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Une famille attend avec impatience un traitement de Kétamine

Danielle Paré et Geneviève Nadeau posent côte à côte.

Danielle Paré et sa fille Geneviève Nadeau attendent avec impatience un traitement prometteur qui pourrait soulager la dépression majeure de leur proche.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Geneviève Nadeau est à court d’options. Son père souffre d’une dépression majeure et ne répond pas aux antidépresseurs. Elle et sa mère fondent leurs espoirs sur un nouveau médicament prometteur : la kétamine. Mais le CIUSSS de l’Estrie-CHUS reporte sans cesse la mise en place du traitement.

En attendant, les deux femmes s’inquiètent pour la santé du père de famille s’il doit encore patienter plusieurs mois. Il ne voit pas d'espoir, il ne voit pas de lumière au bout du tunnel , s’inquiète son ex-conjointe, Danielle Paré.

Récemment, une psychiatre de Granby dénonçait la lenteur du CIUSSS pour ouvrir une clinique de Kétamine en Estrie. Le médicament agit là où les antidépresseurs échouent pour certains patients qui souffrent d’une dépression majeure.

Pourtant, le père de Geneviève Nadeau serait un candidat idéal au traitement. Le diagnostic c’est dépression majeure avec résistance aux médicaments, explique-t-elle. Au jour le jour, il est assez éteint, il n’a le goût de rien, pas de joie de vivre.

L’homme multiplie les séjours à l’hôpital depuis un an. Il reste deux mois, il sort un mois, il sort deux semaines, il rentre deux mois. Ça varie, mais là, il est rentré le 1er avril et c'est la cinquième hospitalisation en un an, révèle Geneviève Nadeau.

L’été dernier, le psychiatre du patient a conseillé à la famille de se tourner vers des approches alternatives pour traiter sa dépression majeure. Parmi celles-ci, la kétamine. Mais depuis, le traitement est sans cesse reporté.

Il m'a dit qu'ils devaient commencer le traitement en février dernier, mais ce n'est toujours pas commencé, et là, ils leur disent à l'automne peut-être. C'est toujours reporté, à un moment donné on arrête de croire que ça va arriver un jour, se désole Geneviève Nadeau.

Je trouve ça vraiment important qu'ils considèrent que pour certaines personnes ça peut être la différence entre la vie et la mort.

Une citation de :Danielle Paré

C'est frustrant parce qu'on sait qu'il existe quelque chose qui pourrait l'aider, renchérit la mère de Geneviève, Danielle Paré. J'ai compris que c'est une question administrative, ce n'est pas une question que les psychiatres ne savent pas quoi faire avec [le traitement], ils savent très bien quoi faire avec ça.

Danielle et Geneviève s'inquiètent pour la santé de leur proche. Personnellement je commence à perdre un peu espoir, mais il ne faut pas lâcher pour lui parce que je le trouve bien courageux. C'est souffrant. Il se sent complètement vide. C'est dur, s’attriste Danielle Paré.

Ce n'est pas juste des idées suicidaires, c'est des tentatives aussi. Alors ils le gardent en dedans pour qu’il ne porte pas atteinte à sa vie. Oui, évidemment on a peur pour sa vie.

Une citation de :Geneviève Nadeau

Les deux femmes espèrent que leur témoignage fera bouger les choses. Danielle Paré a rédigé une plainte au CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour leur demander d’accélérer la cadence. Elle a également contacté la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, pour lui partager son histoire.

Geneviève Nadeau espère quant à elle retrouver son père d’avant la dépression. Avec la kétamine ils disent que ça revient, que c'est rapide. Je ne l'ai pas vu, mais j'aimerais ça y croire pour que [mes enfants] puissent ravoir leur grand-père et que moi je puisse ravoir mon père.

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