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Le projet pilote sur les surdoses devient permanent à Vancouver

Deux pompiers tentent de réanimer une personne avec un masque à oxygène.

Deux pompiers tentent de réanimer une personne en surdose dans le quartier du Downtown Eastside de Vancouver.

Photo : CBC

La Ville de Vancouver nomme le capitaine des pompiers, Jonathan Gormick, à la tête d'un groupe intégré qui vise à soutenir les personnes qui ont survécu à une surdose en finançant ce poste de manière permanente.

Le maire Kennedy Stewart a réitéré, mercredi, l'importance de ce projet pilote lancé en septembre 2019 qui jumelle les pompiers et le personnel de la régie de la santé Vancouver Coastal. Il aide les gens à briser le cycle des surdoses en les mettant en contact avec des services de soutien.

Les survivants de surdoses sont pris en charge dans les jours qui suivent l'intervention des secours. Ce moment est critique, car c'est là qu'ils sont souvent disposés à faire des efforts pour s'en sortir.

Le capitaine Jonathan Gormick continuera de façon permanente le travail qu'il effectue depuis 2019. Selon lui, ce nouveau poste permettra d'accroître le nombre de visites et de mieux repérer les personnes qui ont besoin d'aide.

Le programme est axé sur les patients. Nous n'avons pas d'ordre du jour. Nous rencontrons les patients là où ils se trouvent.

Une citation de :Jonathan Gormick, capitaine des pompiers de Vancouver

Le chef des pompiers affirme avoir été en mesure d'atteindre les personnes les plus susceptibles de mourir d'une surdose et celles qui font face aux plus grands obstacles pour accéder aux soins.

En 20 mois, son équipe a relié plus de 150 patients à une gamme de services, dont des soins de santé au logement, et même un soutien financier. Ces différents appuis réduisent la probabilité d'une autre surdose, soutient Jonathan Gormick.

Vers une décriminalisation des drogues

Patricia Daly, médecin hygiéniste en chef de la régie de la santé Vancouver Coastal, a déclaré que l'initiative conjointe est une voie importante vers le traitement et les soins, ce qui pourrait aider la Ville alors qu'elle cherche à décriminaliser la possession simple.

Selon elle, ce genre de programme contribuera à convaincre le gouvernement fédéral que c'est la bonne chose à faire. Nous avons les systèmes en place ici pour aider les gens et les envoyer vers des soins appropriés , a-t-elle ajouté.

Dans ce dossier de décriminalisation des drogues, Kennedy Stewart a affirmé que Vancouver prévoit de soumettre sa demande finale à Santé Canada pour une exemption aux lois fédérales sur les médicaments d'ici le mois prochain. Une approbation de la santé publique fédérale permettrait la possession de petites quantités de drogues illicites à usage personnel à Vancouver.

Des ambulanciers aident une personne allongée au sol dans une ruelle.

Les premiers répondants tentent de sauver une personne suspectée d'avoir fait une surdose dans les rues de Vancouver. Entre janvier et septembre 2020, près de 2000 personnes sont mortes d'une surdose en Colombie-Britannique.

Photo : Ben Nelms/CBC

La décriminalisation dans notre ville sera un modèle unique de Vancouver qui englobe pleinement une approche axée sur les soins de santé et offre aux personnes des soins et des traitements, et leur évite la stigmatisation et à la criminalisation, a déclaré Kennedy Stewart.

Surdoses contre pandémie

Lors de la conférence de presse virtuelle de Kennedy Stewart, les différents intervenants qui l'accompagnaient ont fait le parallèle avec l'attention accordée à la pandémie du coronavirus. Depuis janvier 2020, il y a eu 419 décès liés à la COVID-19, alors que les surdoses ont emporté 564 personnes à Vancouver, selon Patricia Daly.

Tout comme Kennedy Stewart, la Dre Daly a mentionné le fait que ces surdoses sont évitables et qu'il faut accorder à cette crise des opioïdes toute l'attention qu'elle mérite.

Par ailleurs, la Dre Daly a déploré que la société continue à stigmatiser ceux qui consomment de la drogue, ce qui expliquerait peut-être pourquoi cette crise est éclipsée par celle de la COVID-19.

Les personnes qui sont mortes d'une surdose de drogue illicite étaient en moyenne plus jeunes que celles qui sont mortes de la COVID-19, et pourtant nous ne voyons pas la même préoccupation publique au sujet de ces morts évitables.

Une citation de :Patricia Daly, médecin hygiéniste en chef de la régie de la santé Vancouver Coastal

Or, a-t-elle ajouté, la toxicité des médicaments et les décès par surdose ont augmenté avec la pandémie, si bien que plus de personnes sont décédées d'une surdose depuis janvier que de la COVID-19 dans la région sanitaire de Vancouver Coastal .

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