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Le gouvernement ne va pas assez loin pour protéger les Ontariens, disent les critiques

La Ville de Toronto presse les gens de rester à la maison sur les panneaux d'affichage du square Dundas.

La province ordonne aux citoyens de rester à la maison, sauf pour les choses essentielles comme l'épicerie ou les rendez-vous médicaux.

Photo : CBC/Timothy Neesam

L’état d’urgence et les fermetures supplémentaires annoncées mercredi en Ontario arrivent tard et sont insuffisants, selon plusieurs. Ils représentent néanmoins un nouveau coup dur pour les commerces.

Après des semaines de pressions des experts, la province avait appliqué dans la nuit de vendredi à samedi un frein d’urgence pour limiter la propagation des variants et éviter que la situation dans les hôpitaux s’aggrave.

Quelques jours plus tard à peine, l’étau se resserre encore un peu : les commerces non essentiels ne peuvent plus accueillir de clients et l’ordre de rester à la maison entre en vigueur à minuit.

On se demande, dans la province, combien de personnes sont infectées, sont hospitalisées ou même vont mourir ou sont mortes parce que ces mesures ont été prises de manière tardive par le gouvernement Ford.

Une citation de :Fuyuki Kurasawa, professeur à l’Université York
Un ambulancier transporte un patient sur une civière à l'Hôpital Mont Sinaï de Toronto.

« Si le gouvernement avait agi plus vite, combien d'infections auraient pu être évitées? » se demande le professeur Fuyuki Kurasawa.

Photo : CBC/Sam Nar

Il estime que les mesures annoncées mercredi sont moins strictes que celles qui sont en vigueur depuis des mois au Québec. Il n’y a pas de couvre-feu, dit-il. On demande aux gens de rester à la maison, mais il n’y a pas vraiment de mesure pour s’assurer que ça se fasse.

Vaccins et congés de maladie

La chef de l’opposition, Andrea Horwath, pense que la situation actuelle aurait pu être évitée si le premier ministre Doug Ford avait tenu compte des avertissements des experts et des projections.

L’ordre de rester à la maison ne protège pas les gens. Il n’est pas suffisant. Il n’empêche pas les variants inquiétants de se propager.

Une citation de :Andrea Horwath, chef de l’opposition
Andrea Horwath en conférence de presse à l'Assemblée législative de l'Ontario.

Andrea Horwath pense que le gouvernement a trop tardé à agir et néglige des mesures importantes.

Photo : Assemblée législative de l'Ontario

Mme Horwath croit qu’il faut vacciner les travailleurs essentiels et de première ligne, y compris l’ensemble des enseignants, faire plus de dépistage sur les lieux de travail et rendre l’offre de congés de maladie obligatoires.

Plusieurs groupes et syndicats réclament de telles mesures.

Selon les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, en dépit de l’ordre de rester à la maison, les travailleurs essentiels des usines de transformation alimentaire, des épiceries, pharmacies et services de santé doivent continuer à aller travailler en étant peu protégés ou soutenus par leur gouvernement.

Une fiole du vaccin de Pziefer-BioNTech et une seringue sur une table au Strathcona Paper Centre, à Napanee, en Ontario.

Des médecins, des syndicats et d'autres organisations réclament la vaccination de masse pour les gens qui doivent continuer à aller travailler.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

En plus de l’accès immédiat au vaccin et des congés de maladie payés, le syndicat réclame une majoration des salaires pendant la pandémie.

Le premier ministre Doug Ford a accusé ceux qui réclament des congés de maladie pour tous de faire de la politique, ce qui est totalement irresponsable. Il répète que ceux qui en ont besoin peuvent demander la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique.

Ce programme est toutefois temporaire, plus limité et moins généreux que les congés de maladie universels réclamés.

Une autre fermeture

Myriam Belzile-Maguire a ouvert sa boutique de chaussures torontoise au début de la pandémie.

Elle pense que les petits commerces comme le sien peuvent plus facilement contrôler l’achalandage que les grandes surfaces comme Walmart. Elle fait valoir que la plupart des petites boutiques sont des entreprises canadiennes.

Myriam Belzile-Maguire en entrevue à sa boutique de chaussures de Toronto.

Myriam Belzile-Maguire se désole de ne pouvoir à nouveau accueillir les clients à sa boutique.

Photo : Radio-Canada

En tant qu’entreprises canadiennes, on devrait être favorisées. J’ai encore l’impression que ce sont les grandes entreprises américaines qui sont favorisées.

Une citation de :Myriam Belzile-Maguire, propriétaire des boutiques Maguire

Mme Belzile-Maguire trouve difficile de devoir fermer à nouveau sa boutique de chaussures torontoise après avoir finalement eu l’autorisation de rouvrir.

C’était comme si on reprenait vie, nos employés aussi, raconte-t-elle. Et là, on doit revenir en arrière. C’est un peu difficile à prendre aujourd’hui.

Une infirmière soigne un patient aux soins intensifs à l'Hôpital général de North York.

L'Association des hôpitaux assure qu'elle fera tout ce qu'elle peut pour assurer un accès équitable aux soins, alors que le nombre de patients augmente rapidement.

Photo : CBC/Evan Mitsui

L’Association des hôpitaux considère que la déclaration d’état d’urgence et l’ordre de rester à la maison étaient absolument nécessaires. Plus de 500 personnes atteintes de la COVID sont aux soins intensifs et les nouvelles admissions augmentent rapidement, écrit le regroupement.

Les hôpitaux ontariens sont conscients des retombées de ces décisions sur les entreprises et les travailleurs, poursuit-elle, mais compte tenu de la gravité de situation, la province n’avait pas d’autre choix.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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