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Les jouets sexuels ont la cote, mais attendent toujours d'être réglementés


Une femme sourit sur l'emballage d'un gadget sexuel.

Le marché mondial des jouets sexuels pourraient presque doubler en six ans.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

De plus en plus de Canadiens se laissent tenter par des jouets sexuels. Depuis un an, leur vente a explosé. Un secteur qui n'est pourtant pas réglementé.

La boutique Little Shop of Pleasures, à Calgary, connaît une explosion de ses ventes et ne souffre pas de la crise entourant la pandémie de COVID-19, bien au contraire.

Nos chiffres sont meilleurs que l'année dernière, surtout sur notre site Internet, qui enregistre plus de 300 % d'augmentation des ventes, explique Cheri Nelson, la gérante du magasin.

Les gens sont à la maison. Il n'y a rien de mieux que d'avoir des jouets sexuels dans ces conditions, dit-elle, ajoutant qu'elle constate que, cette année, les clients dépensent plus à chaque visite.

Des effets encore méconnus

À Little Shop of Pleasures, tous les produits sont assurés d’être 100 % en silicone ou sans phtalate.

Les phtalates, un groupe de substances chimiques, sont utilisés pour assouplir les plastiques. On les retrouve dans les produits de beauté, les emballages alimentaires ou les jouets. 

En trop grande quantité, il n’est pas exclu que certains types de phtalates puissent être dangereux pour l'équilibre hormonal, la fertilité et l'environnement. 

Des emballages de jouets sexuels dans une boutique de Calgary.

Selon une étude de 2017 des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, les effets sur la santé humaine d'une exposition à de faibles niveaux de phtalates sont encore inconnus. 

Lors de tests, certains types de phtalates ont modifié le système reproducteur des animaux de laboratoire, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les effets sur la santé humaine.

Selon Santé Canada, les phtalates ne présentent aucun risque pour la santé ni pour l'environnement au niveau d'exposition actuel, sauf le DEHP qui a été jugé toxique pour la santé et pour l’environnement. 

Depuis 1994, l’utilisation des phtalates est réglementée au Canada dans le vinyle servant aux jouets pour enfants. Ce n’est pas le cas des jouets sexuels.

Un secteur sans régulation

Je ne vends que des produits que j’utiliserais moi-même, assure Cheri Nelson, dans le secteur depuis 12 ans.

Mme Nelson conseille à ses clients d'être vigilants, surtout lorsqu'ils achètent sur des sites Internet étrangers.

Si le produit sent mauvais une fois sorti de la boîte, ne l’utilisez pas. Si vous avez un doute, utilisez le jouet sexuel recouvert d'un préservatif, explique-t-elle.

Cheir Nelson dans son magasin Little Shop of Pleasures à Calgary.

Cheri Nelson pousse sa clientèle à la plus grande vigilance lorsqu'elle fait des achats sur des sites Internet étrangers.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Santé Canada confirme par courriel qu'aucune exigence particulière ne s'applique à ce secteur.

Les fabricants, les importateurs et les distributeurs de produits de consommation doivent s'assurer que leurs produits sont sûrs, qu'ils sont conformes à toutes les exigences obligatoires et qu'ils ne présentent aucun danger pour la santé ou la sécurité humaine, dit Santé Canada.

Bons réflexes

Les consommateurs, eux, sont invités à consulter les étiquettes des produits et à bannir ceux qui n'indiquent pas l'absence de phtalates.

Pour éviter les infections, il est important de stériliser correctement les jouets sexuels et de les laver avant et après chaque utilisation avec un savon sans parfum.

Un emballage de jouet sexuel.

De plus en plus de fabricants mentionnent l'absence de phtalate sur l'emballage des produits.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

L'industrie aimerait voir apparaître des règles plus claires et plus strictes. Une réglementation plus importante nous aiderait, estime Nigel Da Costa, cofondateur de la boutique en ligne Naughty North

Cela montrerait aux clients que les produits vendus sont sans danger. Le secteur en profiterait, et les consommateurs aussi, juge-t-il.

Un encadrement plus important rassurerait aussi Cheri Nelson. Ce serait bien d'avoir un organisme responsable qui nous assure que les produits offerts au Canada sont sans phtalates, mais je me demande comment mettre une réglementation en place dans un marché qui voit des nouveautés apparaître sans arrêt et avec une majorité de produits fabriqués en Chine, dit-elle.

Une norme en chantier

Une réglementation canadienne pourrait néanmoins voir le jour. L'Organisation internationale de normalisation travaille actuellement sur l'élaboration d'une norme de sécurité internationale.

Elle devrait voir le jour en 2022. Santé Canada pourrait en tenir compte afin d’adapter ses directives.

Selon la firme Research and Markets, le marché international des jouets sexuels était évalué à près de 30 milliards de dollars américains en 2019 et devrait atteindre 53 milliards d'ici 2026.

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