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Un élève s'oppose au retour à l'école à temps plein au Nouveau-Brunswick

Erin MacNeil devant un mur de bois.

Erin MacNeil de l'école Fredericton High s'oppose à un retour à temps plein pour les élèves du secondaire au Nouveau-Brunswick.

Photo : Courtoisie d'Erin MacNeil

Frédéric Cammarano

Un élève de 12e année à l’école Fredericton High, Erin MacNeil, a écrit une lettre au ministre de l'Éducation pour lui demander de reconsidérer la décision de renvoyer les élèves du secondaire à l'école à temps plein, dès lundi.

Selon lui, le risque de transmission est encore trop important et la santé mentale des élèves pourrait en faire les frais. Il déplore aussi que les élèves et les enseignants n’aient pas été consultés.

Depuis le début de l'année scolaire, les élèves du secondaire au Nouveau-Brunswick se rendent à l’école une journée sur deux.

Pour Erin MacNeil, il s’agit d’un moyen efficace pour limiter la propagation de la COVID-19. Les corridors de son école, qui compte environ 2000 élèves, sont moins bondés, par exemple.

Ce n'était pas vraiment santé même avant cela. Mais, maintenant qu'il y a COVID, je sais qu'on va avoir les masques, mais on va encore toucher les autres personnes.

Une citation de :Erin MacNeil, élève de l’école Fredericton High

L’heure du dîner posera aussi problème, selon lui, puisque les espaces pour manger sont limités. Selon l’élève, l’école a même envoyé un courriel aux parents leur demandant de l’argent pour installer des espaces pour manger à l’extérieur.

Maintenant qu'il y a plus des élèves, si tu veux manger dans une salle de classe ou dans la cafétéria, il va y avoir beaucoup plus de personnes que tu vas être en proche contact avec, soutient Erin MacNeil.

Des inquiétudes partagées par les parents

Les parents aussi s’inquiètent de plus en plus de ce retour à temps plein selon l’Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick (AFPNB).

Dans la plupart des cas, ce sont des parents d'élèves de grandes écoles qui partagent leurs inquiétudes avec l'association. Selon la directrice générale, Chantal Varin, le manque d'espace dans les écoles très fréquentées, c’est le grand problème de l’heure.

Chantal Varin, directrice générale de l’Association des parents francophones du Nouveau-Brunswick durant une entrevue de Radio-Canada.

La directrice générale de l’Association des parents francophones du Nouveau-Brunswick, Chantal Varin

Photo : Radio-Canada

On a des écoles tout de suite qui sont déjà trop petites pour la population étudiante en temps normal. Donc, bien sûr qu’en temps COVID, ce n’est pas très favorable , explique-t-elle.

De son côté, l’Association des enseignantes et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) assure que le retour peut se faire en toute sécurité et que les parents et les élèves peuvent avoir pleinement confiance en la santé publique.

À l’école ou à la maison pour une meilleure santé mentale?

Dans sa lettre en anglais et reprise sur les réseaux sociaux, Erin MacNeil soutient aussi que plusieurs de ses amis ont de meilleures notes depuis qu’ils vont à l’école une journée sur deux.

Beaucoup des élèves maintenant, pendant la journée qu’ils sont à la maison, ils ont plus de chances pour relaxer, pour dormir, pour que la prochaine journée qu’ils sont à l’école, ils soient plus prêts, souligne l’élève en ajoutant qu’ils ont aussi plus de temps pour faire leurs devoirs et retenir la matière.

Erin MacNeil voudrait qu’une fois la pandémie terminée, les élèves aient le choix de venir à l’école à temps plein ou à temps partiel, assurant que plusieurs élèves vont souffrir d’anxiété sociale à compter du retour prévu lundi.

Un étudiant vu de haut, qui se met une longue tige dans la narine.

Des élèves se disent anxieux à l'idée de revenir sur les bancs d'école avec tous les camarades, en pleine pandémie de COVID-19.

Photo : Associated Press / Rick Bowmer

La directrice générale de l’AFPNB assure que le retour à l’école et la présence de variants plus contagieux rend les parents plus anxieux, mais, en temps normal, les parents optent pour l’école à temps plein.

Dans un autre temps, bien sûr que d’être à l’école à tous jours et de pouvoir socialiser et de pouvoir avoir des contacts de proximité, je pense que l’humain en général a besoin de ça, affirme Chantal Varin.

L’AEFNB préfère aussi l’enseignement en présentiel tant qu’il n’y a pas de risque pour la santé des élèves et des enseignants.

Un enseignant s’occupe non seulement d’enseigner de la matière, mais s’occupe beaucoup de l’émotionnel, de la situation que l’élève vit que tu peux avoir un face-à-face. Tu peux lire le non verbal , soutient Gérald Arseneault, le président de l’AEFNB.

Manque de consultation

Le dernier argument de la lettre d’Erin MacNeil, c’est le manque de consultation avec les enseignants et les élèves, assurant qu’ils n’ont pas été consultés avant que la décision ait été prise.

L’AEFNB confirme que, hormis quelques discussions informelles, les enseignants n’ont pas été consultés.

L’AFPNB assure, de son côté, que les parents n’ont pas pu donner leur avis.

Pas question de changer de plan

En entrevue au Téléjournal Acadie, la médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, a dit qu’il n’était pas question de modifier le plan pour le retour à l’école, bien que la santé publique continue de garder un œil sur la situation.

On sait que les éclosions sont dues à des cas liés à quelqu’un qui l’a apporté à l’école. Mais c’était des adultes qui l’apportaient à l’école et qui le transmettaient. Si on a éliminé ce risque, on diminue ce risque et on va être en sécurité avec le plan opérationnel, soit de fermer les écoles trois jours pour faire le traçage de contacts étroits chaque fois qu’il y a un cas , explique-t-elle en ajoutant que la vaccination des enseignants se poursuit.

Radio-Canada a demandé d'avoir une entrevue avec le ministre de l'Éducation Dominic Cardy. C'est finalement la santé publique qui a offert une réponse par courriel.

Les directives du plan de retour à l'école ont été élaborées en étroite collaboration avec la santé publique et les districts scolaires. De plus, le ministère travaille de prêt avec les syndicats et Travail Sécuritaire NB pour protéger la santé et sécurité des élèves et du personnel scolaire tout au long de l’année scolaire , peut-on y lire.

Mais, la lettre d’Erin MacNeil, qui a été reprise sur les réseaux sociaux et qui demande explicitement une réponse au ministre et au député de l’élève, est restée sans réponse.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

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