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Une histoire d’égout freine le projet de Public Market à Saint-Boniface

Un plan coloré montrant un quartier avec divers lots ayant des désignations de zonage différentes.

Le projet de Public Market comprend plusieurs lotissements qui seraient développés sur le site de l'ancienne usine de Canada Packers.

Photo : Capture d'écran/Youtube/Ville de Winnipeg

Le promoteur Olexa Developments et l’administration municipale de Winnipeg sont dans une impasse concernant le projet Public Market, un éventuel ensemble immobilier mixte qui serait situé sur le site de l’ancienne usine de Canada Packers.

Dans un rapport présenté au comité communautaire Riel de la Ville de Winnipeg mardi, l’administration municipale recommande l’approbation du plan proposé par le promoteur, mais pose une longue liste de conditions.

Celles-ci concernent principalement l’aménagement des zones adjacentes aux chemins de fer et aux sites industriels du secteur. La consultante en aménagements urbains Susan Russell représentait la firme lors de la réunion du comité.

Elle a remercié l’administration pour sa collaboration lors de l’élaboration du projet et proposé certains changements mineurs aux conditions réclamées par l’administration, ainsi qu'un changement majeur.

Un plan montre un lotissement proposé qui mélange maisons, commerces et secteur industriel.

Sur ce plan du site de l'ancienne usine de Canada Packers, la bande violette montre le trajet de la conduite souhaitée par la Ville, ainsi que la largeur de la servitude d'utilité publique que la Ville réclame.

Photo : Capture d'écran/Youtube/Ville de Winnipeg

Le Service des eaux et des déchets de la Ville réclame une importante servitude d’utilité publique qui traverserait le terrain. Celle-ci permettrait l’éventuelle installation d’un énorme tuyau d’égout qui mènerait à un bassin de rétention sur le terrain de l’ancienne usine.

Une servitude pour le bassin de rétention faisait partie de conditions d’achat du terrain, selon Susan Russell, mais il n’y avait aucune condition concernant la servitude pour l’égout que réclame maintenant l’administration.

La servitude réclamée par la Ville élargirait considérablement les routes dans le nouveau lotissement et nuirait au concept de village urbain, ajoute-t-elle.

Par exemple, indique Susan Russell, les stationnements qui devaient être situés derrière les commerces devraient maintenant être aménagés devant ces derniers, nuisant au dynamisme de la vie de quartier.

Ainsi, dit-elle, si la Ville insiste pour que le trajet de la canalisation passe en plein cœur du terrain, la firme devrait être rémunérée à la hauteur de 800 000 $ à 1 million de dollars par acre. Cela correspond à environ 2 millions de dollars.

Susan Russell a proposé une seconde option lors de la rencontre du comité : que la canalisation suive un trajet le long de la rue Marion, qui borde le terrain. Ce trajet aurait plusieurs autres avantages, tels qu’éviter deux jonctions de conduites de 90 degrés et de porter atteinte à quatre propriétaires de terrains privés plutôt que neuf, fait-elle valoir.

Une servitude temporaire illimitée

La servitude destinée à l’égout s’inscrit dans le plan de débordements d'égouts unitaires de plus d’un milliard de dollars de la Ville de Winnipeg, qui vise à séparer l’écoulement des eaux d’égout de l’écoulement des eaux pluviales.

Ces égouts unitaires se déversent dans les rivières en moyenne 22 fois par an lorsqu'il y a beaucoup de précipitations.

En 2017, la province a donné à la Ville jusqu'en 2045 pour capter 85 % des eaux usées. L'atteinte de cet échéancier dépend du financement provincial et fédéral, ce que le conseiller municipal de Saint-Vital Brian Mayes n’a pas manqué de souligner lors de la réunion mardi. D'après lui, la mise à niveau de l'ensemble du réseau des conduites de la Ville pourrait s'échelonner jusqu'en 2092.

Un égout qui donne sur une rivière.

Un égout de la Ville de Winnipeg qui peut s'écouler dans une rivière.

Photo : Jacques Marcoux/CBC

[L’administration] dit : nous arrivons entre maintenant et 2092. Je comprends le point de vue [du promoteur], a-t-il lancé.

Sur le gros du trajet de la canalisation, la Ville réclame un droit de passage permanent large de 32 mètres (par rapport aux 24 mètres proposés par la firme, pour la rue) et une servitude temporaire supplémentaire de 12,5 mètres, pour la construction même de la conduite.

Les plans pour la construction de l’égout sont à un stade préliminaire, ont souligné les représentants du Service des eaux et des déchets de la Ville, et aucune date n’a été fixée pour le début des travaux.

Mardi soir, ils ont indiqué que de construire l’égout le long de la rue Marion serait sans doute plus cher que de traverser le site de l’ancienne usine Canada Packers, en raison d’équipements de services publics souterrains le long de la rue, et de l’impact d’un ralentissement du trafic causé par l’éventuelle construction de la canalisation.

Olexa Developments souhaite entamer la construction des lotissements cette année ou au début de l’année prochaine. Le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard, a indiqué lors de la réunion qu’il souhaitait que ce problème soit réglé le plus rapidement possible.

Finalement, lors de la réunion du comité Riel, les conseillers ont décidé de reporter la discussion à la réunion du 27 avril, afin de pouvoir consulter des avocats au sujet des droits et des obligations de la Ville en ce qui concerne les servitudes en lien avec les égouts.

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