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La fracture au sein du caucus conservateur uni va perdurer

Jason Kenney baisse la tête et ferme les yeux.

Jason Kenney a réussi à unifier le Parti progressiste-conservateur et le Parti Wildrose en 2017.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

L’opposition publique de 17 députés conservateurs unis contre les mesures de santé publique annoncées mardi en Alberta est le reflet d’une fracture profonde au sein du Parti conservateur uni (PCU), selon des experts. Une fracture qui ne guérira pas facilement, même après la pandémie, croient-ils.

Ces 17 dissidents, le quart du caucus conservateur uni, sont tous des députés ruraux. La plupart sont issus de l’aile Wildrose du parti, beaucoup plus à droite que l’aile progressiste-conservatrice.

Le politologue à l’Université Mount Royal Duane Bratt y voit une fracture non seulement géographique, mais idéologique. Plus vous êtes à droite, moins vous acceptez les mesures de santé publique, note-t-il.

Les sondages indiquent qu’une majorité d’Albertains appuient ces restrictions ou veut qu'elles soient intensifiées. Seule une minorité s’y oppose, mais il se trouve qu’elle est au sein du Parti conservateur uni , poursuit Duane Bratt.

Selon Adam Waterman, le président conservateur uni de l’association de circonscription rurale Vermilion-Lloydminster-Wainwright, la pandémie a déstabilisé le mariage de raison entre le Parti Wildrose et le Parti progressiste-conservateur avant qu’il ne se soit solidifié.

Nous sommes un jeune parti, nous avons à peine [quatre] ans. Nos divisions ne se sont pas effacées du jour au lendemain.

Une citation de :Adam Waterman, président, Association de circonscription du PCU, Vermilion-Lloydminster-Wainwright

Lorsqu’on compare l’expérience de la COVID-19 en milieu rural avec celle en milieu urbain, cela accentue ces divisions, mais je ne crois pas qu’elles soient permanentes, croit le député qui fait partie des dissidents.

Des conséquences à long terme

Jeudi, Jason Kenney n’a pas voulu dire s'il croit que fracture aura des conséquences. Je crois que nous aurons l'occasion de relancer après le 1er juillet la vie normale des gens et la vie politique de la province, a-t-il plutôt affirmé en réponse à une question sur les dissensions au sein de son caucus.

Il met toutefois ces 17 dissidents en garde : il n’hésitera pas à les expulser s’ils violent les mesures de santé publique ou encouragent la population à le faire. Toutefois, il envisage aussi de régionaliser le déconfinement, un signe d’ouverture envers ces députés dissidents.

Le politologue de l’Université Mount Royal Duane Bratt croit toutefois que cette division n'est pas près de disparaître.

Il est évident que l’enjeu numéro un de l’élection provinciale de 2023 sera la gestion de la pandémie.

Une citation de :Duane Bratt, politologue, Université Mount Royal, Calgary

Duane Bratt estime que Jason Kenney ne peut pas punir ces dissidents, car, alors le quart de son caucus pourrait claquer la porte du parti. Il n’a donc pas d’autre choix que de miser sur la campagne de vaccination en Alberta, afin d’éviter d’avoir à imposer une quatrième ronde de restrictions.

Je crois que cette division sera plus facile à gérer une fois que la pandémie sera terminée, mais le défi va quand même demeurer jusqu'aux prochaines élections, estime pour sa part Lori Williams, elle aussi politologue à l'Université Mount Royal de Calgary.

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