux de culte et les grands employeurs.

C’est important de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire les obstacles à la vaccination, en particulier dans ces communautés, mentionne le Dr Isaac Bogoch, infectiologue à l'Hôpital général de Toronto. Nous devons jeter l'eau là où le feu brûle le plus.

Chargement de l’image

Dr Isaac Bogoch, infectiologue à l'Hôpital général de Toronto

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Des équipes mobiles seront mises à contribution dans ces secteurs et des équipes éphémères travailleront en étroite collaboration avec les bureaux de santé publique régionaux et les organismes communautaires, précise la province.

« L'objectif est vraiment d’apporter le vaccin aux gens plutôt que d’emmener les gens au vaccin. »

— Une citation de  Dr Isaac Bogoch, infectiologue à l'Hôpital général de Toronto

Cette initiative sera par la suite étendue en fonction du degré de transmission du coronavirus aux autres zones chaudes, identifiées par la province, toujours selon le code postal.

Contrairement à la vaccination pour les personnes âgées de 50 ans et plus, la prise de rendez-vous ne se fera pas par le système provincial de réservation. Plus de détails seront fournis par les bureaux de santé publique locaux, note la province qui prévient que les doses disponibles seront toutefois limitées.

Dans l’est de Toronto, un secteur durement touché par la pandémie, le Centre de santé de Flemingdon a commencé à vacciner, mercredi, des centaines de résidents, dont certains de moins de 50 ans.

Chargement de l’image

Une opération de vaccination, le 8 avril, dans la cour d'une tour d'habitation de Thorncliffe Park

Photo : Photo offerte par East Toronto Health Partners

Nous avons imprimé des dépliants et les avons affichés dans le quartier, explique Jen Quinlan, directrice générale du Centre de santé de Flemingdon. Nous sommes allés sur les réseaux sociaux pour informer les résidents du coin qu'ils peuvent facilement accéder au vaccin.

À cet endroit, aucun rendez-vous n’est obligatoire. Toutefois, les personnes doivent présenter une preuve de résidence indiquant qu’elles habitent bel et bien dans un secteur jugé à risque.

« Il est essentiel de veiller à ce que les doses soient accessibles afin d’encourager les gens à se faire vacciner, particulièrement dans les zones les plus touchées par la pandémie. »

— Une citation de  Jen Quinlan, directrice générale du Centre de santé de Flemingdon

Ailleurs dans la province, certains bureaux de santé régionaux confient avoir été pris de court par l’annonce du gouvernement Ford. C’est le cas notamment du bureau de santé publique de Windsor-Essex dans le Sud-Ouest de la province.

Chargement de l’image

Le Bureau de santé publique de Windsor-comté d'Essex

Photo : CBC/Sanjay Maru

Les informations que nous avons reçues concernent uniquement les 50 ans et plus, mentionne sa directrice générale, Theresa Marentette, en précisant que l’approvisionnement en vaccins demeure le même tandis que les groupes admissibles s’élargissent au fil du temps.

« Nous n’avons pas suffisamment de vaccins à notre disposition pour immuniser davantage de personnes pour le moment. »

— Une citation de  Theresa Marentette, directrice générale du Bureau de santé publique de Windsor-comté d'Essex

Pour sa part, le Dr Dirk Huyer, coroner en chef de l'Ontario et coordonnateur provincial de l'intervention en cas d'éclosion, assure que la province travaille activement à l’élaboration du système d’approvisionnement des vaccins dans les zones chaudes.

Nous reconnaissons que cette approche communautaire prend plus de temps comparativement aux centres de vaccination de masse, dit-il, mais c’est un travail essentiel.

Pour une deuxième journée consécutive, l’Ontario a battu, jeudi, son record de personnes vaccinées avec 108 563 doses administrées en 24 heures. À ce jour, près de 326 400 Ontariens ont reçu les deux doses de vaccin nécessaires pour une immunisation complète.

Avec des informations de La Presse canadienne, de CBC News et de Myriam Eddahia

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !