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Chronique

Pour une police clémente

Le logo police sur une voiture.

Dans différentes villes à travers le monde, des questions se posent sur le travail des policiers.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Je suis avec grand intérêt le procès de Derek Chauvin, accusé d’avoir causé la mort de George Floyd, lors d’une intervention au Minnesota, aux États-Unis, en mai 2020.

Je le fais parce qu’à Edmonton, comme dans d’autres villes à travers le monde, des questions se posent sur le travail des policiers.

Je le fais aussi parce que des rencontres avec des policiers émergent dans mes souvenirs, certains avec un sentiment de reconnaissance, d’autres avec une profonde inquiétude.

Une des plus récentes s’est produite à la sortie d’un stationnement alors que j’attendais un feu vert pour repartir.

Un policier a surgi à l’extérieur de ma portière. Comme d’habitude, la question : Qu’est-ce que j’ai encore fait? a surgi dans ma tête.

L’agent m’a dit que l’enregistrement de mon véhicule n’avait pas encore été renouvelé. Il est reparti et je suis resté là à attendre la contravention.

Quelques instants plus tard, un klaxon derrière moi m’a fait sursauter. Faute d’en comprendre la signification, je suis ressorti de mon véhicule, tremblant de tout mon corps. 

Le policier m’a dit que le feu était vert et qu’il fallait partir. J’ai par la suite compris qu’au lieu de me donner une contravention, il m'envoyait seulement mettre mes papiers en ordre.

Je n’en revenais pas : l’image ternie des forces policières en vient souvent à faire oublier qu’elles savent aussi faire preuve de clémence.

La police qui pardonne, disait une publicité de l’assureur Belair que je voyais souvent au Québec au début des années 2000.

Cette publicité joue sur l'ambiguïté du mot police, mais elle me séduit alors qu’ici et là, des voix réclament une réforme des forces de l’ordre, et même leur démantèlement.

Les témoignages que j’ai suivis au procès de l’agent Derek Chauvin au Minnesota m’ont parfois déchiré le cœur et le rêve d’une révolution des pratiques policières n’en a été que renforcé.

George Floyd, assis dans sa voiture, est tiré par les bras de policiers.

Des images tournées par les caméras d'intervention des policiers ont été montrées aux jurés.

Photo : Associated Press

Je me demande parfois ce que les agents de l’ordre se disent dans leur tête, après s’être débarrassés de leur tenue pour retrouver leurs proches, leurs amis et la société civile.

J’ai récemment abordé la question avec un policier. 

Il m'a expliqué qu’en dehors de la tenue de fonction, il lui est arrivé d’être traité sans ménagement par des pairs... Jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’il était l’un des leurs.

Appliquer la loi, mettre de l’ordre : c’est ce que j’ai souvent entendu au sujet du rôle de la police. 

Mon père aime aussi me raconter qu’il fut un temps, dans sa jeunesse, où rencontrer un agent ne faisait pas trembler, mais incitait à dire : Je suis sauvé.

Une police qui sauve, une police qui rassure, une police qui humanise, c’est encore possible, même dans des situations délicates, je le crois.

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