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Le Black Girl Hockey Club : un rare espace pour les femmes de couleur dans le hockey

Des autocollants à l'effigie du Black Girl Hockey Club.

Le Black Girl Hockey Club a vu le jour en 2018.

Photo : Twitter/Black Girl Hockey Club

Dans le monde traditionnel du hockey, le Black Girl Hockey Club (BGHC) détonne. Cet organisme à but non lucratif offre un espace unique aux femmes de couleur tant sur la glace que dans les gradins. Il veut faire tomber les barrières et les préjugés.

Renee Hess, qui habite en Californie, a créé l'organisme en 2018 dans le simple espoir de trouver d'autres femmes noires avec lesquelles elle pourrait se rassembler pour assister à des matchs, apprendre davantage sur le sport et l'histoire des Noirs au hockey.

Sa quête l'a menée plus loin qu'elle ne l'aurait imaginée.

Aujourd'hui, l'organisme ne connaît plus de frontières grâce aux réseaux sociaux. Il comprend des centaines de membres en Amérique du Nord et ailleurs. Le BGHC distribue aussi des milliers de dollars en bourses pour encourager des jeunes filles à jouer au hockey. Son influence s'étend également à quelques équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui se sont engagées pour lutter contre le racisme grâce à elle, dont les Maple Leafs de Toronto.

Une communauté unique en son genre

Shireen Ahmed arbore un chandail des Canadiens de Montréal.

Shireen Ahmed est une partisane des Canadiens de Montréal depuis sa tendre enfance.

Photo : Photo offerte par Shireen Ahmed

La Torontoise Shireen Ahmed a fait la connaissance de Renee Hess sur Twitter il y a trois ans. À ce jour, elles ne se sont pas encore rencontrées en personne, notamment en raison de la pandémie, mais l'impact du BGHC sur la principale intéressée n'en est pas moins important. Elle a trouvé une communauté.

J'ai réalisé que je n'étais pas toute seule, confie-t-elle.

Née à Halifax d'une mère pakistanaise qui a immigré au Canada, Shireen Ahmed est une partisane des Canadiens de Montréal depuis la première heure. Elle doit sa passion à sa mère qui vouait un amour inconditionnel aux Glorieux et à Guy Lafleur, son joueur préféré. Néanmoins, elle dit qu'elle ne s'est jamais sentie pleinement incluse dans le monde du hockey.

J'ai grandi avec le Canadien, mais quand j'ai des conversations avec des partisans, c'est toujours : "Oh, qu'est-ce que tu fais ici?" Ou des commentaires du genre : "Oh, c'est très bon que tu sois ici". C'est comme si je suis une exception, que je ne suis pas normale. Pourquoi? Parce que quand les gens pensent au hockey, ils ne pensent pas à des femmes racialisées, raconte celle qui vit à Toronto depuis 25 ans.

Quand j'ai parlé à Renee la première fois, j'ai su qu'il y avait une place pour moi avec le Black Girl Hockey Club. Je ne suis pas noire. Je suis originaire du sud de l'Asie, du Pakistan, mais on m'a fait une place parce qu'en fait, c'est ouvert à tous, poursuit-elle.

Renee (Hess) a réussi à créer un espace où je n'ai plus à expliquer pourquoi j'aime le hockey.

Une citation de :Shireen Ahmed

Au cœur de la lutte contre le racisme

Renee Hess affiche un large sourire. Derrière elle se trouve un chandail de Jarome Iginla avec les Penguins de Pittsburgh, son équipe préférée.

Renee Hess est la fondatrice du Black Girl Hockey Club.

Photo : Twitter/Black Girl Hockey Club

En mai 2020, la mort de George Floyd sous le genou d'un policier à Minneapolis, au Minnesota, a agi comme catalyseur d'un important mouvement de lutte contre le racisme, et le Black Girl Hockey Club s'est beaucoup impliqué dans cette cause.

L'organisme a notamment lancé la campagne Get Uncomfortable afin d'encourager les acteurs du monde du hockey à s'engager pour mettre fin au racisme sur et hors de la glace et rendre le sport plus accueillant. À ce jour, quatre équipes de la LNH se sont engagées avec le BGHC, soit les Maple Leafs, le Kraken de Seattle (qui fera son entrée officielle dans la LNH en 2021-22), les Capitals de Washington et les Penguins de Pittsburgh.

Dans la foulée de leur engagement, les Leafs ont d'ailleurs nommé Justin Bobb et l'ancien joueur Mark Fraser dans des rôles veillant à l'équité, la diversité et l'inclusion au sein de l'équipe.

Qui plus est, des 5025 personnes qui ont rejoint la campagne de l'organisme, 14,2 % sont des partisans des Maple Leafs, la plus importante proportion parmi les équipes de la LNH (avec Seattle).

Il y a beaucoup de responsabilités qui reposent sur les athlètes, les entraîneurs et tout ça, mais le partisan a beaucoup de pouvoir ici. Il a beaucoup de responsabilités. Il peut mener la culture à quelque chose de plus positif. Renee a vu cette chance et le BGHC a donné une voix aux partisans, une place dans la culture du hockey. Ça, on ne l’a jamais vraiment vu avant, souligne Shireen Ahmed.

Ce n'est pas seulement un club, c'est vraiment devenu un mouvement!

Une citation de :Shireen Ahmed

L'importance de parler aux jeunes

Saroya Tinker arbore un chandail à l'effigie du Black Girl Hockey Club.

Saroya Tinker s'est joint au Black Girl Hockey Club pour offrir du mentorat.

Photo : Twitter/Black Girl Hockey Club

Afin de permettre à plus de jeunes filles de jouer au hockey, le Black Girl Hockey Club s'est aussi engagé auprès d'associations et d'organisations sportives locales par le biais de bourses qu'il distribue trois fois par année. L'organisme offre aussi du mentorat.

Saroya Tinker, d'Oshawa, est responsable du programme de mentorat. C'est sa mère qui a trouvé l'organisme en ligne. Elle cherchait des clubs ou des organismes qui appuient les femmes de couleur dans le hockey parce que nous sommes rares, dit-elle.

Je n'ai jamais eu d'idole noire provenant du hockey en grandissant, encore moins une femme noire. Dans ce sens, je pense que c'est très important de donner à ces jeunes filles cet esprit de communauté et ces possibilités de réseautage.

Une citation de :Saroya Tinker

L'Ontarienne de 23 ans joue pour les Metropolitan Riveters dans la Ligue nationale de hockey féminin (NWHL). Elle estime qu'elle poursuit sa carrière pour montrer aux jeunes filles de couleur que tout est possible.

Ce n'est plus une question de ce dont j'ai envie ou d'atteindre mon meilleur niveau. Je le fais pour elles parce que je veux qu'elles visent haut, qu'elles aillent à l'université, qu'elles obtiennent leur diplôme, qu'elles atteignent les rangs professionnels et qu'elles soient mieux payées. Je pense que je fais de mon mieux pour elles, conclut-elle.

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