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La vaccination bien trop lente avant l’arrivée de la troisième vague au Manitoba

Avec seulement près de 59 % de ses réserves distribuées, la province se classe parmi les moins bons élèves au pays.

Une fiole de chacun des quatre vaccins approuvés.

Le stock de vaccins non administrés dans la province est passé d’environ 35 000 à plus de 155 000 au cours du dernier mois.

Photo : Radio-Canada

Alexia Bille

Au Manitoba, le rythme de la vaccination n’atteint pas les objectifs fixés par la santé publique et fait craindre une troisième vague de COVID-19 aux conséquences importantes. Mardi, les données provinciales indiquaient que 216 718 doses avait été administrées depuis le début de la campagne et que 155 312 étaient encore stockées dans les congélateurs.

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, a déclaré haut et fort en conférence de presse, mardi, que cette nouvelle vague est inévitable avec l’arrivée des variants dans la province.

Il mise donc sur la campagne de vaccination pour en minimiser les conséquences, mais encore faudrait-il que la campagne s'accélère.

La santé publique pense pouvoir injecter au moins une dose de vaccin à toutes les personnes majeures et volontaires d’ici la mi-juin.

Atteindre cet objectif semble compliqué, alors qu’au cours de la dernière semaine seulement environ 5491 doses ont été administrées chaque jour. Et on est encore loin de l’objectif des 20 000 doses de vaccin quotidiennement injectées du mois d'avril au mois de juin, également annoncé au début du mois de février par le codirigeant du groupe de travail provincial sur la mise en œuvre des vaccins Johanu Botha.

La province assure pourtant avoir présentement la capacité d’effectuer 20 918 injections par jour.

Alors pourquoi reste-t-il plus de 155 000 doses en attente?

Des retards dans la collecte des données

Selon la ministre de la Santé, Heather Stefanson, ce nombre s’explique en partie par un petit retard dans la collecte des données de la vaccination.

Environ 72 600 de ces doses ont été distribuées aux pharmacies et aux cabinets médicaux, qui ne semblent pas signaler de façon rapide le nombre d’injections journalières effectuées.

En plus de ces doses d’AstraZeneca, 23 000 doses de Moderna ont été distribuées aux Premières Nations de la province. Les injections de ces doses ne sont pas incluses dans le décompte provincial.

Il reste donc 60 000 doses de Pfizer-BioNTech à administrer, a dit Mme Stefanson, précisant qu'elles ont toutes été attribuées pour les rendez-vous des semaines à venir.

La ministre Stefanson est assise devant deux drapeaux du Manitoba et est habillée de noir.

La ministre de la Santé, Heather Stefanson, a donné des informations confuses à propos des stocks de vaccins disponibles et leur déploiement dans la province.

Photo : Radio-Canada

Lors du même point de presse, la ministre a aussi précisé que les doses restantes devraient être administrées dans les huit prochains jours.

Selon l’ancien dirigeant de l’Organisation de gestion des services d'urgence du Manitoba, Chuck Sanderson, ces explications confuses et parfois contradictoires de la part du gouvernement provincial et de la santé publique traduisent un manque d’organisation.

Le premier ministre Brian Pallister devrait demander l’aide des militaires, car ils sont fantastiques pour les questions logistiques, a déclaré M. Sanderson.

Ils peuvent aider. Ils ne prendraient pas le relais, mais nous assisteraient. C'est ce qu'il nous faut si nous voulons accélérer la vaccination, a-t-il ajouté.

Pourtant, il ne pense pas que M. Pallister demandera de l’assistance militaire de si tôt.

Ce n’est pas parce qu'il n’aime pas le premier ministre fédéral que nous devons dire encore que la vaccination est lente parce que nous n'avons pas de vaccin. On sait que nous en avons assez , a affirmé Chuck Sanderson.

Des réticences

Dans la Première Nation de Long Plain, à 100 km à l’ouest de Winnipeg, les vaccins et les rendez-vous sont disponibles en quantité suffisante, mais les équipes d’immunisation se heurtent à la réticence de la communauté.

Mercredi 31 mars, pour ne pas jeter les doses non utilisées, les équipes ont injecté le vaccin à des personnes qui n’étaient pas admissibles.

Si les gens de Long Plain refusent le vaccin pour quelque raison que ce soit, nous devrions avoir la possibilité de l'offrir aux personnes avec qui nous travaillons, avec qui nous commerçons, aux policiers, par exemple, a expliqué le chef de la Première Nation, Dennis Meeches.

L’équipe de coordination de la lutte contre la pandémie des Premières Nations du Manitoba a demandé aux équipes d’immunisation de ne plus injecter de doses à des personnes qui ne sont pas membres de la communauté.

M. Meeches n’est pas d’accord avec cette décision. Je pense que c'était la bonne chose à faire. Nous ne voulons pas que le vaccin soit périmé, mais nous ne pouvons pas forcer les résidents à recevoir le vaccin non plus.

Nous sommes tous logés à la même enseigne. L’important, c’est d’atteindre l’immunité collective.

Avec les informations de Bartley Kives, Austin Grabish et Erin Brohman

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