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Guerre en Ukraine : Zelensky au front, Merkel réclame un retrait russe

Un militaire ukrainien à l'arrière dans la tranchée. On voit une arme à l'avant-plan.

Un militaire ukrainien marche dans une tranchée aménagée près de la ligne de front des combats avec les troupes séparatistes près de la ville de Zolote, dans la région de Lougansk, le 8 avril 2021.

Photo : Getty Images

Agence France-Presse

Le président ukrainien était jeudi sur le front du conflit où les heurts se multiplient avec les séparatistes prorusses, et il a reçu le soutien de Berlin qui a demandé au Kremlin de réduire sa présence militaire aux frontières de l'Ukraine.

La chancelière Angela Merkel a réclamé ce retrait de troupes au président russe Vladimir Poutine lors d'un entretien téléphonique. Une demande à laquelle Moscou n'a pas répondu.

Le chef de l'État ukrainien Volodymyr Zelensky a revêtu, lui, treillis militaire, gilet pare-balles et masque anti-COVID pour passer en revue des troupes dans les tranchées de la région de Lougansk, théâtre de récents affrontements, selon des images et un communiqué diffusés par la présidence ukrainienne.

Il y a une détérioration de la situation dans le Donbass, a déclaré M. Zelensky, déplorant que des tireurs d'élite tirent sur nos gars et assurant que l'armée ripostait à ces attaques.

C'est un honneur pour moi d'être là, a ajouté le dirigeant, qui a remis des médailles à des soldats et salué l'héroïsme de ceux qui protègent les frontières de l'Ukraine.

Volodymyr Zelensky parle en conférence de presse et lève la main.

Le chef de l'État ukrainien, Volodymyr Zelensky

Photo : Getty Images / SERGEY DOLZHENKO

Appui des Occidentaux

Kiev et les Occidentaux ont ces derniers jours critiqué Moscou pour avoir massé des troupes à la frontière ukrainienne et en Crimée, péninsule annexée par la Russie, alors que les incidents armés meurtriers avec les séparatistes prorusses sont quasi quotidiens.

Les États-Unis se sont ainsi dit jeudi de plus en plus préoccupés par la récente escalade des attaques russes dans l'est de l'Ukraine.

Ce sont des signaux extrêmement inquiétants, a affirmé la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

Jeudi encore, un militaire ukrainien a succombé à ses blessures, ce qui porte à 26 le nombre de soldats tués depuis le début de l'année, selon M. Zelensky. En 2020, l'Ukraine avait perdu 50 militaires sur la ligne de front, selon la présidence.

Angela Merkel fixe la caméra.

La chancelière allemande Angela Merkel

Photo : Getty Images / MARKUS SCHREIBER

Ces tensions ont été évoquées lors de l'entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Angela Merkel, dont le pays est, avec la France, coparrain du processus de paix dans la région.

Mme Merkel lui a demandé de réduire la présence militaire russe dans l'est de l'Ukraine pour permettre une désescalade, alors que Moscou affirme que ses mouvements de troupes n'ont rien de menaçant.

La position russe

D'après M. Poutine, c'est à l'inverse Kiev qui orchestre des provocations afin d'aggraver volontairement la situation sur le front.

Le représentant de Moscou dans les négociations de paix, Dmitri Kozak, a soutenu que la Russie pourrait avoir à défendre des séparatistes en cas d'opération militaire ukrainienne d'envergure et a évoqué la protection de la population locale à laquelle Moscou a distribué des passeports russes.

Il a en outre estimé que l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN sera le début de l'effondrement du pays, réagissant ainsi à la demande de Kiev d'accélérer son accession à l'organisation pour adresser un signal à Moscou.

Une éventuelle adhésion ukrainienne à l'Alliance atlantique est un chiffon rouge [une provocation] pour la Russie depuis de longues années.

Malgré ces tensions, M. Kozak a annoncé des pourparlers entre des conseillers politiques de Kiev, Moscou, Berlin et Paris le 19 avril.

Vladimir Poutine est assis à un bureau et tient une liasse de papiers dans ses mains.

Le président russe Vladimir Poutine

Photo : Reuters

Ces échanges verbaux musclés et la multiplication des affrontements cette année avec les séparatistes prorusses font suite à une période de trêve durant la deuxième moitié de 2020.

Le Pentagone a annoncé la semaine dernière que les forces américaines en Europe avaient relevé leur niveau d'alerte à la suite des récentes escalades d'attaques russes dans l'est de l'Ukraine. Le président Joe Biden a, lui, assuré M. Zelensky de son soutien indéfectible.

Un long conflit

La guerre dans le Donbass a commencé en avril 2014, dans la foulée d'une révolution prooccidentale en Ukraine qui avait aussi été suivie de l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Ce conflit a fait plus de 13 000 morts et près de 1,5 million de déplacés. L'intensité des combats a largement baissé après des accords de paix de Minsk conclus au début de 2015, mais le processus politique n'avance pas.

Pour l'Occident et Kiev, le soutien politique, militaire et financier de la Russie aux séparatistes est une évidence, malgré les dénégations répétées de Moscou.

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