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5000 absents COVID chez le personnel soignant au Québec

Après des semaines de baisse et d’accalmie, le nombre de travailleurs de la santé absents en raison de la COVID est de nouveau en hausse. Avec un retour du délestage dans certaines régions.

Une infirmière se penche sur un patient de la COVID-19 à l'hôpital.

Une infirmière se penche sur un patient de la COVID-19 à l'hôpital.

Photo : Getty Images / Mario Tama

Lorsqu’il s’est adressé aux Québécois à une heure de grande écoute, le 31 mars dernier, pour leur annoncer un resserrement des mesures sanitaires dans quelques régions, le premier ministre Legault avait une pensée pour le personnel soignant.

Pensons, entre autres, à nos enfants, on veut que nos enfants soient le plus de jours possible à l'école, puis pensons à nos infirmières puis à tout le personnel des hôpitaux, disait-il.

Or, selon les données obtenues auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le nombre de travailleurs de la santé absents en raison de la COVID est reparti à la hausse depuis la fin mars.

En début de semaine, le cap des 5000 absents avait été franchi après s’être stabilisé autour de 4600 les semaines précédentes.

Un sommet de près de 8000 absents avait été atteint le 11 janvier lors de la 2e vague.

On y retrouve les cas confirmés, ceux en processus de dépistage et les absences préventives.

La présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent (FIQ), Cindy Soucy, constate les premiers impacts de la 3e vague.

Je n’ai pas les derniers chiffres des absences COVID, mais c’est certain qu’on s’attend à ce que le nombre augmente, dit-elle. On est passé en quelques semaines d’une région enviée à une région à éviter [...] Disons qu’on le vit de manière plus intense que lors des deux autres vagues.

La présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent (FIQ), Cindy Soucy.

La présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent (FIQ), Cindy Soucy

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Mme Soucy constate également l’impact de la réaffectation d’une partie du personnel infirmier.

On a beaucoup de délestage pour faire fonctionner les soins COVID, affirme-t-elle. On a fermé des blocs opératoires et on a déplacé des infirmières vers d’autres centres d’activité liés à la COVID où elles ne sont pas toujours familières. Certaines avec des horaires de nuit, des horaires qui changent [...] il y a de l’épuisement, certaines quittent en pleurant.

Le Bas-Saint-Laurent est l’une des quatre régions de retour en zone rouge depuis le 1er avril, avec la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et l'Outaouais.

À Montréal aussi, on sent les effets de la hausse du nombre de cas dans la population. Faute de personnel, l'urgence de l’Hôpital Notre-Dame est fermée de 19 heures à 7 heures le matin.

Les infirmières qui restent sont brûlées et ont peur d’attraper les nouvelles souches de variant indique une source médicale qui a préféré demeurer confidentielle par peur de représailles.

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, brutalement frappé par la première et la deuxième vague, vit dans la crainte de la troisième vague.

Le syndicaliste se réjouit des travaux lancés.

Denis Cloutier, président de la FIQ-SPS ESTIM

Photo : Radio-Canada

Les infirmières ici ont surtout peur de la pression qui viendrait avec la hausse des cas liés aux variants, explique Denis Cloutier, président de la FIQ‑Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (FIQ-SPS ESTIM).

Dans son plus récent rapport, l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) met en garde contre une augmentation des hospitalisations au cours des deux à trois prochaines semaines.

À l'extérieur de la métropole, les places disponibles, particulièrement aux soins intensifs, pourraient venir à manquer. Selon les projections de l'INESSS, les capacités des hôpitaux pourraient être atteintes d'ici les trois prochaines semaines.

À l’automne, l’INSPQ estimait que les infirmières auxiliaires couraient 2 fois plus de risques d’être infectées que les autres travailleurs de la santé, comparativement à 1,2 fois plus chez les infirmières.

En début de semaine plus de 80 % des 325 000 travailleurs de la santé avaient été vaccinés au Québec.

Contexte de pénurie

L’envol de la 3e vague survient au moment où les efforts pour la vaccination nécessitent davantage de vaccinateurs.

Selon nos sources, tout est mis en place pour éviter le plus possible de réaffecter à ces tâches du personnel infirmier des hôpitaux.

L’an dernier, l’Ordre des infirmières et infirmiers (OIIQ) comptait plus de 73 000 infirmières au Québec, avec une hausse record en 20 ans de 2,2 % par rapport à 2019. Néanmoins, seulement 15,3 % du personnel infirmier au Québec travaille en soins critiques, tant aux urgences qu'aux soins intensifs.

En février, Radio-Canada dévoilait que le réseau de la santé cherchait à recruter un nombre inédit d’infirmières à l’étranger. Des séances de recrutement en Europe sont prévues jusqu’au mois de juin afin d'attirer au Québec au moins 1700 infirmières et plus de 200 préposés aux bénéficiaires. C'est cinq fois plus qu'il y a deux ans.

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