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Un village albertain offre des études postsecondaires gratuites

Une fontaine représente trois puits pétroliers devant lesquels se trouve le nom de Drayton Valley.

L'économie de Drayton Valley s'est fondée sur l'exploitation pétrolière, qui n'est aujourd'hui plus aussi profitable.

Photo : Radio-Canada / Kory Siegers

Comment attirer des jeunes dans les petites communautés? En offrant de payer les frais de scolarité de programmes d'études supérieures. C’est l’idée de la Municipalité de Drayton Valley, située à une heure et demie de route au sud-ouest d’Edmonton.

La vitalité de ce village d’un peu plus de 7000 habitants s’est effritée au fur et à mesure des récessions de son industrie principale : l’exploitation du pétrole et du gaz. En cinq ans, le taux de chômage a augmenté de 80 %.

Nous sommes fiers de notre histoire, mais les crises économiques et la pandémie nous ont montré que nous devons nous diversifier. Nous misons sur l’éducation, explique le conseiller municipal Amila Gammana.

Le conseil municipal s’est inspiré de l’initiative d’une ville de Nouvelle-Zélande appelée Invercargill, mais le modèle n’aurait jamais été appliqué au Canada, selon M. Gammana.

La municipalité finance un an de programme postsecondaire en échange d’un déménagement de l’étudiant à Drayton Valley.

Nous voulons enlever les barrières pour accéder aux études postsecondaires et attirer de nouveaux étudiants.

Une citation de :Amila Gammana, conseiller municipal

La Municipalité a sondé les entreprises et les élèves du secondaire pour adapter son offre aux besoins et aux envies de la communauté.

En janvier 2020, la gratuité des études a été offerte à 19 étudiants qui ont suivi le programme d’aide-soignant et d’administration des affaires du collège albertain NorQuest. Certains des bénéficiaires habitaient déjà en Alberta, mais l’offre a également attiré des étudiants d’autres provinces, selon le conseiller municipal.

Une nouvelle cohorte en septembre

La pandémie et le transfert des cours en ligne ont cependant forcé la Municipalité à repenser son concept. Les compressions du gouvernement provincial aux budgets des institutions postsecondaires ont également contraint NorQuest à retirer son offre de cours.

Drayton Valley reprendra cependant le modèle en septembre avec plus de programmes et d’autres institutions postsecondaires. Des partenariats ont déjà été établis avec l’Université de l’Alberta et le Northern Lakes College. Des discussions sont également en cours avec l'Institut des technologies du nord de l’Alberta et des collèges privés.

Amila Gammana espère qu’un diplôme en petite enfance pourra être ajouté. L’Université de l’Alberta pourrait également offrir un certificat en énergies renouvelables.

Les cours seront donnés à Drayton Valley, dans des locaux réservés à cette fin par la Municipalité.

Selon la conseillère municipale Nancy Dodds, l’objectif est aussi de doubler le nombre d’étudiants dans la cohorte.

Les mesures sanitaires détermineront si les cours se déroulent en ligne, en présentiel ou selon un modèle hybride.

Drayton Valley a mis de côté 250 000 $ pour son modèle et obtenu des bourses d’organismes comme le club Rotary. La Municipalité a aussi contacté le gouvernement provincial pour obtenir des subventions.

Un modèle pour d’autres villages?

L’initiative a attiré l’attention de la doyenne du département d’Éducation continue de l'Université de l'Alberta, Maria Mayan, qui mènera une recherche de deux ans sur le modèle.

Financée par le Centre des compétences futures à hauteur de 659 000 $, la recherche permettra d’évaluer les conséquences de la gratuité des études sur la vitalité de la communauté.

Mme Mayan souhaite également observer si cette initiative pourrait être reproduite dans d’autres villages canadiens et dans quelles conditions.

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