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Transat peut continuer à voler de ses propres ailes, croit son plus gros actionnaire

Une vue du dessous d'un avion dans le ciel.

Le cofondateur de la firme Letko, Brosseau & Associés affirme qu'il n'est pas intéressé par l'offre de Pierre Karl Péladeau.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

La Presse canadienne

Faute d'un mariage avec Air Canada, le plus important actionnaire de Transat A.T. souhaite que le voyagiste continue à voler de ses propres ailes et se dit disposé à mettre l'épaule à la roue afin que ce scénario se concrétise.

La firme Letko, Brosseau & Associés serait prête à appuyer certains moyens, comme en achetant davantage d'actions dans le cadre d'une émission de droits préférentiels de souscription, dans le but de permettre à la société mère d'Air Transat d'avoir les reins plus solides.

Lorsque nous avons parlé à la direction [de Transat], nous avons indiqué que nous serions prêts à faire cela et le message a été passé, a expliqué Peter Letko, le cofondateur de la firme montréalaise, mercredi, au cours d'un entretien téléphonique où il a répété qu'il n'était pas intéressé par l'offre de 5 $ par action émanant de Pierre Karl Péladeau.

M. Letko a expliqué ne pas avoir été étonné d'apprendre, vendredi dernier, que l'arrangement de 190 millions de dollars entre les deux entreprises ne tenait plus en raison des réticences de la Commission européenne – dont l'autorisation était essentielle – à approuver la transaction. Ottawa avait donné son feu vert, mais avec une série de conditions.

L'investisseur croit que la marque du voyagiste est forte et que la demande sera au rendez-vous pour les voyages d'agrément après la pandémie de COVID-19 puisque les gens auront envie d'aller ailleurs.

Mais afin d'être en mesure de passer au travers de l'année, Transat A.T. doit maintenant boucler un financement d'au moins un demi-milliard de dollars. Elle mise à la fois sur le programme fédéral du Crédit d'urgence pour les grands employeurs (CUGE) ainsi que sur un éventuel plan d'aide sectoriel d'Ottawa à l'industrie aérienne. Le gouvernement Legault s'est également montré ouvert à offrir un soutien financier.

Selon un porte-parole du voyagiste, Christophe Hennebelle, les discussions étaient très avancées avec le gouvernement Trudeau.

Nous n'avons pas de commentaires sur les discussions privées que l'on pourrait avoir, a-t-il répondu, lorsqu'interrogé sur les propos du cofondateur de Letko, Brosseau & Associés.

D'après la firme de données financières Refinitiv, la firme détient environ 12,7 % et la Caisse de dépôt et placement du Québec (5,83 %). Les deux investisseurs institutionnels n'ont pas voulu commenter le scénario avancé par M. Letko.

Partenaire, mais pas vendeur

En entrevue, ce dernier a expliqué qu'il serait très heureux de voir M. Péladeau s'impliquer afin d'épauler le voyagiste et l'aider à traverser l'actuelle période de turbulences. Le cofondateur de Letko, Brosseau & Associés a toutefois pris soin d'ajouter que l'offre de 5 $ par action en espèces proposée par l'homme d'affaires était très modeste.

S'il [M. Péladeau] était un actionnaire important impliqué dans le financement de l'entreprise, je n'aurais aucun problème avec cela. Mais nous ne voulons pas vendre à ce prix [5 $ par action].

Une citation de :Peter Letko, cofondateur de Letko, Brosseau & Associés

Mercredi après-midi, il n'avait pas été possible d'obtenir une réaction de la part de l'actionnaire de contrôle de Québecor.

En décembre dernier, Letko, Brosseau & Associés avait voté en faveur de l'offre révisée à 5 $ par action proposée par Air Canada. M. Letko a expliqué que la firme avait agi de la sorte parce qu'elle pouvait échanger chaque action de Transat A.T. contre 0,2862 action du plus important transporteur aérien au pays.

Si l'arrangement avait encore été valide, cette option aurait conféré, mercredi, une valeur d'environ 7,98 $ pour chaque action de Transat A.T.

M. Letko ne s'est pas avancé sur la possibilité de voir d'autres acquéreurs potentiels – les noms de WestJet et Air France/KLM ont été évoqués par certains observateurs – proposer une offre pour acquérir le voyagiste.

Les avions d'Air Transat sont actuellement cloués au sol au moins jusqu'à la mi-juin, puisque la compagnie avait accepté, en janvier dernier, la demande du gouvernement Trudeau de suspendre temporairement les voyages vers les destinations soleil dans le cadre d'un effort visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Dans son plus récent rapport annuel, Transat A.T. anticipait qu'il faudrait attendre jusqu'en 2023 avant de voir ses activités retrouver un niveau similaire à celui d'avant la crise sanitaire.

À la Bourse de Toronto, mercredi après-midi, l'action de la société cotait à 4,55 $, en hausse de 4 cents, ou 0,89 %.

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