•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Budget en éducation : les questions et les inquiétudes de deux administrateurs scolaires

Des élèves en classe.

ll n’y aura pas moins d'élèves l'an prochain, dans deux ans ou dans trois ans, selon le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine.

Photo : iStock

Radio-Canada

Alain Laberge, de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), et Yvan Saint-Vincent, de la Division scolaire Rivière-Seine, réagissent au budget provincial déposé mercredi par le ministre des Finances et à son impact sur les écoles qu'ils gèrent.

Le budget provincial prévoit l'élimination de l’impôt foncier en éducation, associé à une augmentation du budget consacré à ce secteur.

Scott Fielding, le ministre des Finances, a aussi indiqué cette semaine que, sur les 1,2 milliard de dollars que la province allait consacrer à la lutte contre la COVID-19 dans le cadre de son budget 2021-2022, 160 millions seront investis en éducation pour soutenir les écoles.

L’abolition de la taxe scolaire se fera en deux ans. Selon les calculs de la province, elle entraînera une perte de revenus de 151 millions de dollars cette année.

Le directeur général de la DSFM, Alain Laberge, espère que les conseils scolaires et les écoles ne feront pas les frais de cette mesure.

Comment va-t-on aller récupérer cet argent-là ailleurs se demande-t-il. Il va habituellement dans les coffres des divisions scolaires.

Un homme au pied d'un escalier de pierre blanche.

Alain Laberge, directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine

Photo : Radio-Canada

Or, on n’aura pas moins d'élèves l'an prochain, dans deux ans ou dans trois ans, ajoute M. Laberge, qui se demande où la province ira chercher les fonds pour combler les centaines de millions de dollars manquants.

Cette incertitude l’inquiète. Parce qu'on a besoin du financement pour faire rouler nos écoles et qu'on n’a toujours pas le plan pour savoir comment on va remplacer cette taxe en éducation, sauf à penser que ce sera des coupures directes, dit-il.

Directeur général adjoint par intérim de la Division scolaire Rivière Seine, Yvan Saint-Vincent ne sait pas non plus ce que ça veut dire pour celle-ci.

Toutefois, l’impact de l’abolition de la taxe l’inquiète moins. L’argent va venir de quelque part d’autre, dit-il avec philosophie, mais on ne le sait pas en ce moment.

Il n'est pas inquiet non plus pour ce qui est du budget qui sera alloué à sa division scolaire pour l'an prochain et qui n’est pas encore connu.

Les divisions scolaires avaient jusqu’au 1er avril pour soumettre leurs prévisions budgétaires aux autorités provinciales.

Parlant du budget déposé mercredi, Yvan Saint-Vincent dit : Cela ne change rien pour nous autres, notre budget est pas mal fini. Les fonds vont être là et on planifie comme ça.

Inquiétudes pour la prochaine rentrée

Alain Laberge aimerait avoir au moins une assurance : Qu’on ne va pas couper dans les budgets scolaires pour au moins l'année prochaine..

Si on nous annonce demain qu’on perd 700 000 $, ajoute-t-il, je dois les trouver quelque part, je dois le proposer aux commissaires qui vont le proposer à la communauté : est-ce que vous êtes d'accord qu’on coupe à cet endroit-là, dans ces services-là? Les possibilités sont infinies, mais on ne veut pas toucher à la salle de classe et aux services qu’on donne.

Alain Laberge entrevoit la prochaine rentrée avec une certaine inquiétude, parce qu’il aimerait obtenir l’assurance qu'il disposera à temps des outils dont il a besoin pour planifier des ressources adéquates. Or, l'embauche d'enseignants francophones est devenue un véritable casse-tête en raison de la pénurie dans ce secteur.

Des élèves masqués sont assis à distance les uns des autres.

La DSFM se prépare à une rentrée scolaire toujours en mode pandémique pour septembre prochain.

Photo : iStock

À la DSFM, on se prépare à rentrer en code jaune au minimum, dit-il. Cela veut dire que la distanciation physique sera encore de mise et que l’enseignement au secondaire sera encore hybride.

Pour la DSFM, cela signifie un besoin de plus d'enseignants et d'auxiliaires. Tant qu’on n’a pas confirmé les budgets qui vont venir, ces coupures-là peut-être, on ne peut pas embaucher des gens, des enseignants francophones de surcroît, au mois d’août. Ça va être le désastre, et pour nous et pour les divisions scolaires qui offrent de l’immersion.

Yvan Saint-Vincent est plus serein face à cette échéance. Je suis pas mal sûr que, si on est encore en pandémie en septembre, le gouvernement va aider les écoles à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que tout le monde est en sécurité, conclut-il.

Avec des informations d'Abdoulaye Cissoko

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !