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La « nouvelle pandémie », celle des variants

Une jeune femme regarde à travers la fenêtre d'un hôpital, portant un masque.

La troisième vague est marquée par la forte présence de variants très contagieux.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le ton des autorités a changé au cours des derniers jours. En Ontario, par exemple, le premier ministre Doug Ford parle maintenant d’une « nouvelle pandémie », d'un « nouvel ennemi à affronter ». Qu’est-ce qui a changé depuis l’an dernier et qui inquiète tant les autorités?

Des variants plus contagieux qui se répandent très rapidement. Des familles entières qui sont hospitalisées. Des patients plus jeunes et plus malades. Un taux d’admission aux soins intensifs qui augmente rapidement et qui menace la capacité du système de santé.

Je crois que c’est le pire que nous ayons vu. Les données sont plus élevées que lors de la première et de la seconde vague.

Une citation de :Dr David Williams, médecin hygiéniste en chef de l’Ontario

Le portrait de la situation a bien changé, constatent de nombreux experts.

Le Dr David Williams fait une déclaration en conférence de presse.

Le Dr David Williams demande aux Ontariens de faire encore plus d'efforts pour limiter la transmission du coronavirus.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr David Williams, décrit que le pourcentage de patients très malades qui se présentent aux urgences et qui ont immédiatement besoin de soins intensifs est plus élevé. Ce qui impose une charge immense sur les équipes et le personnel aux soins intensifs, explique-t-il.

Jérôme Leis en veston devant une des entrées de l'hôpital Sunnybrook regarde au loin.

Le Dr Jérôme Leis, directeur de la prévention des infections à l'Hôpital Sunnybrook de Toronto

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Sur le terrain, le Dr Jérôme Leis, directeur du contrôle et de la prévention des infections à l’hôpital Sunnybrook de Toronto, est témoin de cette réalité.

C’est vraiment frappant. Beaucoup de patients sont dans la quarantaine, la cinquantaine, même dans la trentaine et parfois dans la vingtaine. Ce sont des patients qui se présentent très, très malades.

Une citation de :Dr Jérôme Leis, directeur du contrôle et de la prévention des infections à l’hôpital Sunnybrook

Il trouve cela particulièrement troublant de voir plusieurs membres d’une même famille admis aux soins intensifs : Par le passé on voyait peut-être un cas sévère dans la maison, mais dans cette troisième vague, j’ai vu à plusieurs reprises plus d’un membre d’une même famille admis aux soins intensifs.

La forte présence de variants

Cette nouvelle pandémie s’est enclenchée avec la présence marquée de variants.

Alain Simard, professeur agrégé à l'École de médecine du Nord de l'Ontario et expert en immunologie, explique qu’en raison de ces mutations, le virus est différent.

La pandémie n’a jamais disparu, mais dans un autre sens, ce sont des nouveaux variants qui représentent de nouveaux défis auxquels on doit faire face.

Une citation de :Alain Simard, expert en immunologie, École de médecine du Nord de l’Ontario

En comparant l’intensité de la deuxième et de la troisième vague, on constate à quel point la situation s’est aggravée rapidement.

Le Dr Santiago Perez Patrigeon, professeur à la faculté de médecine au Département des maladies infectieuses à l’Université Queen’s, fait remarquer que lors de la deuxième vague les cas ont commencé à augmenter tranquillement en septembre. Trois mois plus tard, à la fin décembre, la province comptabilisait 2500 cas par jour.

[La 3e] vague est bien plus pointue que la deuxième vague. C’est une vague qui va beaucoup plus vite.

Une citation de :Dr Santiago Perez Patrigeon, expert en maladies infectieuses, Université Queen’s

Pour la troisième vague, il a fallu moins de 30 jours pour atteindre les 2500 cas par jour, constate le Dr Perez Patrigeon.

Des projections qui se sont confirmées

Les experts sont nombreux à avoir tiré la sonnette d’alarme depuis des mois quant à la menace des variants.

Au début février, la médecin hygiéniste de Toronto, la Dre Eileen de Villa, décrivait l’importance de rester vigilant face à cette transition vers une nouvelle pandémie.

Le 19 février, la santé publique du Canada annonçait qu’un relâchement des mesures pourrait faire exploser le nombre de cas de COVID-19 et précisait que les mesures en place à ce moment-là étaient insuffisantes, en raison de l’augmentation de cas de variants.

La Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, consulte ses notes lors d'une conférence de presse à Ottawa.

La Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, et son adjoint, le Dr Howard Njoo, lors de la conférence de presse du 11 décembre 2020

Photo : La Presse canadienne / David Kawai

Depuis quelques semaines, les projections des experts se confirment.

En Ontario, le nombre de patients malades de la COVID-19 qui sont admis aux soins intensifs a atteint des niveaux sans précédent et le milieu hospitalier ne croit pas que la situation va se stabiliser de sitôt.

Le Dr Leis s’attend à voir le nombre de patients atteints de la COVID dépasser les 600 aux soins intensifs dans la province dans les prochaines semaines, un seuil qui fait très peur et qui rendra l’accès au système de santé de plus en plus difficile, explique-t-il.

Comment s’en sortira-t-on?

En réponse à la propagation rapide du virus, le gouvernement Ford a d'abord imposé un nouveau confinement à la grandeur de la province qui est entré en vigueur samedi.

Doug Ford porte le masque et s'apprête à fermer une porte.

Le premier ministre Doug Ford avait décrété l'imposition d'un frein d'urgence pour l'Ontario il y a moins d'une semaine.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Critiqué de toutes parts par l’opposition et par des syndicats et des associations de travailleurs de la santé qui réclamaient des mesures plus strictes pour lutter contre la troisième vague, le gouvernement a annoncé hier davantage de restrictions, dont un ordre de rester à la maison.

Le Dr Santiago Perez Patrigeon a bon espoir que ces nouvelles mesures seront efficaces, bien qu’elles soient imposées tardivement, selon lui. Il précise toutefois qu’il ne faut pas s’attendre à voir de résultats avant deux semaines au moins.

Il ne faut pas croire que les changements qu’on voit aujourd’hui vont avoir un impact tout de suite et ça ne veut pas dire que ça ne marche pas. Il faut tenir bon pendant deux semaines et j’espère voir un plateau , explique-t-il.

Le professeur Alain Simard remarque quant à lui que les citoyens sont tannés de la situation et des nombreuses restrictions, une situation qu’il reconnaît comme étant décourageante.

Mais pour sortir de cette crise, il rappelle l’importance de contenir ces variants et faire tout ce qui est possible pour éviter que la situation empire. Il croit que les nouvelles mesures annoncées ne seront efficaces que si elles sont respectées.

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