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Les arrestations à la frontière sud des États-Unis au plus haut en 15 ans

Un adulte serre dans ses bras un jeune garçon.

Parmi les 172 000 personnes appréhendées à la frontière se trouvent toujours plus de mineurs isolés, dont le nombre a doublé pour s'établir à 18 890, selon les données des services des douanes et des gardes-frontières (CPB).

Photo : Reuters / GO NAKAMURA

Radio-Canada

Les arrestations de migrants à la frontière des États-Unis avec le Mexique ont atteint en mars un niveau inédit depuis quinze ans, selon des statistiques publiées jeudi qui accentuent la pression sur le président Joe Biden, accusé par l'opposition de minimiser la crise.

Au total, les services des douanes et des gardes-frontières (CPB) des États-Unis ont appréhendé plus de 172 000 personnes qui tentaient de franchir la frontière entre les États-Unis et le Mexique en mars, soit une augmentation de 71 % par rapport à février. Ce chiffre inclut les personnes qui traversent la frontière à plusieurs reprises.

Les niveaux de flux posent un défi pour les services de douanes. Mais ce sont souvent les mêmes personnes qui reviennent, a déclaré un responsable de l'administration.

Un ordre de santé publique mis en place sous l'administration Trump, qui permet aux autorités frontalières de refouler rapidement les migrants appréhendés à la frontière sud des États-Unis, a contribué à l'augmentation du nombre de récidivistes, puisque les personnes qui tentent de revenir n'encourent que peu de conséquences.

Parmi elles se trouvent toujours plus de mineurs isolés, dont le nombre a doublé pour s'établir à 18 890, soit près du double du mois de février, selon les données des services des douanes.

La hausse la plus importante concerne toutefois les migrants arrivés en famille, passés d'environ 20 000 en février à 53 823 en mars.

Des familles dans une embarcation de fortune.

Des familles de migrants demandeurs d'asile montent sur un radeau gonflable pour traverser le fleuve Rio Grande vers les États-Unis depuis le Mexique à Roma au Texas, le 7 avril 2021.

Photo : Reuters / GO NAKAMURA

Les défis de l’administration Biden

Ces flux, qui avaient commencé à augmenter à la fin 2020, mais ont clairement bondi depuis l'arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden, posent un défi considérable à l'administration démocrate, qui s'est engagée à ne pas refouler les mineurs non accompagnés.

L'opposition républicaine accuse notamment le président d'avoir causé un appel d'air en assouplissant les politiques migratoires de son prédécesseur Donald Trump. Il a créé un tsunami humain en puissance, a ainsi récemment tancé le sénateur Lindsey Graham.

À la date du 6 avril, plus de 20 000 d'entre eux se trouvaient dans des structures d'accueil gouvernementales, dont certaines peu adaptées à la prise en charge d'enfants parfois très jeunes.

Joe Biden.

Le président américain, Joe Biden, a été confronté à des questions sur la pandémie, l'immigration, les relations avec la Chine et la Corée du Nord au cours de sa première conférence de presse, le 25 mars 2021.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Lors de la première conférence de presse de Joe Biden, le 25 mars, le démocrate a défendu son approche. Je ne vais pas m'excuser d'avoir aboli des politiques qui violaient le droit international et la dignité humaine, a-t-il lancé, tout en relativisant la hausse des arrivées.

Chaque année, il y a une augmentation importante des arrivées à la frontière l'hiver, parce que les migrants ont moins de chances de mourir de chaud dans le désert, a-t-il déclaré à cette occasion.

Dans un communiqué jeudi, les gardes-frontières ont tenu un discours comparable. Nous faisons face à une augmentation des arrivées et des arrestations, ce n'est pas nouveau, a écrit Troy Miller qui dirige actuellement ces services. Les arrivées ont commencé à augmenter en avril 2020 et nos expériences passées nous ont préparés aux défis de cette année.

Refoulés à la frontière

Les responsables de l'administration ont affirmé que la majorité de ces personnes ont été rapidement refoulées en vertu de règles adoptées pour empêcher la propagation de la COVID-19, soit près de 104 000 migrants.

En théorie, tous les adultes et toutes les familles sont renvoyés de l'autre côté de la frontière, mais les autorités mexicaines n'acceptent pas de reprendre toutes les familles, notamment celles ayant des enfants de moins de six ans.

La moitié de ces migrants sont originaires d'Amérique centrale, notamment du Guatemala, du Honduras et du Salvador, d'où ils fuient la pauvreté et la violence des gangs de narcotrafiquants. Plus de 62 000 sont Mexicains, d'après les statistiques des CPB.

Le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas doit se rendre jeudi à la frontière sud pour une visite qui restera fermée à la presse.

Dans ce contexte, le gouverneur du Texas Greg Abbott a réclamé mercredi la fermeture d'un centre d'accueil pour jeunes migrants situé à San Antonio, après avoir reçu des informations selon lui crédibles d'abus commis dans cette structure.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et CBC

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