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Rivière Bonaventure : les citoyens consultés la semaine prochaine

Des canoteurs sur la rivière Bonaventure.

La rivière Bonaventure constitue l'un des plus importants attraits touristiques de la Baie-des-Chaleurs (archives).

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Léa Beauchesne

Radio-Canada

La population aura l’occasion de se faire entendre le 14 avril prochain à 19 h dans le controversé dossier du Plan global de cohabitation visant la rivière Bonaventure. Cette stratégie propose de nouvelles mesures, notamment une tarification pour les descentes récréatives, afin d’encadrer la pratique d’activités sur le cours d’eau gaspésien.

Le dossier suscite de très nombreuses réactions depuis que la ZEC de la rivière Bonaventure, mandatée par Québec pour gérer le territoire, a présenté les premières bribes de cette stratégie, la semaine dernière. L’entreprise récréotouristique Cime Aventures, qui opère sur la rivière, s’est d’ailleurs farouchement opposée à ce plan qui limiterait considérablement ses activités.

Le document, rendu public mercredi, a été élaboré avec une douzaine de partenaires de différents horizons. Il a été déposé au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) à la fin du mois dernier.

S’il est approuvé tel que présenté, une tarification pourrait entrer en vigueur dès cet été pour les touristes et les citoyens désirant descendre la rivière en embarcation; les sommes ainsi récoltées seraient réinvesties dans l’embauche d’employés affectés à l’entretien des berges et à la sensibilisation.

La loi en vigueur au Québec interdit qu’un tarif préférentiel soit offert aux résidents, ce qui pourrait néanmoins changer avec le projet de loi 88, appelé à modifier la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

La baignade, toujours acceptée, serait néanmoins interdite à proximité d’une vingtaine de fosses à saumons parmi la centaine répertoriées. L’enregistrement des usagers serait obligatoire et le nombre de descentes sur la rivière serait limité à 150 par jour, soit 100 commerciales et 50 autonomes.

La ZEC de la rivière Bonaventure estime qu’environ 500 descentes quotidiennes ont été observées l’été dernier; l’afflux massif de touristes en Gaspésie s’est reflété sur la rivière.

Un pêcheur dans la rivière Bonaventure.

Un pêcheur dans la rivière Bonaventure (archives).

Photo : Radio-Canada

Des débordements ont d’ailleurs été constatés, selon la ZEC, alors que la quiétude des propriétaires riverains a été troublée et que les berges ont été souillées par des déchets. Ce surachalandage est d’ailleurs constaté depuis plusieurs années, ajoute la ZEC.

L’enjeu de cohabitation entre les pêcheurs, les baigneurs, les propriétaires riverains et les canotiers, déjà présent auparavant, s’est ainsi exacerbé. La situation a poussé l'organisation à se pencher sur la question.

Place aux citoyens

La rencontre virtuelle du 14 avril prochain sera l’occasion pour la population d’en apprendre davantage sur le plan. Le but de tout ça, c’est de diffuser la bonne information aux gens, parce qu’il y a eu beaucoup, beaucoup de désinformation dernièrement sur les médias sociaux. On veut entendre la population […] et potentiellement ajuster le plan de cohabitation [à la lumière de] ce qu’on aura comme commentaires constructifs le 14 avril prochain, fait valoir le président du conseil d’administration de la ZEC de la rivière Bonaventure, André Hébert.

M. Hébert assure que le point de vue des citoyens sera pris en compte, et ce, même si le plan a déjà été déposé au MFFP. Ce dernier se veut évolutif, rappelle-t-il.

Selon lui, des modifications pourraient être faites avant son application. Si le gouvernement veut y apporter des modifications, il pourra le faire. C’est lui qui a le dernier mot, ajoute le président du conseil d'administration de la ZEC.

Les personnes désirant prendre part à la rencontre peuvent s’inscrire sur le site web de la ZEC de la rivière Bonaventure; aucune limite concernant le nombre de participants n’a été fixée.

Cime Aventures incite les citoyens à devenir membres

Cime Aventures, qui a quitté le comité d’élaboration du document à la mi-mars, s’oppose fermement à l’imposition d’un tarif à la population. L’entreprise de Bonaventure calcule par ailleurs que les nouvelles mesures restreindraient environ 75 % des descentes sur la rivière.

Sa directrice générale, Élodie Brideau, déplore que la rencontre citoyenne soit organisée après le dépôt du document au MFFP. Elle rappelle que cette séance survient également après la date limite (11 avril) fixée pour devenir membre de la ZEC de la rivière Bonaventure et ainsi pouvoir se prononcer lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation, qui aura lieu le 27 avril. Précisons qu'un vote aura lieu, lors de cette rencontre, relativement à l'enregistrement obligatoire afin d'accéder au cours d'eau.

Je trouve ça déplorable qu’on ait besoin d’inciter des gens qui ne sont pas pêcheurs à devenir des membres d’une association de pêcheurs sportifs. À ce moment-ci, ce que je perçois, c’est que c’est la seule façon de faire entendre la voix de la population, alors c’est sûr que cette voie-là, je vais l’emprunter, fait valoir la directrice générale de Cime Aventures, Élodie Brideau.

L’entreprise Cime Aventures offre d’ailleurs un rabais sur ses produits et services à ceux et celles qui présenteront une preuve d'acquisition d’une carte de membre au sein de la ZEC.

On a le droit d’offrir un rabais

Une citation de :Élodie Brideau, directrice générale de Cime Aventures

Élodie Brideau admet que la décroissance envisagée par la ZEC à ce moment-ci n’est pas viable pour l’entreprise qu'elle dirige. La directrice maintient néanmoins que restreindre les activités de Cime Aventures déplacerait le problème, puisque des visiteurs pourraient être tentés de descendre la rivière de façon désorganisée et sans bénéficier de l'information nécessaire.

La ZEC estime que le Plan global de cohabitation pourrait être entériné par le MFFP d’ici le 1er juin, date d’ouverture de la saison de la pêche au saumon de l’Atlantique.

Un texte de Roxanne Langlois

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