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Mort de Brandon Pineault : la coroner formule ses recommandations

Cour d'école en hiver avec des enfants qui jouent.

Des élèves dans une cour d'école primaire, en hiver (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La coroner qui s’est penchée sur la mort de Brandon Pineault, cet enfant de cinq ans happé par une camionnette à Amqui le 18 septembre 2020, recommande notamment au Centre de services scolaire (CSS) des Monts-et-Marées de revoir et d’uniformiser ses pratiques liées aux services de garde ainsi qu’au départ des enfants.

Me Karine Spénard a rendu public son rapport jeudi relativement à la mort accidentelle du garçon. La coroner y rappelle notamment que, ce jour-là, la jeune victime et son frère sont rentrés de l’École Sainte-Ursule, qu’ils fréquentaient tous les deux, en autobus scolaire. Aucune indication en ce sens n’avait été formulée aux responsables de l’établissement par les parents, qui les croyaient au service de garde.

L’enseignante de Brandon est intervenue lorsque le garçon s’est placé dans la ligne des élèves utilisant le service de transport scolaire; celui-ci a fait valoir qu'il avait reçu cette directive. L’enseignante a voulu valider avec la responsable du service du garde, qui ne détenait pas non plus d’information en ce sens.

Les deux dames ont donc décidé d’attendre que son frère arrive pour voir s’il avait le même discours, ou encore si son enseignante avait reçu un message des parents. Lorsqu’il est arrivé, il a affirmé qu’il s’en allait à la maison en autobus et que sa mère lui avait dit. Les deux enfants étant très convaincants, les deux employées les ont laissé quitter en autobus, peut-on lire dans le rapport.

Autobus scolaire avec réflexion dans le miroir.

Un autobus scolaire (archives)

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Personne n’était à la maison pour accueillir les deux enfants à leur arrivée. Un véhicule était présent dans l'entrée de la maison, mais la porte de la résidence familiale était verrouillée.

Brandon Pineault a été happé vers 16 h 15 par une camionnette qui circulait sur la route 132 alors que son frère et lui avaient entrepris d’aller rejoindre leurs parents à pied à leur lieu de travail, situé non loin de leur domicile.

Le conducteur a repéré son frère aux abords du chemin, mais n’a aperçu la victime qu’à la dernière minute alors qu’elle traversait en courant. L’automobiliste n’a pu éviter l’impact. Aucun élément recueilli au cours de l’enquête policière n’a permis de penser que le conducteur aurait pu avoir les facultés affaiblies au moment de l’événement ni qu’il utilisait un téléphone cellulaire, peut-on lire dans le rapport.

Le garçon est mort deux jours plus tard à l’hôpital Sainte-Justine des suites de ses blessures.

Des recommandations

Me Karine Spénard rappelle, dans son rapport, qu’un document d’information produit par le CSS des Monts-et-Marées confirme que les parents doivent aviser d’un changement à l’horaire prévu, que les enfants quittent l'école en autobus ou à pied. Ce document dictait que les employés du service de garde ne pouvaient prendre la simple déclaration des enfants.

Un enfant lève le doigt dans une salle de classe.

Une salle de classe (archives)

Photo : Reuters / Stephane Mahe

La coroner constate donc qu’il y a eu un écart entre les directives écrites données par le Centre de services scolaire aux employés relativement au départ des enfants de l’école et ce qui s’est produit le jour du drame. Elle recommande ainsi que toutes les informations relatives au départ des élèves soient centralisées et consignées à un seul endroit accessible tant aux enseignants qu’aux employés du service de garde.

Me Spénard invite aussi le CSS à uniformiser ses pratiques à l’ensemble de ses écoles. La coroner suggère également de faire un rappel aux employés des directives en place et de revoir le mécanisme de communication entre les employés d’une même école afin d’uniformiser l’information disponible au sujet d’un enfant.

Le CSS réagit au rapport

Le CSS a réagi au rapport de la coroner Spénard jeudi en soirée. Son directeur général, Alexandre Marion, a tenu d'emblée à exprimer ses plus sincères condoléances à la famille éprouvée.

C'est une situation qui est épouvantable. Il n'y a rien de pire dans une communauté, de surcroît en contexte scolaire.

Une citation de :Alexandre Marion, directeur général du Centre de services scolaire des Monts-et-Marées.

Le gestionnaire a pris connaissance du rapport, qu'il reçoit favorablement. Je pense que l'analyse qui a été faite est juste. On n'est pas surpris de ce qui a dans ce rapport-là, mentionne-t-il, précisant que le CSS a contribué au processus d'enquête afin de faire la lumière sur les tragiques événements.

C'est sûr que l'on peut toujours améliorer les choses. La fin de journée, c'est un moment charnière, explique M. Marion, qui ajoute que tous les intervenants concernés par la question ont depuis été proactifs. Le document vient ainsi en quelque sorte conforter le CSS dans les démarches déjà entamées.

Le directeur général, qui espère que les tragiques événements et les recommandations formulées pourront éviter que d'autres drames similaires surviennent au Québec, précise que la proximité et les bonnes intentions peuvent parfois miner le niveau de sécurité des enfants.

Les [employé des] services de garde, ce sont des gens qui travaillent avec les mêmes enfants et les mêmes familles pendant des années. Il finit par s'installer des accommodements. [...] Ces accommodements, quand on les additionne, finissent par baisser le niveau de sécurité qu'on est en mesure de garantir.

Plusieurs améliorations apportées depuis

Le document rédigé par Me Spénard confirme par ailleurs que plusieurs améliorations ont été apportées à l’École Sainte-Ursule, à Amqui, depuis la mort du petit Brandon. Des affiches ont ainsi été apposées au mur avec des photos et une technicienne du service de garde y indique quotidiennement si les enfants quittent l’école à pied, en autobus ou s’ils se rendent au service de garde, cite-t-on en exemple dans le rapport de la coroner.

Depuis janvier 2021, les messages vocaux laissés par les parents ne sont d'ailleurs plus acceptés; ceux-ci doivent désormais discuter avant 11 h 30 avec un employé afin de modifier l’horaire prévu.

Par ailleurs, le CSS examine actuellement les possibilités afin que moins de flexibilité soit offerte aux parents, ce qui contribuerait, selon sa direction, à garantir une plus grande sécurité à la sortie de l'école. Est-ce que la solution, c'est d'empêcher un enfant qui est par exemple au service de garde d'utiliser à tout jamais le service de transport? Peut-être que la sécurité absolue passe par là, mais il y a beaucoup d'options à évaluer, précise néanmoins M. Marion.

Un texte de Roxanne Langlois

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