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Quelles équipes assemblent Valérie Plante et Denis Coderre?

La mairesse de Montréal et son prédécesseur multiplient, en coulisses, les appels pour tenter d’étoffer leurs équipes en vue des élections municipales de novembre.

Sièges vides dans la salle du conseil municipal de la Ville de Montréal dans l'édifice Lucien-Saulnier.

Les deux principaux candidats à la mairie de Montréal, Valérie Plante et Denis Coderre, tentent de convaincre des candidats.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Depuis plusieurs semaines, les cellulaires chauffent. Avec l’annonce du retour de Denis Coderre en politique municipale, qui était néanmoins pressenti depuis des mois, les prises de contact et tentatives de séduction ont même repris de plus belle.

Les deux partis, Projet Montréal et Ensemble Montréal, doivent composer, en interne, avec la volonté de certains élus de briguer des postes plus importants, tout en cherchant à recruter de nouvelles figures.

L’équipe de Valérie Plante tient notamment à se renforcer, en recrutant des candidats d’expérience, avec des connaissances de gestion, mais aussi des personnalités permettant d’améliorer ses relations avec le milieu des affaires, qui n’a pas toujours été tendre avec la mairesse.

Valérie Plante en conférence de presse.

Valérie Plante vise un second mandat à la tête de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Projet Montréal courtise par exemple Billy Walsh, le président de l'Association des sociétés de développement commercial (SDC) de Montréal, qui travaille avec la Ville pour mettre en place plusieurs projets de piétonnisation, sur des artères commerciales, cet été.

J’ai beaucoup d’appels en ce moment, de partout. Mais je ne suis pas arrêté sur mon avenir en politique, souligne le principal intéressé, qui pourrait être candidat dans Verdun, un arrondissement à la recherche d’un nouveau maire avec le départ annoncé de Jean-François Parenteau, qui est membre du comité exécutif.

Je me concentre sur la réalisation des projets cet été, pour la santé et la prospérité des commerçants et pour développer des milieux de vie.

Une citation de :Billy Walsh, président des SDC de Montréal
Billy Walsh devant des commerces

Billy Walsh est le directeur général de la Promenade Wellington et le président de l'Association des SDC de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

De son côté, Denis Coderre discute également avec des gens d’affaires. Pour reconquérir la mairie de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, tombée dans les mains de Projet Montréal après le départ de Chantal Rouleau au gouvernement provincial, l’ex-maire – qui n’a pas, comme son parti, répondu aux demandes de Radio-Canada – miserait sur Christine Fréchette.

Cette dernière a travaillé au sein du gouvernement péquiste de Pauline Marois, avant de diriger la Chambre de commerce de l’Est de Montréal. Contactée par Radio-Canada, elle n’a pas nié ces informations, mais n’a pas voulu émettre de commentaires. Une réflexion est en cours, a-t-elle répondu sobrement.

D’autres proches du mouvement souverainiste ont également été sondés par Denis Coderre ou son entourage. Ancien député du Bloc québécois, membre du comité exécutif et maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, 58 ans, garde la porte ouverte à un retour. Je ne veux pas commenter, indique-t-il, tout en se disant intéressé par l’avenir de son arrondissement.

La femme d’affaires Danièle Henkel reconnaît aussi avoir des conversations privées et personnelles avec Denis Coderre, qui l’avait nommée en 2015 à la tête du conseil d’administration de la Société du parc Jean-Drapeau. Se lancera-t-elle en politique municipale? Sincèrement, je n’en suis pas là. J’attends de voir, répond-elle.

Ce qui est important, c’est de redonner à Montréal ses titres de noblesse.

Une citation de :Danièle Henkel
Denis Coderre marchant dans la rue Ontario à Montréal.

Denis Coderre a annoncé fin mars son retour en politique municipale.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Lutte intense à prévoir dans des arrondissements clés

L’issue du scrutin se jouera notamment dans deux arrondissements clés, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG) et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (VSMPE), remportés en 2017 par Projet Montréal.

Des bisbilles internes ont néanmoins entraîné l’expulsion du caucus des deux mairesses locales qui ont fondé leur propre parti en vue de leur réélection.

Ce seront des baromètres. Ce sont deux arrondissements extrêmement importants pour les deux partis, reconnaît le président de Projet Montréal, Guedwig Bernier.

Dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, l’arrondissement le plus populeux de la métropole, la mairesse Sue Montgomery devrait faire face à Lionel Perez, qui vient de céder sa place de chef d’Ensemble Montréal à Denis Coderre, et à un candidat de Projet Montréal.

Lionel Perez porte une casquette.

Lionel Perez, chef par intérim de l'Opposition officielle jusqu'au retour de Denis Coderre, devrait être candidat à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Photo : Radio-Canada

Une lutte à trois, similaire, devrait aussi avoir lieu dans VSMPE, mais la recherche de candidats d’envergure se poursuit.

La rumeur d’un retour d’Anie Samson, mairesse de 2006 à 2017, a couru dans le milieu politique municipal.

Ancienne proche de Denis Coderre, elle ne mâche pas ses mots, désormais, contre l’ancien maire de Montréal, en critiquant son attitude durant la dernière campagne électorale, qui a provoqué également la défaite de Mme Samson. Je ne suis pas rancunière, mais je n’oublie pas. On aura à régler nos comptes ensemble, soutient-elle.

Tout en reconnaissant avoir déjà jasé de ce sujet, un retour sur la scène municipale est cependant hors de question pour elle, alors qu’un rapprochement avec Projet Montréal a été évoqué en coulisses, après ses piques lancées contre Denis Coderre.

Je ne reviendrai ni avec l’un ni avec l’autre, même si on me l’offrait sur un tapis rouge.

Une citation de :Anie Samson, ex-mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension
Anie Samson

Anie Samson a été élue durant plus de 20 ans à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Partenaire de boxe de Denis Coderre, l’ancien ministre libéral David Heurtel, désormais avocat pour le cabinet Fasken, décline aussi toute proposition, après avoir déjà été sondé par Ensemble Montréal. Je n’ai aucune intention d’aller à la mairie de VSMPE ni dans aucun autre arrondissement, mentionne-t-il.

Dans un secteur voisin, Montréal-Nord, largement acquis à Denis Coderre en 2017, Projet Montréal a contacté le documentariste et militant antiraciste Will Prosper, pour tenter de battre Christine Black. Pour l’instant, je n’ai pas encore pris de décision. Mais quand je vois la situation à Montréal-Nord, avec la pandémie, ça devient frustrant et c’est tentant, spécifie-t-il.

Tensions à Rosemont

Dans le même temps, Projet Montréal doit aussi gérer ses propres luttes à l'interne dans l’un de ses bastions, Rosemont–La Petite-Patrie. En coulisses, selon nos informations, une bataille fait rage et, selon diverses sources, cette lutte serait rude et déjà intense, depuis plusieurs mois.

Conseiller depuis 2009 dans le district de Saint-Édouard, François Limoges convoite le poste de maire d’arrondissement et tente de monter sa propre équipe. Une ambition qui serait légitime et vue d’un bon œil, selon des proches de la mairesse Plante.

Il y a un problème : le maire actuel, François Croteau, ne compte aucunement lui céder la place et a déjà confirmé ses intentions de briguer un quatrième mandat.

François W. Croteau

François W. Croteau est le maire de l'arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie depuis 2009.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

François Limoges n’a pas souhaité répondre aux questions de Radio-Canada. Mais dans une déclaration, il juge qu’un processus rigoureux est en cours pour déterminer les candidatures.

C’est le processus le plus clair et démocratique que nous avons eu depuis la fondation de Projet Montréal.

Une citation de :François Limoges, conseiller de Projet Montréal

Au sein des plus hautes instances du parti, a-t-on appris, cette situation agace et une issue, rapide, est souhaitée.

On a des gens qui veulent grandir. Il faut gérer tout ça, confirme le président de Projet Montréal, Guedwig Bernier. On veut aussi des personnes issues de la diversité et des personnes racisées dans des endroits où l’on a déjà gagné.

Il faut gérer les attentes et les déceptions. C’est un jeu d’équilibre à avoir. Mais l’objectif premier, c’est de faire réélire Valérie Plante. Et, dans un deuxième temps, d’avoir des équipes fortes en arrondissement.

Une citation de :Guedwig Bernier, président de Projet Montréal

Le président de Projet Montréal, qui tient son congrès en fin de semaine afin de déterminer les propositions politiques avant les prochaines élections, affirme cependant qu’il n’y a pas de course à l’investiture pour un maire sortant. Mais, précise-t-il, une évaluation doit être menée pour tous les élus sortants, et une décision sera prise par le conseil de direction du parti, dans le cas notamment de la mairie de Rosemont–La Petite-Patrie.

Débat à venir sur le désarmement des agents du SPVM

La direction de Projet Montréal indique avoir une base de données d'environ 400 candidats potentiels pour l'un des 103 postes en jeu dans la métropole. Le parti a également lancé un programme, Tremplin, réservé aux minorités visibles et personnes issues de la diversité. Une vingtaine de personnes ont manifesté leur intérêt pour être candidats. Avec quelle plateforme?

Ces éléments devraient être dévoilés, petit à petit, après le congrès de Projet Montréal prévu les 10 et 11 avril. Plus d’une centaine de propositions seront étudiées. Parmi celles-ci, on retrouve notamment l’idée de revoir le financement du Service de police de la Ville de Montréal ou encore la possibilité de désarmer les policiers. La création de voies cyclables sous un REM aérien, tel qu’évoqué pour l’est de Montréal, sera aussi débattue, tout comme le développement du Réseau express vélo.

Une troisième voix?

Outre Valérie Plante et Denis Coderre, d’autres candidats s’intéressent à la mairie de Montréal. L’entrepreneur et consultant Félix-Antoine Joli-Cœur a fondé Engagement pour Montréal, après avoir dans un premier temps voulu prendre la tête d’un autre parti nouvellement créé, Ralliement pour Montréal.

Ce dernier est dirigé par l’avocat Marc-Antoine Desjardins, qui a été candidat pour Denis Coderre en 2017.

Balarama Holness, ancien demi défensif des Alouettes, alors qu'il participe à des réunions du parti Projet Montréal.

Balarama Holness a fondé le mouvement Montréal en action.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

L’ancien joueur des Alouettes Balarama Holness, à l’origine d’un mouvement qui a poussé Montréal à mettre en place des actions pour lutter contre le racisme systémique, laisse aussi planer le doute. J’ai parlé aux deux partis politiques à plusieurs reprises. Je n’ai pas encore pris de décision, dit-il.

Ex-conseiller de Lachine, Jean-François Cloutier vise aussi la tête de la métropole avec Équité Montréal, tout comme Gilbert Thibodeau, associé à Action Montréal, qui avait déjà tenté sa chance au précédent scrutin (0,35 % des votes).

Avec la collaboration de Thomas Gerbet

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