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Le budget 2021 ne retient pas les leçons de la pandémie, selon l’opposition

Wab Kinew parle avec les médias le 9 septembre. Il est vêtu d'un veston bleu sur une chemise blanche.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew.

Photo : The Canadian Press / JOHN WOODS

Radio-Canada

L’opposition au palais législatif du Manitoba affirme que le budget de 2021, dévoilé mercredi, montre que le gouvernement Pallister n’a pas appris des leçons lors de la pandémie de COVID-19.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew, déclare que la pandémie a démontré qu’il existe un besoin important d’investissements en santé et dans d’autres services publics.

Il y a des compressions, du sous-financement, des gels, lance-t-il. Il n’y a pas d’action pour rendre le système de santé plus robuste, et il n’y a pas d’investissement dans le système d’éducation pour assurer que chaque enfant puisse réussir.

Le gouvernement n’a pas appris les leçons que chaque Manitobain a retenues pendant la dernière année, poursuit Wab Kinew, qui ajoute qu’il aurait notamment aimé voir plus d’investissements pour les foyers de soins de longue durée.

De son côté, le Parti libéral du Manitoba estime que le plan proposé par le gouvernement manitobain est une occasion manquée.

Selon Dougald Lamont, chef du parti, Brian Pallister et son ministre des Finances ont déposé un budget qui profite aux Manitobains les plus riches, mais passe à côté des enjeux essentiels de la pandémie comme la santé ou l’éducation.

La réduction des impôts fonciers pour l’éducation va réduire les revenus de la province, alors que le déficit se creuse, dit-il. De plus, il y a une énorme concentration de la richesse parmi les propriétaires fonciers. Il s’agit d’un grand cadeau pour les plus riches, ajoute Dougald Lamont.

Cette mesure survient alors que des divisions scolaires sont confrontées à d’importantes insuffisances budgétaires parce qu’ils ont tenté de protéger leurs élèves, lance-t-il.

Conséquences incertaines pour Winnipeg

La Ville de Winnipeg avait réclamé trois mesures dans ce budget : la confirmation d’un financement de 273 millions de dollars, un soutien pour l’utilisation de fonds fédéraux pour les transports publics et la fin des retards pour la construction de la nouvelle usine de traitement des eaux du North End.

La province n’a confirmé son soutien pour la Ville sur aucun de ces fronts, a déclaré mercredi en conférence de presse le maire de Winnipeg, Brian Bowman.

M. Bowman indique que la Ville a la confirmation qu’elle recevra 224,5 millions de dollars de la province, mais qu’en raison de l’absence d’une entente concernant le service d’ambulances, il reste à confirmer un autre 48,5 millions de dollars.

Un gros plan sur le visage de Brian Bowman en conférence de presse devant un drapeau.

Le maire de Winnipeg, Brian Bowman.

Photo : CBC / Gary Solilak

Nos fournissons ces services comme un contractant au nom du gouvernement provincial, fait valoir le maire, qui ajoute que davantage de discussions avec la province sont nécessaires.

Il note que certains ministres provinciaux semblent en faveur d’initiatives telles que l’électrification des transports publics. Cependant, la province n’a pas confirmé qu’elle aiderait la Ville à obtenir des millions de dollars du gouvernement fédéral à cette fin, poursuit Brian Bowman.

Il dit que le gouvernement du Manitoba n’a pas non plus confirmé sa demande pour des fonds fédéraux pour l’usine de traitement des eaux au nom de la Ville. La province a néanmoins annoncé mercredi des fonds supplémentaires pour le projet.

Nous avons besoin de dialogue supplémentaire avec le gouvernement provincial pour concilier cela, indique M. Bowman.

Lors de sa conférence de presse, il a ajouté que l’administration municipale examine le contenu du budget et que son impact pour la Ville reste incertain.

Un budget de gestion, selon un économiste

C’est un budget de gestion, il n’y a aucune surprise, analyse l’économiste Faïçal Zellama. Ce que le ministre a fait, c’est de la comptabilité pure et simple, ajoute-t-il.

L’économiste de l’Université de Saint-Boniface déplore le manque d’audace dans ce budget. J’ai cherché des choses novatrices, mais il n’y a rien! Pas de réflexion sur l’après-COVID-19.

Faïçal Zellama pointe notamment le manque d’investissements dans la société intelligente et dans les infrastructures numériques, qui sont faibles au Manitoba, notamment en dehors de la capitale.

Ce budget a une absence de vision et d’innovation. C’est une énorme occasion manquée

Une citation de :Faïçal Zellama, économiste et professeur à l’Université de Saint-Boniface

Là, on nous parle juste d’une reprise financière, mais rien pour créer des emplois. On a besoin d’une société manitobaine intelligente qui vend du savoir et des services, analyse-t-il.

Le gouvernement a fait le pari de laisser plus d’argent dans les poches des Manitobains et de relancer l’économie à travers la consommation. Mais on ne sait pas comment se comporte le consommateur, pointe Faïçal Zellama, qui relève que de nombreux Manitobains pourraient simplement aller dépenser leur argent aux États-Unis, une fois la frontière rouverte.

Avec les informations de Thibault Jourdan, Mohamed-Amin Kehel et Ian Froese

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