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Des petits commerçants de Windsor-Essex mécontents de devoir fermer de nouveau

Des commerçantes de Windsor-Essex trouvent injuste de devoir fermer alors que des grandes enseignes restent ouvertes.

Une enseigne «fermé» dans la porte d'un commerce.

Certaines entreprises craignent de ne pas pouvoir survivre aux nouvelles restrictions.

Photo : Radio-Canada

Pour certains propriétaires de commerces de la région de Windsor-Essex, le nouvel ordre de rester à la maison annoncé mercredi par le premier ministre de l’Ontario est probablement la restriction de trop.

D’autant que ces commerçants considèrent que le gouvernement ontarien adopte une approche deux poids, deux mesures car les grandes enseignes sont autorisées à rester ouvertes tandis que les petits commerces sont contraints de fermer.

Elizabeth Matheson fait partie des propriétaires exaspérés par les nouvelles restrictions. Son entreprise Alterations By Liz, située à Kingsville, est spécialisée dans le nettoyage et la réparation de vêtements d’événements tels que les mariages et les graduations.

Elle craint depuis quelques mois de perdre son commerce et doute de pouvoir éviter la fermeture définitive après ces nouvelles restrictions.

J’ai dit, si on referme une autre fois, je ne sais pas si je vais être capable de me soutenir. Ça a fermé une autre fois. Et puis j’ai rouvert. La même chose. On voyait de petits mouvements. Puis là on ferme encore. Ça peut être le clou dans mon coffre comme on dit. Je ne sais pas si je vais être capable de continuer explique-t-elle.

Nous autres ici on n’a pas les cas comme Toronto. [...] Il y a six millions de personnes à Toronto, ils vont avoir des numéros [taux] plus hauts. Nous on a juste une petite ville ici.

Une citation de :Elizabeth Matheson, propriétaire, Alterations By Liz

Le nouvel ordre de rester à la maison n'autorise que les achats essentielles. Les commerces autres que les supermarchés et les épiceries doivent rester fermés.

Elizabeth Matheson ne comprend pas cette décision. Elle pense que les petites entreprises sont les principales victimes de ces décisions.

Je crois que si ça va être pour tout le monde, ça devrait être 100%. Juste laisse les magasins de nourriture. [...] Tu vas me dire que Walmart il peut être ouvert ?, explique-t-elle.

Elle juge même que les grandes enseignes prennent beaucoup moins de précautions que les petits commerces.

Je rentre dans le dépanneur pour acheter un ticket de loto. Puis, je vois que le monsieur, ça ne lui fait rien si on est trois, quatre personnes là-dedans. Il n’y a pas de gel hydro alcoolique. On arrive à la caisse, il n’y a pas de nettoyage, il n’y a rien, précise-t-elle.

Le pire moment possible

Ce qu’il y a de plus problématique dans la décision qui entre en vigueur jeudi, selon Claudine Thibodeau, propriétaire de Shoe Box, un magasin de vente de chaussures de Windsor, c’est l’incertitude permanente.

C’est vraiment difficile parce qu’une minute, on ferme, une minute, on est ouvert, une minute on est fermé. Est-ce qu’ils peuvent dire : ferme pour trois mois jusqu’à tout est parti, tout est correct, puis là on va rouvrir?, indique-t-elle.

Le plus gros mois de l’année, c’est le mois d’avril. Si j’ai fermé le mois d’avril, je vais souffrir toute la saison parce que j’ai perdu mon plus gros mois de l’année.

Une citation de :Claudine Thibodeau, propriétaire, Shoe Box

Pour Mme Thibodeau, le moment est en plus mal choisi puisque le mois d'avril qui coïncide avec le début du printemps fait parti des mois les plus rentables de l’année.

Claudine Thibodeau avec des lunettes devant un magasin.

Avril est habituellement l’un des meilleurs mois de l’année pour Claudine Thibodeau.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Elle estime, par ailleurs, que ni la livraison, ni le ramassage ne sont des formules envisageables pour un commerce comme le sien.

Pour moi, le ramassage ne marche pas. Mes clients sont obligés de s’asseoir et d’essayer les chaussures. Quand le magasin est fermé comme ça, c’est terrible pour mes ventes. Je n’ai aucune vente avec le ramassage, souligne-t-elle.

Même pour les commerces qui peuvent offrir la livraison, l’ordre de rester à la maison représente également un énorme manque à gagner.

Jeanine Jodoin est la propriétaire de Three Lambs, un magasin de vêtements et d’accessoires pour bébé de Windsor. Elle est fataliste, constatant son impuissance face aux décisions prises par le gouvernement, et la perte de revenus qui s’annonce.

Jeanine Jodoin devant un magasin répond à des questions.

Jeanine Jodoin pense que l'absence de clients dans son magasin lui fait perdre de l'argent.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Aujourd’hui, les gens peuvent arriver, ils peuvent faire leurs achats. Mais ils peuvent acheter des affaires qu’ils n'étaient pas venus pour acheter. [...] Ils voient ça quand ils marchent dans le magasin, puis ils l’achètent. Quand on est en confinement ou qu’on doit rester à la maison, on perd ça, indique-t-elle.

Les gens achètent exactement ce pour quoi ils sont venus. Les gens font des achats en ligne ou par téléphone. [...] On perd l’opportunité que les gens puissent faire des achats impulsifs.

Une citation de :Jeanine Jodoin, propriétaire, Three Lambs

Mme Jodoin ajoute que ses clients sont eux aussi attristés par la décision de la province. Elle rapporte que certains sont même venus de l’extérieur de la ville faire des courses avant que l’ordre de rester à la maison n’entre en vigueur.

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